Mon avis sur « Captive » de Margaret Atwood

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1873. Grace Marks, seize ans, est condamnée à la réclusion à perpétuité pour le double meurtre de son jeune employeur et de sa gouvernante. Victime sous emprise ou monstre en jupons ? Face à l’échec des rapports psychiatriques, le Docteur Jordan s’empare du dossier, bien décidé à la sortir de son amnésie. Mais pourquoi lui cache-t-elle les troublants rêves qui hantent ses nuits ?

Il est sorti le 8 novembre 2018 aux Editions 10/18.

Mon avis:

Nous sommes en 1843 et Grace Marks a été arrêtée et condamnée pour son implication présumée dans deux meurtres. Elle n’a que 16 ans et sera incarcérée pendant des années.

Pourquoi cette une jeune fille commettrait un tel crime ? Et pourquoi a-t-elle donné trois confessions contradictoires de ce qui s’est passé ? Était-ce un crime passionnel ou des circonstances malheureuses ? La réponse à ces questions est exactement ce que le  Dr Jordan espère découvrir.

Nous voilà partis dans les méandres de la vie et de la mémoire de Grace Marks. Dans ce récit dramatique (tiré d’une histoire vraie) qui suscite la réflexion, Margaret Atwood parvient à souligner l’injustice et le sexisme, à la fois manifestes et subtils. Elle donne également un aperçu du traitement historique des troubles mentaux et du développement de ce que nous connaissons sous le nom de psychiatrie, des différences sociales et du système pénitentiaire. C’est tout à fait intéressant et captivant.

Outre les sujets intéressants et importants abordés dans « Captive », c’est une histoire bien conçue qui m’a complètement happée. L’écriture est prenante, immersive et les mœurs de l’époque sont bien décrites.

Quant au personnage de Grace Marks, il est fascinant, énigmatique et ambigu. D’ailleurs, à la fin, on ne sait toujours pas trop quoi en penser… En tout cas, rien n’est tout noir ou tout blanc.

Pour conclure : « Captive » de Margaret Atwood est un roman incontournable où le lecteur est plongé dans une histoire entourée de sexe, de violence et d’insubordination. 

Chronique « Sur l’île de Lucifer » de Serge Quadruppani

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Un matin de printemps, Tom, 10 ans, découvre le corps d’un homme, un pieu planté dans la poitrine, dans le trou laissé par la souche d’un pin Douglas abattu. 
Cet homme, c’est Didier Dubois, le responsable du chantier d’abattage de la forêt de l’Aitre. 
Appelée sur les lieux, la capitaine Sylvie Mercure mène l’enquête, assistée par la gendarmerie. Lorsqu’un deuxième meurtre est commis, les soupçons se dirigent naturellement vers les militants de la Commune libre du Plateau, qui combat le projet d’abattage. 
Mais les suspects se révéleront aussi nombreux qu’inhabituels : une sorcière qui fait parler les morts, un curé haïtien, une exilée chilienne… 

Il est sorti le 4 octobre 2018 aux Editions Snag.

Mon avis:

Je m’attendais à tout autre chose en demandant ce roman. Je pensais déjà lire un livre Young adult alors que l’on est bien plus dans le policier/suspense adulte.

L’intrigue commence quand un jeune garçon retrouve le corps d’un homme avec un pieu enfoncé dans la poitrine. À partir de là, la capitaine Sylvie Mercure va mener l’enquête avec l’aide de la gendarmerie du coin. Malheureusement, la trame ne tient pas ses promesses c’est décousu, cela manque de consistance et de cohérence. Si vous chercher le côté fantastique, il est très peu présent et pourtant le peut que l’on a vu aurait pu être très intéressant s’il avait été plus développé. D’autres parts, le style de l’auteur est agréable, mais il manque d’émotions et l’on se perd dans des détails inutiles. De ce fait, on a du mal à rentrer dans l’histoire.

Du côté des personnages, ils sont creux, peu intéressants et manquent d’exploitations. Ils m’ont totalement laissé de marbre.

Pour conclure :

« Sur l’île de Lucifer » est une déception, malgré le fait des thèmes abordés dans le texte. Cela part dans tous les sens et tout manque cruellement d’exploitations, dommage…

La chronique du roman « Population 48 » de Adam Sternbergh.

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Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ. 
En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura… 

Il est sorti le 11 octobre 2018 aux Editions Super 8.

Mon avis:

Caesura, Texas, alias « Blind Town », 48 habitants. Un lieu peuplé de gens dont la mémoire a été altérée. Un endroit censé leur assurer leur sécurité et leur bien être. Une vie faite de règles et de privations où il n’y a aucun contact avec l’extérieur. Ils ne savent pas qui ils sont et chacun obtient une nouvelle identité. Ils sont libres de partir, mais ils ne pourront pas revenir, tout en sachant qu’il risque leur vie.

Pendant huit ans, le shérif Calvin Cooper a maintenu une paix précaire dans cette ville perdue au milieu de nulle part. Mais quand deux morts violentes se produisent dans cette communauté, qui brise la routine silencieuse et bouleverse la ville. Calvin Cooper doit enquêter rapidement et discrètement avant que tout cela ne dégénère…

Le style d’Adam Sternbergh est agréable, incisif et cinématographique. L’histoire est bien rythmée avec une tension qui monte crescendo accompagnée d’une escalade de violence. L’auteur nous offre de nombreux retournements de situation et de révélations. Du côté de l’intrigue, elle est bien écrite et habilement menée. On suit diverses trames sur différents habitants de Caesura, en même temps on en apprend plus sur les dessous de l’histoire de cette ville, pour se réunir en final assez explosif !

Plus on avance dans le récit, plus on en apprend sur les fondements de Caesura, sur les personnages, plus l’ambigüité morale s’approfondit. Adam Sternbergh pousse à la réflexion sur l’identité, la perte de mémoire, si l’on peut fondamentalement prendre une autre voie dans la vie si l’on nous donne une seconde chance. L’auteur soulève de nombreuses questions.

Du côté des protagonistes, nous faisons la connaissance de ce groupe hétéroclite où chaque page en révèlera un peu plus sur eux. Chacun a sa propre histoire et c’est fascinant de découvrir qui ils sont, et comment ils réagissent une fois que les secrets explosent. Le plus incroyable c’est que Adam Sternbergh a réussi l’exploit de nous rendre attachants certains personnages qui ont un passé terrible.

Pour conclure :

« Population 48 » est une fiction policière sombre dans une situation surréaliste. C’est une histoire captivante au concept unique qui pousse à réfléchir. J’ai beaucoup aimé. 

La chronique du roman « Les détectives du Yorkshire, t2 : Rendez-vous avec le mal  » de Julia Chapman

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La mort n’est pas de tout repos.

Quand Mme Shepherd vient voir Samson O’Brien à l’Agence de Recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un essaie de la tuer, le détective privé pense avoir affaire à une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il se demande s’il n’aurait pas dû prendre la chose un peu plus au sérieux…

Alors que Noël approche, Samson se lance dans une enquête qui l’oblige à renouer avec les habitants de Bruncliffe, ceux-là mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant et qui le traitent à présent comme un paria. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de Rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Il est sorti le 14 juin 2018 aux Editions Robert Laffont, Collection La bête noire. 

Mon avis:

Lorsque Mme Shepherd arrive à l’agence de détectives de Samson, elle veut l’engager car elle est persuadée que l’on essaye de la tuer.

Samson O’Brien n’y croit pas une seconde. Mais quand les incidents s’accumulent à la maison de retraite de Fellisde Court, Samson commence à se demander si il n’a pas fait une erreur en ne prenant pas plus au sérieux les craintes de Mme Shepherd.

Samson plongera dans une enquête qui l’obligera à regagner la confiance du village qu’il a fui il y a 14 ans. En tout cas, il est certain qu’il pourra compter sur Delilah, cette femme aux multiples talents, pour l’aider à résoudre cette affaire.

J’ai adoré ! Le style de Julia Chapman est très agréable et entraînant. On plonge avec délectation dans cette nouvelle enquête pleine de suspense, de tension avec une touche d’humour. J’ai été totalement embarquée du début à la fin.

En ce qui concerne les enquêtes, elles sont habilement écrites. L’autrice nous balade avec facilité de suspect en suspect. Celle de la maison de retraite est complexe et bien développée. Quant à celle du bélier primé disparu, elle est plus légère et amusante.

Par contre, du côté des fils rouges qui lient les tomes entre eux, nous n’avons quasiment pas d’avancée. L’autrice nous donne juste quelques miettes pour nous faire patienter. Ce n’est pas frustrant, mais j’espère que l’on en aura un peu plus dans le prochain opus.

Du côté des personnages, ils sont l’âme du livre. Julia Chapman approfondit les relations entre les personnages. Elles développent leurs histoires personnelles ainsi que les problèmes individuels auxquels ils sont confrontés. Samson se bat avec son passé, avec Londres et il essaye de retisser des liens avec son père. Quant à Delilah, elle essaye de maintenir à flot ses entreprises tout en faisant face à une nouvelle menace de son ex-mari.

Pour ce qui est de la relation entre Samson et Delilah, les sentiments commencent par s’éveiller timidement. Ils jouent au chat et à la souris qui est un moyen de lutter contre leur évidente attirance l’un pour l’autre.

Pour conclure :

Avec « rendez-vous avec le mal », Julia Chapman m’a complètement séduite avec ce second opus qui est encore meilleur que le premier. C’est rythmé, addictif, le tous avec des caractères attachants dans une ambiance de préparatifs de noël.

À lire !

La chronique du roman « Les Détectives du Yorkshire – Tome 1 : Rendez-vous avec le crime » de Julia Chapman

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La mort est aveugle.

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Il est sort le 12 avril 2018 aux Editions Robert Lafont dans la collection La Bête noire.

Mon avis:

On fait la connaissance de Samson O’Brien, ancien agent infiltré, qui s’est vu contraint de quitter Londres suite à un souci dans son travail et dont l’avenir semble incertain. De ce fait, il rentre chez lui à Bruncliffe pour ouvrir sa propre agence de détectives privés. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il n’est pas accueilli à bras ouvert par les villageois et surtout par la tempétueuse Delilah. Car Samson a tout laissé derrière lui il y a plus d’une décennie et il n’est même pas revenu pour l’enterrement de son meilleur ami, et frère de cette dernière.

Et lorsque Delilah s’aperçoit qu’elle lui a loué le bureau du rez-de-chaussée par inadvertance, elle est furieuse. Toutefois, quand Samson lui offre de payer plusieurs mois de loyer d’avance, elle ne peut pas refuser. En effet, depuis quelque temps, elle a du mal à tenir à flots ses deux entreprises, son agence de rencontre et celle de conception de sites internet. Enfin de compte, Delilah aura bien fait, car elle aura besoin de lui pour trouver le lien entre le nombre croissant de morts dans la région et son agence de rencontre. Dès lors, tous deux feront équipe pour démêler ce mystère…

Le style de Julia Chapman est vraiment très agréable et prenant. Son univers est sympathique. On plonge dans la vie d’un village entouré de montagnes où les habitants sont un peu chauvins et rancuniers, mais qui font l’âme de Bruncliffe. D’ailleurs, l’enquête s’articulera autour d’eux avec leurs secrets, leurs potins, mais également les amis et la famille. Le mystère est bien construit et prenant. Les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit jusqu’à la résolution de l’enquête. C’est bien rythmé même si l’auteure doit au départ prendre le temps de placer ses personnages et l’ambiance. J’avoue qu’au début j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver avec tous ces caractères et ces différents points de vue. Mais au bout d’un moment tout va mieux et c’est un plaisir de découvrir ces personnages attachants, intrigants et intéressants. On sait que beaucoup d’entre eux cachent encore des choses et pas que des bonnes… En outre, Jula Chapman a su bien développer nos deux héros bien que Samson garde une part de mystère.

Pour conclure :

« Rendez-vous avec le crime » est une bonne entrée en matière dans l’univers de Julia Chapman. C’est un cosy mystery divertissant et bien mené qui vous fera passer un agréable moment de lecture. Je lirais avec plaisir la prochaine aventure de Samson et Delilah.

À noter que le second opus sort en juin 2018.

La chronique du roman « Un appartement à Paris » de Guillaume Musso

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Paris, un atelier d’artiste au fond d’une allée verdoyante. 
Madeline, une ex-flic londonienne, y est venue pour panser ses blessures. 
Gaspard, un auteur misanthrope, l’a loué pour écrire dans la solitude. 
À la suite d’une méprise, ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelque temps. 
Dans l’atelier, où plane encore le fantôme de l’ancien propriétaire, Madeline et Gaspard vont mettre au jour un secret terrifiant. 
Et cette découverte glaçante va les forcer à affronter leurs propres démons dans une enquête vertigineuse qui les changera à jamais. 

Il est sorti le 15 mars 2018 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Madeline, ex flic déprimée, loue un appartement à Paris pour s’isoler et se ressourcer. Gaspard, dramaturge casse pieds, loue un logement dans la capitale pour s’isoler et travailler. Malhreuseument pour eux, ils se retrouvent à avoir loué le même appartement, un atelier d’artiste. Madeline se fait embaucher pour retrouver les derniers tableaux du peintre, et Gaspard se retrouve malgré lui à mener l’enquête, intrigué par la vie de l’artiste. Madeline et Gaspard ont du mal à se supporter, mais ils vont tout de même devoir y parvenir pour enquêter.

Cela fait des années que je n’ai pas ouvert un roman de Guillaume Musso (le dernier était « L’appel de l’ange » à sa sortie poche en 2012), pourtant, j’ai lu pas mal de ses livres étant adolescente et je les avais beaucoup aimés pour la plupart. Malheureusement, « Un appartement à Paris » ne m’a pas vraiment plu.

L’intrigue est assez lente à démarrer, mais elle devient vraiment intéressante pratiquement au milieu du récit. C’est un peu tardif mais après tout, si la suite se révèle bonne, je me dis que tout n’est pas perdu. Pour moi, ça n’a pas été le cas. Je n’ai pas été prise par le récit, ni par les évènements qui s’y déroulaient. De plus, certains évènements sont assez tirés par les cheveux, ils manquent de crédibilité et la fin… je l’ai trouvée vraiment trop facile !

Petit bémol supplémentaire, l’art et l’univers des artistes ne sont pas vraiment mon truc. Du coup, tout ce qui est références à cet univers, ça ne m’a pas parlé plus que ça. J’ai même trouvé certaines informations complètement inutiles.

Je ne suis généralement pas contre les personnages antipathiques, il m’arrive même d’en apprécier dans certains romans. Toutefois, lorsqu’il s’agit de personnages principaux, c’est généralement difficile, puisqu’on se les coltine tout le roman… Malheureusement, je n’ai pas du tout aimé Madeline ni Gaspard.

Gaspard est un homme qui vit la plupart du temps en dehors de la société et de ses règles. Quatre vingt-dix pour cent du temps, c’est un gros con cynique (désolée, mais c’est vrai !) qui a des réactions et réflexions complètement hallucinantes.

Quant à Madeline, elle a été flic pendant plusieurs années, à la brigade criminelle de Manchester puis New York, bossant même sur les affaires qu’on appelle « cold case« . Je l’ai trouvée assez fade comme femme, et je n’ai pas réussi à m’attacher à elle et à compatir à ses malheurs. Pourtant, c’est le personnage principal de « L’appel de l’ange » et je me souviens l’avoir beaucoup aimée. Comme quoi, le recyclage de personnages n’est peut-être pas toujours bon… Ou alors mes goûts ont fortement évolués depuis ces dernières années 😉

Nos deux héros baladent tous les deux de grosses casseroles et de gros bagages émotionnels. Ils sont clairement abîmés par la vie. Pourtant, cela n’a pas suffit à augmenter leur capital sympathie à mes yeux. 

En conclusion, l’histoire de « Un appartement à Paris » m’a intriguée, mais elle est loin de m’avoir passionnée. De plus, je n’ai pas apprécié les personnages principaux, du coup cela m’a rendu la lecture plutôt difficile. Heureusement que la plume de Guillaume Musso est simple, fluide et qu’elle va à l’essentiel. Je pense que sans cela, je n’aurai pas pu aller jusqu’au bout de ma lecture.

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Golem, le tueur de Londres » de Peter Ackroyd

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Londres, 1880. Huit ans avant que Jack l’E ventreur sé visse à Whitechapel, la peur avait un autre nom…
Alors que les corps de deux prostituées ont été dé couverts dans le quartier voisin de Limehouse, la rumeur se ré pand qu’un Golem, figure mythique de la tradition hébraïque, erre dans les rues de la ville en quê te de nouvelles victimes.
Ce qui n’empêche pas une troupe de thé a tre de continuer à se produire dans les cabarets. Parmi les comé diens, Elizabeth et Dan Leno, adepte du travestissement.
Lors d’un spectacle, John Cree, bourgeois é rudit et é crivain insatisfait, tombe sous le charme d’Elizabeth, qu’il épouse. Quelque temps plus tard, on retrouve le corps sans vie de John. Son journal intime révè le qu’il serait le mystérieux Golem. Mais sa femme semble, elle aussi, dissimuler bien des secrets…

Ce roman a été adapté à l’écran par le ré alisateur Juan Carlos Medina, avec Olivia Cooke et Bill Nighy. Un film qui a reç u le Prix du jury du festival du film policier de Beaune en mars 2017.

Il est sorti le 3 janvier 2018 aux Editions Archipoche.

Mon avis:

Voici un roman noir victorien, un brin macabre, se déroulant après les meurtres perpétrés par Ratcliff Highway et huit ans avant que Jack l’Éventreur ne sévisse.

L’histoire commence par la pendaison d’Elizabeth Cree en avril 1881 à la prison de Camberwell. Elle a été reconnue coupable du meurtre de son mari, John Cree.

À partir de là, nous remontons le temps pour connaître la vie d’Elizabeth, de son enfance aux planches du music-hall à sa rencontre avec son époux. En même temps, nous suivons un tueur en série surnommé le Golem qui met en émoi les habitants de l’East End par ses meurtres sauvages. On va suivre ses pulsions et ses secrets.

Peter Ackroyd nous transporte avec aisance par sa plume très détaillée, dans les rues atmosphériques de Londres avec sa puanteur, son smog, ses bordels et ses théâtres. Il a saisi les aspects les plus sinistres et les a rendus crédibles. J’ai aimé le contraste entre l’obscurité, la pauvreté et les lumières des music-halls et la science. C’est fascinant de voir cette époque à travers différents points de vue et perspectives, car nous croisons de nombreux personnages (Karl Marx, Dan Leno, George Grissing en plus d’Elizabeth et John). Cela apporte une vraie richesse au récit et l’auteur a fait un travail formidable pour qu’ils soient tous plus ou moins liés.

Le récit s’écoule sans effort, mais n’allez pas vous attendre à un roman policier pur et dur en suivant une enquête, car cette dernière passe en dernier plan. Peter Ackroyd nous plonge plus dans une analyse de la société avec un côté philosophique ainsi que théologique et scientifique. J’avoue que pour certains passages, j’ai un peu décroché et j’ai trouvé ça un peu long. Néanmoins, cela n’en demeure pas moins un bon récit, riche, dense et bien construit, même si l’on se doute de la grande révélation.

Pour conclure :

« Golem, le tueur de Londres » est un roman noir alliant légende et histoire. Peter Ackroyd a fait un travail remarquable en recréant un Londres victorien avec sa culture, la vie de l’époque et l’effervescence littéraire et philosophique, en y incorporant habilement des figures emblématiques de cette période.