La chronique du roman « Le sommeil et la mort » de A.J Kazinski

9782709642811-G

À Copenhague, une nuit, une femme se jette du haut d’un pont. Niels Bentzon, négociateur au sein de la police de Copenhague, n’a pas réussi à la dissuader de sauter. Qui est cette femme ? Que fuyait-elle ? Et que signifie l’énigmatique message écrit sur sa main ?
Niels ne tarde pas à découvrir que la victime n’était pas une simple déséquilibrée, mais une danseuse étoile, membre du ballet royal, qui avait disparu depuis deux jours. Et tandis que la ville est écrasée sous la canicule, l’enquête connaît de nouveaux rebondissements lorsque l’autopsie révèle que la femme avait déjà côtoyée la mort.
Niels Bentzon et l’astrophysicienne Hannah Lund se retrouvent confrontés à une affaire qui va les mener loin dans les mystères de la mort.

Il est sorti le 3 avril 2013 aux Editions JC Lattès, 547 pages, 22,90€.

Mon avis:

 

Après un premier roman, « Le dernier homme bon », qui fut une formidable et inattendue réussite, « Le sommeil est la mort » est le deuxième roman de A.J. Kazinski.

Derrière ce pseudonyme se cachent deux auteurs danois, également scénaristes. C’est donc une œuvre à quatre mains (exercice toujours périlleux) qui nous est proposée.

Première constatation, le roman est volumineux (546 pages), de quoi s’attendre à une histoire ambitieuse.

Découpé en trois parties, le roman est une suite indirecte du premier bouquin des auteurs. Mêmes personnages principaux, mais il n’est pas indispensable d’avoir lu le précédent récit, les deux histoires étant (quasiment) indépendantes.

L’histoire est assez ambitieuse et suffisamment originale pour que le roman sorte du lot des productions actuelles. Elle tourne autour des mystères de la mort, de la réincarnation, tout en gardant toujours les deux pieds sur terre, avec un aspect scientifique bien présent (quoique…).

C’est un véritable thriller, la tension est présente. Les codes du thriller genre sont respectés, et les trois parties (même si elles sont inégales) portent l’histoire et font monter le stress crescendo.

Mais ce n’est pas qu’un simple thriller. Comme souvent dans les romans scandinaves, le récit est accompagné de vraies réflexions sur la société (voir les superbes romans de Roslund et Hellström par exemple, encore un travail à deux). Outre les réflexions sur la mort, le thème difficile de l’avortement est également au cœur de l’intrigue.

Trois parties. Une première un peu longuette et qui aurait mérité un allègement d’une bonne cinquantaine de pages à mon sens. Les deux suivantes passionnantes, et un final d’une véritable tension dramatique. Une dernière partie qui donne furieusement envie au lecteur de tourner allègrement les pages.

Un mot sur l’écriture :  sobre, sans fioriture, entièrement axée sur le récit, mais tout de même suffisamment riche pour porter l’action et l’émotion de manière intelligente.

Au final, un roman cran en dessous du premier livre du duo, mais une histoire qui mérite véritablement le détour grâce à son duo de personnages écorchés et son intrigue originale.

Le thriller scandinave n’est clairement pas mort !

Ecrit par Gruz