La chronique du roman « Les Héritières de Rome » de Kate QUINN

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En l’an 69, la splendeur de Rome appartient au passé, et tous se disputent les restes de l’Empire. Surtout chez les Cornelii… L’ambitieuse Cornelia s’imagine déjà à sa tête : l’empereur Galba a désigné son époux pour héritier. Et sa sœur, Marcella, passionnée d’histoire, a décidé qu’elle ne s’écrira pas sans elle. Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies et laisse à Lollia, leur cousine, l’occasion de tirer son épingle du jeu – sa petit sœur Diana préférant les courses de char à l’agitation politique. L’histoire est lancée au galop et emporte les quatre héritières. À la fin, il n’y aura cependant qu’un empereur… et qu’une seule impératrice…

Il est sorti le 24 juin 2015 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Après mon coup de coeur pour « La maîtresse de Rome » j’ai tout de suite voulu me plonger dans le prochain tome de cette saga. J’ai décidé de suivre la publication en VO, à savoir que celle-ci positionne « Les héritières de Rome » comme deuxième tome (et non « L’impératrice des sept collines » comme la publication française). 

L’intrigue de « Les héritières de Rome » se déroule en 69 après J.C. (soit avant le premier roman, « La maîtresse de Rome »), durant la période où le titre de César sera accordé à quatre Empereurs successifs. Nous suivons la vie de quatre cousines issues de la famille Cornelii dans cette situation politique instable et très tendue. C’est un roman où se mêlent la passion, l’amour, la trahison, la politique, les complots, l’amitié… L’auteur n’épargne pas ses personnages et on vit à cent à l’heure à leurs côtés. J’ai été happée par le récit du début à la fin, et j’ai lu le roman pratiquement d’un seul tenant. J’ai adoré l’ambiance assez dure du récit, où l’on retrouve les courses de char du Cirque Maxime, le faste des réceptions chez les patriciens, mais aussi le mauvais côté, avec l’horreur des guerres, les affrontements politiques, l’esclavage…

Concernant les personnages principaux, je les ai beaucoup aimées et toutes pour différentes raisons. Kate Quinn a su nous offrir des protagonistes originales, imparfaites et intéressantes car bien travaillées. Globalement, elles ont toutes les quatre un fort caractère et elles ne se laissent pas marcher sur les pieds. Chacune est ambitieuse et les Cornelii savent ce qu’elles veulent, et ce qu’elles ne veulent pas !

J’ai aimé Diane pour sa témérité et son côté garçon manqué. C’est une jeune femme qui a du répondant. Par exemple, ses piques assassines envers sa belle soeur sont excellentes. Quant à Lollia, je ne peux pas dire que j’ai apprécié son caractère, mais je trouve que c’est un personnage marquant, au même titre que Cornelia. Elles mettent toutes les deux un peu de temps à se « réveiller » mais une fois qu’elles prennent leur destin en main, attention à quiconque se mettra en travers de leur chemin. Le seul personnage que j’ai aimé au début, mais que j’ai fini par presque détester, c’est Marcella. Seule sa fin m’a fait ressentir de la pitié pour elle (et aussi parce que j’ai lu « La maîtresse de Rome » avant, et donc je sais ce qui l’attend).

Je trouve que lire ce roman en deuxième est vraiment très intéressant. Certains passages apparaissent comme des clins d’oeils à des évènements de « La maîtresse de Rome » ou à ses personnages (que l’on rencontre, mais plus jeunes). Après, cela n’engage que moi et ce n’est qu’un conseil, vous faites comme bon vous semble 🙂

En somme, « Les héritières de Rome » n’a certes pas été un coup de coeur comme pour « La maîtresse de Rome » (il m’a manqué un petit quelque chose, c’est passé à un cheveu !), mais j’ai tout de même adoré ma lecture. Kate Quinn a une plume prenante et addictive, et elle m’a transportée de la première à la dernière page.

Ecrit par Noémie

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La chronique du roman « Comme la mer en hiver » de Susanna Kearsley

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Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

Il sort le 9 octobre 2015 aux Editions Charleston.

Mon avis:

C’est la première fois que je découvre l’un des titres du catalogue des éditions Charleston. J’ai vu plusieurs fois leurs ouvrages chroniqués sur la blogosphère et, souvent, les personnes étaient ravies de ce qu’elles avaient pu lire. Aussi, quand Comme la mer en hiver, m’a été proposé, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion, surtout qu’il était question d’un roman autour de l’Ecosse et de son histoire.

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Les révolutions jacobites semblent inspirer de plus en plus les auteurs, comme dans Outlander de Diana Gabaldon ou encore La Rose et la Tour de Fiona McIntosh. Ce qui m’a plus dans le roman de Susanna Kearsley, c’est justement l’aspect historique. Le château de Slains, par exemple, existe réellement et les comtes d’Eroll en furent bien les propriétaires initiales. Nathaniel Hooke, dont il est souvent question, est également un personnage historique ayant existé.

A ces éléments épars de réalité historique, la fiction vient se greffer. Elle vient autant servir le passé véritable que l’inverse. Pour ma part, c’est toujours la preuve d’un grand talent quand l’auteur arrive à brouiller habilement les frontières entre le vrai et ce qu’il a inventé pour écrire son histoire. J’ai aussi l’impression d’avoir appris deux trois petites choses sur cette période comme le rôle joué par les Français, par exemple.

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Le livre est divisé en deux parties. J’ai autant apprécié la partie qui se déroule à notre époque que celle qui se déroule lors de la révolution jacobite. Les deux ont un lien et, au début, le lecteur ne sait pas trop s’il s’agit juste de l’imagination du personnage principal qui est une écrivaine de romans historiques ou si elle a vécu au château de Slains dans une vie antérieure. Le lien entre les deux personnages ne venait ps comme un cheveu sur la soupe. Il est amené progressivement, au fur et à mesure des recherches effectuées pour le roman. C’est un aspect qui m’a énormément plu.

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Comme la mer en hiver fut une excellente surprise. Malgré quelques longueurs parfois, où j’aurai aimé que l’intrigue avance un peu plus vite car il y a de nombreuses questions dont je voulais les réponses, c’est un roman qui m’a plu. Susanna Kearsley décrit les paysages écossais d’une manière telle que nous avons l’impression qu’ils surgissent devant nous. Elle a également réussi à me faire prolonger ma lecture en allant faire quelques recherches pour savoir où s’arrêtait la réalité historique et où commençait la fiction. 

Ecrit par Avalon

La chronique du roman « Indulgences »de Jean-pierre Bours

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Dans une Allemagne entre Moyen Âge et Renaissance, dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, deux femmes se battent pour accomplir leur destin. Au crépuscule du Moyen Âge, au coeur de la forêt saxonne, une jeune femme abandonne son enfant avant d’être rattrapée par les gardes du seigneur de Magdeburg qui l’accuse de sorcellerie. Depuis la  » Hexenturm*  » et ses fantômes avilissants, elle va choisir d’assurer seule sa défense. Quinze ans plus tard, alors que les premiers feux de la Renaissance et de la Réforme commencent à briller sur Wittenberg, Gretchen – qu’immortalisera Goethe trois siècles plus tard – ne sait pas encore que la quête de son identité l’amènera à croiser ceux qui sont en train d’écrire l’histoire, qu’il s’agisse de Luther, Cranach ou du très mystérieux docteur Faust. Quel lien unit ces deux femmes ? Quel secret les rapproche ? La Renaissance que découvre Gretchen et le Moyen Âge dans lequel se débat Eva sont-elles des périodes si distinctes ? La lumière a-t-elle vraiment succédé à l’ombre ? Et le bien au mal ? * Hexenturm : la tour des sorcières.

Il est sorti le 30 octobre 2014 chez  HC EDITIONS, 22 €.

Mon avis:

Je remercie sincèrement Babelio de m’avoir proposé « Indulgences », car sans eux, je serais certainement passé à côté de ce fabuleux roman.

Nous nous retrouvons plongés au cœur de l’Allemagne au début du 16e siècle, où guerres intestines et superstitions médiévales font rage.

On suit le destin de deux femmes fortes et courageuses, à quelques années d’intervalles, qui se dresseront face au carcan de cette époque. La première s’appelle Eva, et est arrêtée pour sorcellerie. Nous serons spectateurs de son chemin et des horreurs qu’elle subira pendant l’inquisition. En alternance, nous suivons Gretchen, la fille d’Eva qui est à la recherche ses origines, de sa mère qui l’a abandonné à la naissance et qui essayera de vivre la vie qu’elle a choisie.

Leur parcours sera houleux et riche, jusqu’à ce que leurs destins se rejoignent d’une manière ou d’une autre. Le tout est raconté par Méphistophélès qui reste le fil conducteur.

J’ai adoré me plonger dans cette histoire à l’atmosphère mystérieuse et sombre. La plume de Jean-Pierre Bours est riche, descriptive sans être lourde. La lecture est fluide, le rythme soutenu : on ne s’ennuie jamais, tournant les pages avidement.

C’est un récit très bien documenté. L’auteur nous décrit sans fioritures ce qu’était de vivre à cette période rude où pillards, pauvreté, injustice et maladie sévissaient.

Il nous parle également du développement de l’imprimerie, du commerce des Indulgences qui lance la Reforme protestante.

Le tout est enrichi par une galerie de personnages fascinants et intrigants, les bons comme les mauvais. On rencontrera Martin Luther qui fera front à la papauté, Frederic 3 de Saxe, Lucas Cranach peintre et graveur. Mais également, l’énigmatique Faust. D’ailleurs, Jean-Pierre Bours s’est inspiré de l’œuvre de Goethe pour le personnage féminin de Gretchen. C’est passionnant.

Pour conclure :

« Indulgences » est une fresque historique palpitante, intense et touchante. Un mélange de fiction et de légende, le tout bien ancré dans la réalité. Jean-Pierre Bours nous offre un ouvrage de qualité envoûtant.

C’est un coup de cœur ! Un roman à lire, assurément !

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Le Pape signant et vendant des indulgencesvu comme l’Antéchrist parLucas Cranach l’Anciend’après le Passional Christi und Antichristi deMartin Luther (1521)

La chronique du roman « Quand les colombes disparurent » de Sofi Oksanen

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Estonie, 1941. Roland et son cousin Edgar ont rejoint les « frères de la forêt » et luttent avec la résistance estonienne pour repousser l’Armée rouge. Quand les troupes allemandes envahissent l’Estonie, leurs chemins se séparent. Roland combat sans relâche l’envahisseur ; Edgar épouse successivement l’idéologie du pouvoir. Juudit, sa femme, est écartelée entre son amour pour un officier allemand et l’hypocrisie d’un mariage raté. Occupation, résistance et collaboration sont les ressorts de ce roman puissant. Sofi Oksanen pointe une nouvelle fois la fragilité et la faiblesse de l’homme à l’égard d’une Histoire qui l’écrase et lui survivra toujours.

Il est sorti le 30 avril 2014 aux Editions Le livre de Poche, 7.90€.

Mon avis:

POUR COMMENCER

Je vois souvent les romans de Sofi Oksanen dans les librairies et sur la blogosphère. Le plus souvent, les chroniques sont élogieuses. Je voulais vraiment découvrir ses romans et l’occasion s’est enfin présentée. J’ai beaucoup aimé ce roman historique qui m’en a un peu plus appris sur l’histoire d’un pays que je ne connaissais uniquement que de nom, l’Estonie.

LES ROMANS NORDIQUES

Plus j’en lis, plus j’apprécie les romans venus du Nord. Ils ont une ambiance très particulière. Il y a toujours beaucoup de mélancolie, une certaine froideur… Ce sont des plumes particulières qui m’enchantent à chaque fois. Des romans que j’ai pu lire, ils parlent énormément de la famille. Dans Quand les colombes disparurent, il est question de deux cousins qui s’éloignent l’un de l’autre du fait de l’Histoire et de leurs convictions politiques. C’est intéressant de les voir dans leurs relations faites de non-dits, de petites jalousies, d’incompréhensions mutuelles… L’auteur décrit vraiment bien les différents sentiments de ses personnages et elle montre toute la complexité des relations humaines mais surtout familiales. Ce n’est pas lourd car il y a tout d même quelques mystères et la plume est fluide et agréable.

Par ailleurs, j’ai véritablement apprécié ce va-et-vient entre le début des années 40 où l’Estonie vient tout juste d’être libérée du joug de l’URSS par l’Allemagne nazie, et les années 60. Ce changement d’époque n’est pas dérangeant car il apporte des plus par rapport à l’intrigue. Le lecteur comprend certaines choses uniquement grâce au fait que l’auteur alterne justement entre ces deux périodes historiques. Petit à petit, nous comprenons qui est le camarade Parts. Cela va avoir des conséquences pour la suite. La danse est rondement bien menée d’un bout à l’autre. Je suis également agréablement surprise par les informations historiques qui sont présentes dans ce roman. Il s’agit d’un roman vraiment passionnant, où j’ai appris beaucoup de choses sur cette période historique plutôt connue qu’est la Seconde Guerre mondiale. A l’exception près que c’est un pays dont on parle peu.

POUR TERMINER

J’ai vraiment apprécié cette lecture et je crois que je vais me pencher un peu plus en détail sur sa bibliographie. En attendant, c’est un très bon roman historique que je recommande.

Ecrit par Avalon

 

La chronique du roman « Quatre petits bouts de pain » de Magda Hollander-Lafon

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Magda Hollander-Lafon avait 16 ans en 1944, année de sa déportation à Auschwitz-Birkenau. Le reste de sa famille n’en réchappera pas. Arrachées à cette expérience de la mort, ces pages sont nées d’une longue traversée tissée de renaissances. La première eu lieu lorsqu’une mourante donna quatre bouts de pain à l’adolescente en lui disant : « Tu es jeune, tu dois vivre. » D’autres moments de grâce l’aideront à survivre. Plus qu’un témoignage, c’est une méditation sur la vie que nous offre cette femme rescapée des ténèbres. Elle nous invite à la joie, une joie ravie à la désespérance, volée à l’enfer qui a failli l’engloutir. C’est aussi un vibrant appel à devenir créateur de sa vie qu’elle adresse à chacun de nous.

Il est sorti le 30 avril 2014 aux Editions Le Livre de Poche, 5.60€.

Mon avis:

Un ouvrage inqualifiable

En effet, à la lecture du résumé, le lecteur peut avoir l’impression qu’il est tombé sur un énième témoignage concernant la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration et d’extermination. Pour autant, il serait totalement rédhibitoire de ranger cet ouvrage de Magda Hollander-Lafon uniquement dans cette catégorie. En effet, si elle évoque ce qu’elle a vécu à Auschwitz, il ne s’agit pas seulement de cela.

Parfois, l’ouvrage prend la casquette d’un recueil de poésie où l’auteur exprime non seulement ses sentiments mais également son vécu. Quatre petits bouts de pain est découpé selon des thématiques qui ne sont pas forcément classées dans un ordre chronologique mais plutôt selon l’évolution des sentiments de l’auteur, selon ses souvenirs. Malgré tout, cela donne une certaine cohérence au livre. A d’autres moments, le ton est presque philosophique et psychologique.

Une chronique pas si facile à rédiger

Effectivement, Quatre petits bouts de pain est un livre qui m’a profondément touché et qui m’a énormément parlé. Quand j’ai commencé à réfléchir et à rédiger cette chronique, je me suis demandée à quel point je pouvais me dévoiler. Il y a certaines choses que l’auteur écrit et qui font écho à ma propre vie. Je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai autant apprécié ce roman.

« C’est ainsi que j’ai pu comprendre que la dépression n’est pas une maladie. Ce sont des moments où je déprécie la vie en moi. La couleur du jour dépend de mon état d’âme. » Même si nous n’avons pas du tout vécu les mêmes expériences, loin de là, Magda Hollander-Lafon a réussi à me faire prendre conscience de certaines choses Je dirai que je me suis prise une claque totalement inattendue et, peut-être, le petit coup de pied aux fesses que j’attendais.

Pour terminer

Quatre petits bouts de pain est une lecture que je recommande. Pour ma part, ce fut une lecture intense et un coup de cœur.

Ecrit par Avalon

La critique du roman « Les héritières de Rome » de Kate Quinn

 

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Élégante et ambitieuse, Cornelia, l’aînée de la famille, incarne la parfaite épouse romaine. Lorsque l’empereur Galba choisit son mari pour héritier, elle se voit déjà impératrice. Sa sœur, Marcella, se passionne pour l’histoire et consacre ses journées à l’écriture.

Lollia, leur cousine, se marie et se remarie au gré des valses du pouvoir, garantissant ainsi la sécurité des siens et s’assurant les faveurs des puissants. Sa petite sœur, Diana, n’a quant à elle d’yeux que pour les chevaux et les courses de chars.

Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies : Cornelia voit ses rêves brisés, tandis que Lollia devient la première dame de l’Empire ; Diana se renferme encore plus, au contraire de Marcella, qui se découvre un goût pour l’intrigue. Dorénavant, il n’est plus question pour elle d’observer l’histoire en marche, mais d’y participer, pour le meilleur et pour le pire.

Mais, à la fin, il ne peut y avoir qu’un empereur… et une seule impératrice. Les quatre cousines l’apprendront à leurs dépens.

Il est sorti le 12 juin 2014 aux Éditions Presses de la cité, 22€.

La chronique du tome 1, La maîtresse de Rome ici

La chronique du tome 2, L’impératrice des sept collines ici

MON AVIS :

Les deux tomes précédents avaient été des coups de cœur, celui-ci n’en sera pas un pour bon nombre de raisons. Évidemment, ça reste du Kate Quinn, alors je mentirais en disant que je n’ai pas, globalement, apprécié ma lecture. Malgré tout, je garde un goût amer en bouche, car j’attendais l’histoire des cousines Cornelii, et celle des personnages rencontrés dans les deux autres opus se déroulant plus loin dans le temps, avec impatience.

L’écriture est toujours aussi fluide et le cadre romain bien retranscrit, là n’est pas le problème. Outre cela, le mélange de violence et de frivolité est appréciable, car caractéristique de l’époque. Ce qui pèche principalement, c’est l’alternance de points de vue et l’absence de héros masculin charismatique pour contrebalancer toutes ces voix féminines. À la fois, je dirai que c’est aussi le jeu, puisque l’essence du livre repose sur la vie des cousines Cornelii.

Nous suivons donc les quatre cousines, Marcella l’historienne intrigante, Cornelia l’épouse vertueuse, Lollia la femme objet aux mœurs légères et Diane la sauvageonne qui se passionne pour les chevaux. Les changements de points de vue arrivent sans crier gare, on découvre à quelle cousine on a affaire seulement au bout de plusieurs lignes. Outre ce petit couic de forme, les héroïnes sont assez caricaturales et on ne les apprécie pas toutes… Marcella, qui manque cruellement de crédibilité, passe d’ennuyeuse à imbuvable, et on la suit beaucoup durant le premier tiers du roman du fait de sa position d’observatrice de l’Histoire. Heureusement, les autres, même les plus frivoles, restent agréables à suivre et évoluent bien jusqu’à une fin très satisfaisante.

Dans ce roman, il est beaucoup question de mariage, de veuvage, d’infidélité… Bref, les hommes (comme les empereurs d’ailleurs) sont au centre de l’intrigue en tant qu’accessoires dans le genre « chaises musicales ». Et c’est là que le bât blesse. Les personnages masculins a priori sympathiques, voire même les pseudo méchants, manquent d’envergure au point qu’ils ne nous donnent ni l’envie de soupirer ni celle de les gifler. C’est assez déconcertant tant Kate Quinn nous avait habitués à des hommes plus denses et complexes comme Arius (La maîtresse de Rome) et Vix son fils (L’impératrice des sept collines).

Concernant l’histoire en elle-même, je crois que sans Marcella, ça l’aurait plus fait… Je me suis pas mal ennuyée quand c’est elle que l’on suit et j’ai saturé de ses manipulations politiques peu crédibles par moments. Lepida, la grande méchante du tome 1 à laquelle on a rêvé de rompre le cou, n’est pas près d’être surpassée. Moralité, j’ai nettement préféré suivre les péripéties humaines et sentimentales des autres cousines. Cornelia est une femme loyale, ce qui est rafraîchissant dans ce monde de tromperies. Diane, quant à elle, est la surprise qu’on ne voit pas venir, puisqu’elle reste fidèle à elle-même, mais se dévoile aux yeux de sa famille à la fin. Petit bémol, ceci dit, certaines scènes la concernant, surtout quand cela tourne autour des libertés qu’elle prend dans les courses de chars, ne sont pas du tout crédibles…

Autre point sur lequel j’ai été extrêmement déçue : l’intègre et gentil sénateur Marcus Norbanus. C’est un personnage qu’on a adoré dans les autres tomes et dont on voulait avidement connaître le passé. On le voit à plusieurs reprises, on apprend les épreuves qu’il traverse, mais on ne les vit pas avec lui. C’était, à mon sens, le héros qui avait le potentiel d’équilibrer les points de vue. Quel dommage !

Une déception, donc, pour ce tome situé chronologiquement en amont des deux autres. J’ai apprécié la solidarité féminine, les histoires de cœur des cousines, l’ambiance de la Rome antique, ainsi que, sans conteste, l’écriture. Mais, malheureusement, je n’ai pas du tout adhéré au personnage de Marcella. Et, plus généralement, c’est un texte qui manque d’envergure en comparaison de ce à quoi Kate Quinn nous avait habitués…

Ecrit par Julie

 

La chronique du roman « La maison de l’Arbre joueur » de Lian Hearn

 

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Japon, 1857. Depuis des siècles, le Japon vit replié sur lui-même. Mais, bientôt, il sera contraint de s’ouvrir aux influences étrangères. Les Occidentaux forcent les portes de l’ancien monde. La révolution couve. L’époque des samouraïs est désormais révolue, le pays est à l’aube d’une ère nouvelle. La maison de l’Arbre joueur, dans le domaine du Chôshû, où habitent Tsuru et sa famille, n’est pas épargnée par le vent du changement. La jeune femme rêve de s’affranchir du poids des traditions ancestrales et de suivre les traces de son père en devenant médecin. Elle se trouve alors entraînée dans un monde de subversions, d’intrigues politiques et d’amours interdites. Autour d’elle agissent des hommes puissants et passionnés. Leur slogan est Sonnôjôi : «Vénérez l’Empereur, expulsez les étrangers». Leur méthode est la violence. À travers l’inoubliable destin de Tsuru, symbole de l’émancipation de son pays, l’auteur de la saga best-seller Le Clan des Otori raconte ici une grande histoire d’amour et de guerre, d’hommes et de femmes, dans un Japon fascinant.

Ce livre est sorti en poche aux éditions Folio le 6 mars 2014, 608 pages, 8,40€.

MON AVIS :

N’ayant pas lu la série précédente de l’auteure, Le Clan des Otori, je ne peux pas comparer sa qualité avec celle de ce roman-ci. Il ressort de ma lecture de La maison de l’Arbre joueur qu’elle était sans doute trop complexe pour moi qui suis novice dans tout ce qui concerne l’histoire du Japon, surtout à l’heure des changements amorcés par l’arrivée des étrangers dans le pays et par la division que cela suscite au sein même de ce peuple.

La plume de l’auteure est élégante et poétique dans les descriptions, elle nous immerge parfaitement dans ce cadre qu’on découvre tantôt apaisant avec les paysages délicats et maisons parfumées au thé ainsi qu’aux fleurs typiques, tantôt plus rude avec les batailles et la vie qui devient logiquement plus rude.

Côté personnages, on apprécie la voix principale du roman, Tsuru, la jeune femme possédant un bel esprit, de l’humour et une sagesse inhérente à sa position de fille de médecin. Malheureusement, concernant les autres, hormis ceux qui l’entourent au quotidien, notamment ses parents, son oncle et son mari, on est vite submergé par l’avalanche de noms compliqués qu’on ne parvient pas à retenir, ce qui nous cause bien des soucis pour resituer qui est qui lorsqu’on les retrouve.

Plus généralement, c’est un roman qu’on lit avec plaisir pendant au moins 250 pages grâce au dépaysement qu’il suscite dans notre esprit de lecteur contemporain, puis, malheureusement, comme de plus en plus de protagonistes et de points de vue s’ajoutent, que le rythme se ralentit, on décroche progressivement. D’autant plus, en fait, que l’histoire du Japon à proprement parler s’enclenche, rendant l’ensemble très politique et vraiment complexe à suivre.

Une lecture, donc, de laquelle je ressors mitigée malgré la finesse du style et la galerie agréable de personnages rencontrés, qu’on retienne leur nom ou pas. La qualité du livre n’est finalement pas en cause, je le réalise bien, mais je pense que le roman aurait mérité d’être plus concis, ce qui aurait rendu la lecture moins laborieuse, car plus équilibrée au niveau du rythme. En outre, un récapitulatif des événements clefs de l’époque choisie, des clans induits par l’arrivée des étrangers, aurait été le bienvenu pour ne pas donner l’impression au lecteur qu’il lui manque des fragments entiers de l’histoire pour avancer sereinement dans le quotidien de Tsuru.

NB : Paradoxalement, cette lecture n’aura pas été inutile puisque l’écriture de l’auteure m’a plu au point de me donner l’envie de lire Le Clan des Otori.

Ecrit par Julie