La chronique du roman « Tu as promis que tu vivrais pour moi » de Carène Ponte

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À trente ans, on n’imagine pas que l’on peut perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte. 
Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est quand même gentil. 
Quelques jours après l’enterrement, Molly reçoit un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie ; elle comprend alors que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait… 

Il est sorti le 7 juin 2018 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Molly est une jeune trentenaire qui connaît sa meilleure amie Marie depuis qu’elles ont six ans. Malheureusement, Marie meurt emportée par la maladie. Quelques jours après sa mort, Molly reçoit une lettre de son amie lui rappelant qu’elle a promis de vivre pour elle. Dans cette lettre, Molly découvre également 12 enveloppes, une pour chaque mois de l’année, dans lesquelles Molly sera guidée pour réaliser certains rêves de Marie.

J’ai tout de suite adoré le résumé. Cette histoire de lettre mensuelle était très intrigante. Il y a des rêves simples, comme par exemple posséder un vrai sapin de Noël décoré et illuminé. Et il y a d’autres rêves plus difficiles à réaliser. Chacune des lettres de Marie va bouleverser la vie de Molly. Ainsi, on voit une héroïne grandir et évoluer au fil des pages, elle n’hésite pas à se remettre en question. Grâce à Marie elle va découvrir qu’elle avait tendance à se laisser porter par la vie et qu’elle n’a pas toujours fait les bons choix. 

Il est vrai que tout s’enchaîne un peu trop facilement pour Marie, mais ça se pardonne aisément lorsqu’il s’agit d’un roman Feel-good. En tout cas, moi, ça ne m’a pas dérangée. Je suis passée par toute une palette d’émotions avec ce livre. Il est vrai qu’au départ, on nage un peu dans la tristesse de Molly. Toutefois, cela est peu à peu dilué dans les bons moments, le rire, les bons souvenirs… Molly fait son deuil au fil des pages, pour ne se souvenir que du meilleur.

Les personnages principaux sont très touchants. Marie et Molly ont eu une belle relation et cela continue avec ces lettres et ces « défis ». Leur relation est vraiment très émouvante.

La galerie de personnages secondaires est hétéroclite et géniale. Viviane est celle que j’ai le moins appréciée. En revanche j’ai adoré Sacha.

En conclusion, « Tu as promis que tu vivrais pour moi » est un roman drôle et émouvant à la fois. Ce livre est une invitation à saisir le bonheur, une belle histoire avec de jolies émotions, enveloppée de bienveillance et qui délivre un beau message. Carène Ponte est une auteure que je vais suivre de très près.

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Nous irons tous au paradis » de Fannie Flagg

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Quelle idée, à son âge, de monter à l’échelle pour cueillir des figues ! Elner Shimfissle, octogénaire et bonne fée du quartier, vient de faire successivement la rencontre d’un nid de guêpes et une chute de deux mètres… Alors que la nouvelle de son décès se répand, entraînant chez ses voisins, ses proches, diverses questions sur le sens de la vie, Elner, elle, fait un petit tour de paradis. À la grande surprise des médecins, l’adorable mamie en revient pourtant. Avec des choses à dire. À tout le monde. Et pas qu’un peu…

Il est sorti le 24 mai 2018 aux Editions Pocket.

Mon avis:
Fannie Flagg est une auteure dont j’ai envie de découvrir la plume depuis un moment. « Nous irons tous au paradis » est donc le premier roman de l’auteur que je lis, et je dois avouer que je suis un peu déçue. 
 
Elner est une vieille femme adorable qui vit à la campagne. Alots qu’elle souhaite récupérer des fruits dans son figuier, Elner se fait piquer par plusieurs abeilles et tombe de l’échelle. La vieille dame est déclarée morte à l’hôpital, à cause d’un choc anaphylactique. Alors que la nouvelle de sa mort se répand, on suit Elner dans une drôle d’aventure…
 
La narration alterne entre le point de vue d’Elner, qui est au Paradis, et celui des gens qui l’aimaient et sont restés sur Terre. Nous apprenons donc à connaître Elner de plusieurs façons. Elner est une robuste femme de la campagne, elle est curieuse et s’intéresse à tout, elle a beaucoup de connaissances avec une solide culture générale. Elner a également le coeur sur la main et est toujours disponible pour aider son prochain. C’est un personnage que j’ai grandement apprécié. 
 
Le début du roman est très sympathique et les pages défilent vite. Cependant, une fois qu’on a passé la moitié du roman, j’ai trouvé que l’intrigue s’enlise un peu, on tourne en rond. Les personnages sont plaisants et c’est d’ailleurs pour cela que je suis allée au bout de ma lecture. Sinon, je vous avoue que je ne serai pas allée jusqu’à la dernière page. Pour moi, l’intrigue manque clairement de consistance. La deuxième partie du roman devient soporifique, c’est dommage. 
 
En conclusion, je n’ai pas totalement accroché à « Nous irons tous au paradis » mais cela ne va pas m’empêcher de lire un autre livre de l’auteure. Je ne veux pas me faire un avis sur une seule histoire. De plus, même si Fannie Flagg ne m’a pas convaincue avec son histoire, j’ai apprécié sa plume et ses personnages.
Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Ni mariée ni enterrée, livre 1 » de Katy Colins

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– Se faire plaquer à deux semaines de son mariage : fait.
– Se retrouver au chômage pour avoir préparé ledit mariage sur ses heures de travail : fait.
– Perdre toute dignité après avoir croisé le fiancé volage et la nouvelle femme de sa vie : fait.
 
Ce que Georgia n’a pas fait depuis longtemps, en revanche, c’est se demander ce dont elle a vraiment envie. Et, plus elle y pense, moins la sainte trinité « mariage-maison-maternité » la fait vibrer. Non, ce dont elle rêve depuis toujours, c’est de parcourir le monde. Apprendre une nouvelle langue au sommet du Kilimandjaro, s’ouvrir à la spiritualité auprès d’un moine bouddhiste, goûter des plats aux noms imprononçables… Alors, Georgia fait le grand saut : elle part. Six semaines en Thaïlande. Six semaines pour réaliser ses rêves et se recentrer sur l’essentiel : elle-même.
 
Sauf que, dans les voyages comme dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu – et notre Bridget Jones en sac à dos ne va pas tarder à s’en rendre compte… pour le meilleur et pour le pire.
Il est sorti le 10 mai 2017 aux Editions Harlequin, collection &H.
Mon avis:

Nous faisons la connaissance de Georgia, une jeune femme de 28 ans. Depuis douze mois, elle organise et prépare son mariage sur le thème « champêtre à l’anglaise ». Il y a deux semaines, son monde s’écroule lorsque son fiancé annule leur mariage. Emmenée en Turquie par son amie Marie, cette dernière lui propose de faire une liste de ce qu’elle a envie de faire et de voir au cours de sa vie. Sans comprendre ce qui lui arrive, Georgia se retrouve avec un sac sur le dos direction la Thaïlande. Mais rien ne se passera comme elle l’avait prévu…

Le style de Katy Colins est très agréable et prenant. Elle nous transporte avec aisance, à l’aide de ses descriptions, dans l’aventure Celle-ci ne sera pas de tout repos pour notre héroïne. C’est bien mené, c’est rythmé et on ne s’ennuie pas une seconde. On suit avec plaisir Georgia, cette femme un peu paumée, crédule, naïve, mais attachante. Grâce à ce voyage elle s’épanouira, repoussera ses limites et fera des rencontres qui auront un impact positif sur sa vie, ses désirs et son attitude. Elle commettra des erreurs, mais Georgia en tirera des leçons et au bout du compte, en ressortira plus forte. Elle reprendra sa vie en main et commencera à être heureuse, tout simplement. Le tout nous est raconté avec beaucoup d’humour et de légèreté.

Pour conclure :

« Ni mariée ni enterrée, livre 1 » est un livre feel-good. C’est divertissant du début à la fin, c’est une lecture d’évasion qui vous donnera envie de partir également. C’est un roman idéal pour l’été. Je le recommande chaudement et j’ai hâte de faire le voyage en Inde avec notre miss catastrophe…

La chronique du roman « Dust » de Delzongle,Sonja

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Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

Il est sorti le 1 avril 2016 aux Editions Folio Policier.

Mon avis:

Dans cette saga nous suivons Hanah Baxter, profileuse française de renom aux méthodes insolites (radiesthésie). Elle est appelée en renfort par Collins, chef de la CID au Kenya, pour une affaire qui piétine depuis deux ans. En effet, l’égorgeur court toujours. C’est un vrai mystère. Ce tueur ne laisse ni cadavre ni indices, à part une croix de sang de la taille d’un homme. Hanah fera tout pour trouver le meurtrier, mais la folie humaine ne s’arrête pas là, quand elle se voit enquêter sur le massacre et disparition d’albinos…

Le style de Sonja Delzongle est agréable, addictif et entraînant. Le rythme est rapide, même si j’ai trouvé certains passages inutiles et ennuyeux, notamment les scènes de sexe de l’héroïne. Heureusement, il y en a peu, car cela n’apporte rien au récit.

Quant au scénario, il est de facture classique. Il n’est pas très original, toutefois, il est habillement mené. Bien que le suspense soit un peu émacié vu que l’on devine assez vite qui est le tueur, on a plaisir à suivre les déductions de Hanah pour confondre les criminels. Néanmoins, je regrette un peu que l’enquête principale soit écrasée par la seconde. J’aurais apprécié un meilleur équilibre.

Pour ce qui est des protagonistes, ils sont plus ou moins attachants bien que stéréotypés. D’autre part, j’avoue avoir eu du mal avec certains traits de caractère de l’héroïne, notamment son penchant pour la drogue, que je ne comprends pas trop. D’ailleurs, je regrette que tous les personnages, et particulièrement Hanah, ne soient pas plus approfondis psychologiquement. À voir ce que cela donnera par la suite.

Pour conclure :

« Dust » est un bon thriller avec pour fond l’obscurantisme, les superstitions et les légendes propagées par les sorciers et guérisseurs en Afrique. Il est conventionnel, mais très efficace. Il met l’accent sur le trafic d’albinos qui n’est malheureusement pas de la fiction et cela fait froid dans le dos. C’est plus qu’un roman, c’est un livre choc qui réveille les consciences et rien que pour ça, il est à lire !

À découvrir.  

La chronique du roman « La bibliothèque des cœurs cabossés »de Katarina Bivald

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Tout commence par un échange de lettres sur la littérature et la vie entre deux femmes que tout oppose : Sara Lindqvist, jeune Suédoise de vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, et Amy Harris, vieille dame cultivée de Broken Wheel, dans l’Iowa. Lorsque Sara perd son travail de libraire, son amie l’invite à venir passer des vacances chez elle. A son arrivée, une malheureuse surprise l’attend : Amy est décédée. Seule et déboussolée, Sara choisit pourtant de poursuivre son séjour à Broken Wheel et de redonner un souffle à cette communauté attachante et un brin loufoque… grâce aux livres, bien sûr.

Il est sorti le 4 mai 2016 aux Editions J’ai lu.

Mon avis:

Je mentirais si je disais que je n’ai pas apprécié ma lecture, mais il y a tout de même pas mal de points qui m’ont moyennement convaincue. La bibliothèque des cœurs cabossés est une gentille histoire qui manque malheureusement de crédibilité et d’envergure psychologique.

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans les avis à droite et à gauche, j’ai trouvé l’écriture maîtrisée, pleine de bon sens et saupoudrée d’un humour agréable. Pour un livre qui parle de livres justement, tout lecteur ne peut que se retrouver dans l’esprit de l’héroïne quand elle évoque la littérature. Les passages à ce sujet sont ceux qui m’ont le plus emportée et ils m’ont fait me questionner sur mon propre rapport à la lecture. Le lecteur est un rêveur né qui se cherche pas mal et il a tendance à vivre au travers des romans qu’il lit sans oser sauter le pas dans sa propre vie de peur d’éprouver un décalage, voire un sentiment d’insipide dans le quotidien. Cette recherche de soi m’a parlé. Une réussite à ce niveau.

J’ai également aimé me promener dans Broken Wheel (la petite ville est une valeur sûre en littérature), les échanges avec Amy que l’on découvrait au compte-gouttes, ce sentiment que le destin a amené le personnage dans cette ville.

Le souci principal que j’ai finalement relevé en refermant le roman se résume à ça : un bel enrobage (d’écriture) pour pas grand-chose concernant l’histoire.

Selon moi, les protagonistes sont mignons, gentillets, mais ils manquent d’intensité et frôlent le stéréotype. C’est dommageable, car la narration leur rend plutôt justice, mais pas les péripéties qu’ils vivent et qui, additionnées, m’ont fait l’effet d’être un panier social clé en main. Entre le père alcoolique, la Bree Van de Kamp, le presque Darcy dont on dit du bien mais que Sara ne cerne jamais vraiment jusqu’à la fin… Ensuite, il faut m’expliquer comment on peut survivre sans réellement travailler dans une ville où les commerces sont voués à la faillite. Il n’y a personne, que des habitués, alors comment un snack et un bar peuvent-ils tenir le coup dans un bled pareil ?

Je maintiens, j’ai aimé les moments où Sara évoque les livres, la vie, certaines scènes avec les habitants de Broken Wheel, mais j’ai peiné avec les soucis personnels de chacun et, ô malheur pour moi qui suis friande de romance, je n’ai pas été convaincue par l’histoire d’amour. Du compliqué de façade qui m’a laissée sceptique quant au revirement…

En conclusion, un roman plaisant qui détend, mais dont il ne faut pas attendre plus. Étonnamment, malgré la fin peu satisfaisante, mais grâce à l’enthousiasme livresque de l’héroïne et aux références connues, un livre qui peut réconcilier avec la lecture en cas de panne.

Ecrit par Julie

La chronique du roman « Supernova » de Emma Daumas

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Supernova : Explosion spectaculaire des étoiles massives qui, vidées de leur substance, s’effondrent sur elles-mêmes. C’est l’histoire d’Annabelle, seize ans, une jolie petite chanteuse de bal de province et de son avatar, Bella, créature née de sa participation à Starcatcher, télé-crochet en vogue servant de fusée médiatique aux adolescents en quête de poussière d’étoiles. Pas de factice suspens dans ce récit ou l’extinction violente et véloce d’une gloire est programmée à sa naissance mais au-delà de la trajectoire d’une étoile filante, il est question ici de l’initiation d’une enfant à la vie des grands, la plus cruelle et cynique qu’il soit, entraînant inexorablement la mort de ses illusions et de l’Amour. Dans un monde de spectacle et d’exhibition, où l’on confond amour et séduction, narcissisme et respect de soi, Annabelle réussira-t-elle à retrouver le chemin vers la vraie lumière, sa lumière intérieure ?

Il est sorti le 8 avril 2016 aux Editions Scrinéo.

Mon avis:

Annabelle, jeune chanteuse de province, est repérée par le producteur de l’émission Starcatcher lors d’un petit concert dans son village. La jeune fille se rend sur Paris pour passer une audition et quelques mois plus tard elle apprend qu’elle a été sélectionnée pour participer à l’émission. Au départ fraîche, naïve et gentille, Annabelle fini par se perdre dans cette émission, dans sa recherche de célébrité…

Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce roman. Si au départ j’ai été emportée par l’histoire (malgré le fait que je n’aime pas tout ce qui touche à la téléréalité) j’ai fini par ne plus supporter l’héroïne et par me détacher du récit. J’attendais une héroïne qui évolue, qui apprend de ses erreurs, mais ce n’est pas le cas.

Par conséquent, je n’arrive pas à le prendre comme « un livre qui dénonce » tant l’héroïne est « cruche » jusqu’au bout. Il se passe des choses extrêmement graves dans la vie d’Annabelle et celle de ses proches, et on a l’impression que son égoïsme l’entoure d’une bulle. Annabelle devient complètement déconnectée de la réalité, elle perd totalement pied, elle devient injuste voire méchante. Cette célébrité fulgurante détruit tout ou presque dans la vie de l’héroïne, et elle ne s’en rend pas vraiment compte.

Je vois dans les différentes interview d’Emma Daumas qu’elle dit, en gros, avoir voulu aborder/expliquer tout le star system, ses qualités mais aussi ses travers, tout en le poussant à son paroxysme. Toutefois, ce n’est pas ce que j’ai ressenti en lisant ce roman. Certes, l’auteur décrit vraiment bien tout ce star system, cette recherche de célébrité, l’envers du décor, le côté « création de star et rejet » etc. 

Malheureusement, son héroïne subit jusqu’au bout, il n’y a pas de rébellion, pas de message fort, pas de « morale ». Pour moi, ce n’est pas un roman « engagé » au final, et c’est bien dommage. A mon sens, cela aurait donné une dimension particulière à son roman.

Je tiens tout de même à souligner que la plume d’Emma Daumas m’a agréablement surprise. On sent un vrai travail sur son écriture et j’ai trouvé cela vraiment fluide. Je n’étais pas particulièrement fan de ses chansons (je crois que j’étais un peu trop vieille) et je ne l’ai pas suivie dans la Star Academy (j’ai horreur de la téléréalité et de ce qu’elle fait subir aux gens qui y participent) mais je la découvre en tant qu’auteur et j’ai beaucoup aimé son écriture. Si elle publie autre chose, je la lirai très certainement.

En conclusion, j’avais très envie d’aimer « Supernova » mais j’avoue que j’ai été un peu déçue. J’ai bien compris la démarche de l’auteur et son envie de montrer que la célébrité n’est pas à rechercher à n’importe quel prix, que l’amour de soi est préférable. Toutefois, je pense que ce message est abordé de manière un peu maladroite à travers une héroïne qui devient détestable. J’aurais préféré une véritable évolution de la part du personnage principal.

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Moi, la grosse » de Matteo Cellini

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On n’est pas heureuse quand on a 17 ans et des kilos en trop. Beaucoup de kilos en trop. Dès qu’elle fait un pas hors du cocon familial, Caterina devient  » Cate-la-grosse « ,  » Cate-la-bouboule  » ou  » Cater-pillar « . Mais rien ne l’atteint, ni personne. Repliée sur son mal-être, elle est une forteresse imprenable. À l’approche de son dix-huitième anniversaire, et de la fête en préparation, saura-t-elle enfin fêler la carapace des apparences ?

Il est sorti le 4 février 2016 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Lorsque ce roman m’a été proposé en partenariat, j’avais à la fois très envie de le découvrir mais également un peu peur de son contenu. En effet, tout ce qui est relatif aux poids me gêne énormément, me met mal à l’aise. J’ai souffert pendant quelques années de troubles du comportement alimentaire et j’avais perdu beaucoup trop de poids. Ce roman était aussi presque comme un petit défi personnel.

 

L’auteur italien évoque le mal être d’une adolescente de bientôt dix-huit ans, obèse, et qui supporte mal le regard des autres. Je redoutais que le roman ne devienne qu’une histoire pathétique, faite pour prendre en pitié les personnes obèses et ce n’est pas du tout ce que j’avais envie ni même besoin de lire. J’ai donc été ravie mais également soulagée de voir  qu’il n’en était rien. Je pense que j’aurai très mal supporté.

 

Matteo Cellini propose un roman tout en finesse et profondeur. Il ne porte jamais de jugement de valeurs sur les différents personnages et leurs conditions physiques. Il y a une certaine pudeur qui se dégage de l’intrigue. Caterina est une jeune fille attachante, lucide sur le monde mais elle a encore des choses à apprendre sur elle-même et sur les autres. Elle peut aussi se révéler surprise par ce que les autres peuvent réellement penser d’elle.

 

Le roman est également tout en émotion mais sans jamais en faire trop. Il y a de très beaux passages pour décrire le mal être que le personnage principal vit notamment avec des images fortes. J’ai souvent eu la gorge nouée et je me disais que Caterina méritait le bonheur mais, au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, l’auteur fait comprendre au lecteur qu’elle avait tout de même tout pour être heureuse mais qu’elle ne pouvait pas encore le voir.

 

Moi, la grosse est une très belle découverte à laquelle je ne m’attendais pas. Je ne lis quasiment pas de romans contemporains, autre que nordiques mais encore, pas aussi souvent que je le souhaiterai. Des auteurs italiens, je ne connaissais qu’Alessia Gazzola mais je pense sérieusement à me pencher sur ces derniers car ce roman de Matteo Cellini est un énorme coup de cœur que je recommande.

Ecrit par Avalon

La chronique du roman « La dernière lettre de son amant » de Jojo Moyes

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En 1960, quand Jennifer se réveille à l’hopital après un accident de voiture, elle a tout oublié. Alors qu’elle cherche à comprendre pourquoi elle devenue étrangère à sa propre vie, elle retrouve une lettre d’amour. SOn correspondant, qui signe d’un simple « B », semble prêt à tout pour elle.
Quarante ans plus tard, Ellie découvre cette correspondance dans les archives du journal pour lequel elle travaille. Elle brûle de savoir comment s’est terminée l’histoire de ces deux amants — et, par la même occasion, si celle qu’elle vit vaut vraiment le détour. La dernière lettre changera leur vie à tout jamais.
Il est sorti le 20 mars 2015 aux Editions Milady, 8.20€.
Mon avis:
Ellie, jeune femme trentenaire des années 2000, est journaliste à Londres. Lors de recherches pour un futur article, elle tombe sur une lettre d’amour des années 1960, de la part d’un certain « B » pour « Jenny ». L’auteur nous plonge alors dans la vie de Jennifer Stirling, une jeune femme mariée à un riche homme d’affaires. Après un accident de voiture, Jennifer se retrouve amnésique, mal à l’aise dans sa peau et ne se sent pas à sa place en compagnie de ses proches. Les semaines passent et Jennifer découvre des lettres d’amour cachées dans sa penderie, et comprend qu’elle avait un amant, un certain « B ». Jennifer cherche donc à découvrir qui se cache derrière cette correspondance.

J’ai fait la connaissance de l’auteur avec son roman « Avant toi » il y a quelques mois, et ce fut un véritable coup de coeur. J’ai donc entamé ma lecture de « La dernière lettre de son amant » confiante, certaine d’apprécier. Malheureusement, j’ai été vraiment déçue. 

L’histoire en elle même, au final, est plutôt belle. Toutefois, le tout est mal amené, c’est inutilement lent, et certains passages sont assez brouillons. La première partie du roman est vraiment longue, limite soporifique. Quant aux bonds dans le temps, je les ai trouvés mal gérés et perturbants.
De plus, j’ai vraiment eu du mal à apprécier les deux personnages féminins. Ellie sort avec un homme marié et a un caractère vraiment égoïste. Elle ne pense qu’à elle et dénigre quiconque voudrait lui faire entendre raison. Heureusement, elle évolue un peu à la fin du roman. Quant à Jennifer, je l’ai trouvée trop préoccupée par l’image qu’elle veut donner aux autres. Elle se décide à assumer sa personnalité, ses rêves, et prend sa vie en mains aux trois quarts du roman, et ça fait du bien. Concernant les traits de caractères communs aux deux femmes, j’ai eu du mal à comprendre leur côté « soumis à un homme exécrable ».
Pour conclure, je n’ai pas été charmée par « La dernière lettre de son amant ». Si au final, l’histoire est plutôt belle, je n’ai pas apprécié les personnages principaux et je trouve que le récit souffre de trop de longueurs.
Ecrit par Noémie

La chronique du roman  » La maison de Salt Hay Road » de Carin CLEVIDENCE

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Trois générations cohabitent cahin-caha dans la maison de Salt Hay Road, au cour de Long Island : Scudder, le patriarche bourru ; Roy, son fils célibataire endurci ; Mavis, sa fille revenue au nid ; et Nancy et Clayton, les enfants de sa fille aînée, morte cinq ans plus tôt. Quand Nancy rencontre Robert Landgraf, un ornithologue en vadrouille sur l’île, c’est le coup de foudre. En un mois, elle accepte sa demande en mariage et décide de le suivre à Boston. Tout l’édifice qui sous-tend cette singulière famille s’en trouve alors ébranlé. Par son traitement sensible des caprices de la nature comme miroir des sentiments humains, Carin Clevidence livre, dans ce premier roman, le portrait délicat d’une famille à la dérive que la meurtrière tornade de l’automne 1938 va définitivement bouleverser.

Il est sorti le 2 janvier 2015 aux Editions 10/18, 7.80€.

Mon avis:

A travers ce roman, nous suivons la famille qui vit dans la maison de Salt Hay Road, sur une période de quelques années (1937 à 1945). Ici, trois générations cohabitent tant bien que mal, avec leurs secrets et leurs souffrances du passé. Il y a Scudder, le grand père veuf chef de famille et ancien sauveteur en mer. Sa fille Mavis, qui travaille comme cuisinière. Son fils Roy, éternel célibataire. Les petits enfants Nancy et Clayton, dont les parents sont morts.

Leur vie, pourtant déjà bien abîmée par les épreuves du passé, va basculer petit à petit suite à l’explosion d’une usine locale qui fabrique des feux d’artifices. Les évènements bouleversants et parfois malheureux s’enchainent.

Malgré la multitude des personnages principaux et secondaires, je me suis vite attachée à eux. J’avais très envie de voir comment ils allaient s’en sortir face aux épreuves. On suit l’évolution de leurs vies, où l’auteure mélange les scènes du quotidien et les souvenirs du passé.

On apprend aussi à connaître Helen et Bertrand, les parents de Nancy et Clayton, à travers les yeux des membres de la famille. Ils en ont chacun une vision différente, selon le lien de parenté.

La plume de Carin Clevidence est d’une grande qualité, à la limite de la poésie. Le tout est plutôt fluide, très bien écrit et j’ai pris plaisir à tourner les pages. Les paysages et le décor sont bien dépeints, on s’y croirait !

Mais malgré les personnages attachants et plaisants à suivre, et une écriture superbe, il m’a manqué une vraie histoire dans ce roman. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, les évènements s’enchainent sans former quelque chose de particulier. On a plutôt l’impression que le sort s’acharne contre cette famille, c’est tout. Le découpage du roman m’a aussi paru assez brut, où il y a pas mal d’ellipses temporelles. 

Pour conclure, mon avis est assez mitigé sur « La maison de Salt Hay Road ». Je me suis vite attachée aux divers personnages, mais il m’a manqué une vraie histoire, un fil conducteur. Si bien qu’à la fin de ma lecture, j’ai ressenti comme une impression de « vide ».

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « La femme à 1000° » d’Hallgrimur Helgason

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Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre dans un garage de Reykjavik, une cartouche de cigarettes, un ordinateur portable et une grenade nazie – mais elle ne s’est jamais sentie aussi bien. Elle, c’est Herbjörg María Björnsson, 80 ans. Entre le palais présidentiel islandais, la pampa argentine et Berlin bombardé, elle a vécu les pires heures de ce siècle fou, qui la rendit folle elle-même : de rage et d’amour. Et avant l’incinération a 1 000°, Herra, comme on l’appelle, a quelques mots à vous dire…

Il est sorti le 5 février 2015 aux Editions Pocket, 8.80€.

Mon avis:

J’ai une affection toute particulière pour les romans contemporains nordiques. Généralement, je fais souvent de belles découvertes comme avec les Katarina Mazetti ou L’armoire des robes oubliées de Riika Pulkkinen. J’avais déjà repéré ce livre lors d’une rentrée littéraire. La quatrième de couverture était ce qui avait attiré mon attention. En effet, l’histoire semblait plutôt décalée.

 *

C’est franchement le cas. C’est une lecture un peu loufoque qui m’a fait penser au roman de Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, pour plusieurs raisons mais La femme à 1000° est également très différent.

La première chose que je peux souligner est que l’auteur a choisi de prendre un narrateur très âgé, qui a pleinement vécu sa vie. J’ai l’impression qu’en France, peu d’auteurs choisissent de prendre comme personnages principaux des personnages d’un âge très avancé. Pourtant, en ayant lu quelques romans avec de tels personnages, je commence à trouver qu’ils ont un sacré potentiel que ce soit comique, dramatique, pour faire passer des messages…

Dans ce roman islandais, Herra est une grand-mère avec un certain franc-parler. Ses pensées sont galopantes et elle évoque tous les sujets : la sexualité, sa vision du féminisme, ses amours, l’Histoire… Du coup, il est vrai que certains passages sont plus intéressants que d’autres. De ce point de vue, je déplore également que la chronologie ne soit pas toujours très claire. Pour le dire autrement, les flashbacks ne sont pas toujours bien insérés dans l’histoire. Mais, en même temps, cela va bien avec le fait que Herra se rappelle des souvenirs de manière sporadique, comme ils viennent.

 *

Alors que Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est drôle, loufoque, parfais incongru, La femme à 1000° n’est pas forcément dans cette logique. Déjà, il n’y a pas d’humour. Herra est définitivement un personnage intéressant. Elle a toute sa tête et, puisque nous avons accès à ses pensées intimes, à ses souvenirs, le lecteur se rend compte que cette dernière garde toujours une manière de s’exprimer franche et sans détour. Je dirai que parfois, cela crée un décalage car on ne s’attend pas à ce qu’une personne de son âge s’exprime ainsi. Je ne dirai pas que certains passages sont trash mais presque. Elle n’a pas sa langue dans sa poche.

C’est typiquement le genre de romans où il faut apprécier le personnage principal dès le début, aussi non la lecture risque d’être longue, surtout que La femme à 1000° est tout de même un sacré pavé. Je dirai que soit on aime soit on déteste, il ne peut pas y avoir vraiment d’entre deux. Malgré quelques petites choses qui m’ont dérangé, mon bilan est, globalement, positif. C’est un livre étonnant avec une grand-mère qui l’est tout autant. C’est clairement un personnage atypique, qui sort des sentiers battus, de ce qu’on a l’habitude de lire. Cependant, ce que je retiens surtout de ce livre, c’est la vision de l’Islande, entre richesse et pauvreté, entre modernité (l’Imagine Peace Tower) mais également beaucoup de traditions (la vie dans les fjords, la pêche étant encore centrale…), l’évolution de la place de la femme en Islande…

*

Hallgrimur Helgason signe ici un roman certes dense, qui peut rebuter dans les premières pages mais il faut s’accrocher pour qu’il révèle toute sa beauté. C’est une lecture que j’ai apprécié mais que je ne qualifierai pas de coup de cœur.

Ecrit par Avalon