La chronique du roman « Entrez dans la danse » de Jean Teulé

41Uq0Rhkd8L

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s’est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu’à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.
Chronique alsacienne, 1519

Il est sorti le 1 février 2018 aux Editions Julliard.

Mon avis:

Nous sommes à Strasbourg en 1518. La ville fait face à diverses catastrophes, les maladies et la famine, entre autres. Un jour une jeune femme qui habite la rue du Jeu-des-Enfants sort de sa maison avec un nourrisson, elle marche jusqu’au pont où elle jette son enfant dans la rivière. Une fois rentrée chez elle, rongée par la culpabilité, elle ressort dans la rue et elle se met à danser. Très vite d’autres habitants vont la rejoindre et à partir de là commence une farandole mortelle où les gens vont danser jusqu’à la mort…

Jean Teulé est un maître pour découvrir ce genre d’histoire incroyable et pourtant vraie. J’ai été happée par ce récit farfelu conté par le style particulier, mais aimé de l’auteur qui est un mélange de moderne et d’époque. On se pose de nombreuses questions quant à la cause de cette danse macabre comme le maire, les médecins ou le clergé à cette époque. Toutefois, on peut supposer que les personnes ont trouvé ce seul exutoire pour s’évader des drames et de la misère qu’était devenue leur vie. Cette fable dénonce également le côté abusif du clergé et la montée du protestantisme.

Pour conclure :

« Entrez dans la danse » est une chronique alsacienne fascinante, peu connue et qui mérite de l’être.

Publicités

La chronique du roman « Djinn, la maudite » de Jean-Louis Fetjaine

outrefleuve-djinn-fetjaine

1130, Princée d’Antioche – au nord de l’actuelle Syrie. 
Fille du roi Baudouin de Jérusalem, la princesse Alix d’Antioche s’apprête à accoucher en secret de son enfant illégitime, fruit de ses amours avec le connétable Renaud Mazoir. Personne ne doit apprendre cette naissance : sa mère a décidé que l’enfant ne survivrait pas. 
Mais son père, prévenu par ses informateurs, arrive à temps pour le sauver. L’accoucheuse, elle, est sacrifiée, non sans avoir jeté sur Alix une malédiction : l’esprit malin d’un Djinn s’attache désormais à ses pas. 
Mis à l’abri des velléités meurtrières de sa mère, le nouveau-né grandira au sein de la mystérieuse secte des Assassins ; son destin sera lié à celle-ci. Et la princesse maudite, poussée par son ambition dévorante, se voit emportée dans les tourments d’une terre dont l’histoire s’écrit trop souvent dans le sang… 

De Byzance à Jérusalem, d’Alep à Damas, une grande fresque où se côtoient l’histoire et le fantastique, dans le fracas des batailles incessantes entre Turcs, Byzantins et Croisés. 

Il est sorti le 13 avril 2017 chez Fleuve Editions, collection Outre fleuve.

Mon avis:

Nous voilà partis dans le Moyen-Orient du XII siècle à l’époque des croisades. L’histoire se concentre sur Alix, la deuxième fille du roi Baudouin II de Jérusalem, qui est devenue, à vingt ans, régente d’Antioche après le décès de son époux.

Mais voilà, cette dernière met au monde, dans le plus grand des secrets, un enfant illégitime qu’elle décide de tuer. Mais le père de l’enfant, Renaud Mazoir, un connétable de l’une des plus puissantes forteresses de la région, arrive à temps pour le sauver et l’emmener. En même temps, l’accoucheuse  lance une malédiction à la princesse avant d’être tuée. Désormais l’esprit du Djinn n’est jamais bien loin…

Dès lors, se lance une guerre de pouvoir, de territoire, avec des alliances, des trahisons et des manipulations. Jean-Louis Fetjaine nous embarque dans une épopée terrible, dans une lutte fratricide marquée par la religion et les croyances où le destin d’un enfant qui n’aurait jamais dû naître se retrouve lié à des choses qui le dépasseront. Le tout est bien mené avec une plume très prenante, descriptive et l’auteur maîtrise son sujet. Toutefois, je déplore que le côté fantastique ne soit pas plus développé et que certains évènements se déroulent trop rapidement et facilement. En ce qui concerne les protagonistes, j’ai aimé les suivre tous autant qu’ils sont et l’auteur a fait un bon travail au niveau de la psychologie.

Pour conclure :

« Djinn, la maudite » est une fresque historico-fantasy où le côté historique est très prononcé, mené par des figures féminines fortes. J’ai eu plaisir à suivre ce début de saga plein de promesses, au fort potentiel qui nous fait voyager. 

La chronique du roman « Les Héritières de Rome » de Kate QUINN

91ngWab2ptL

En l’an 69, la splendeur de Rome appartient au passé, et tous se disputent les restes de l’Empire. Surtout chez les Cornelii… L’ambitieuse Cornelia s’imagine déjà à sa tête : l’empereur Galba a désigné son époux pour héritier. Et sa sœur, Marcella, passionnée d’histoire, a décidé qu’elle ne s’écrira pas sans elle. Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies et laisse à Lollia, leur cousine, l’occasion de tirer son épingle du jeu – sa petit sœur Diana préférant les courses de char à l’agitation politique. L’histoire est lancée au galop et emporte les quatre héritières. À la fin, il n’y aura cependant qu’un empereur… et qu’une seule impératrice…

Il est sorti le 24 juin 2015 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Après mon coup de coeur pour « La maîtresse de Rome » j’ai tout de suite voulu me plonger dans le prochain tome de cette saga. J’ai décidé de suivre la publication en VO, à savoir que celle-ci positionne « Les héritières de Rome » comme deuxième tome (et non « L’impératrice des sept collines » comme la publication française). 

L’intrigue de « Les héritières de Rome » se déroule en 69 après J.C. (soit avant le premier roman, « La maîtresse de Rome »), durant la période où le titre de César sera accordé à quatre Empereurs successifs. Nous suivons la vie de quatre cousines issues de la famille Cornelii dans cette situation politique instable et très tendue. C’est un roman où se mêlent la passion, l’amour, la trahison, la politique, les complots, l’amitié… L’auteur n’épargne pas ses personnages et on vit à cent à l’heure à leurs côtés. J’ai été happée par le récit du début à la fin, et j’ai lu le roman pratiquement d’un seul tenant. J’ai adoré l’ambiance assez dure du récit, où l’on retrouve les courses de char du Cirque Maxime, le faste des réceptions chez les patriciens, mais aussi le mauvais côté, avec l’horreur des guerres, les affrontements politiques, l’esclavage…

Concernant les personnages principaux, je les ai beaucoup aimées et toutes pour différentes raisons. Kate Quinn a su nous offrir des protagonistes originales, imparfaites et intéressantes car bien travaillées. Globalement, elles ont toutes les quatre un fort caractère et elles ne se laissent pas marcher sur les pieds. Chacune est ambitieuse et les Cornelii savent ce qu’elles veulent, et ce qu’elles ne veulent pas !

J’ai aimé Diane pour sa témérité et son côté garçon manqué. C’est une jeune femme qui a du répondant. Par exemple, ses piques assassines envers sa belle soeur sont excellentes. Quant à Lollia, je ne peux pas dire que j’ai apprécié son caractère, mais je trouve que c’est un personnage marquant, au même titre que Cornelia. Elles mettent toutes les deux un peu de temps à se « réveiller » mais une fois qu’elles prennent leur destin en main, attention à quiconque se mettra en travers de leur chemin. Le seul personnage que j’ai aimé au début, mais que j’ai fini par presque détester, c’est Marcella. Seule sa fin m’a fait ressentir de la pitié pour elle (et aussi parce que j’ai lu « La maîtresse de Rome » avant, et donc je sais ce qui l’attend).

Je trouve que lire ce roman en deuxième est vraiment très intéressant. Certains passages apparaissent comme des clins d’oeils à des évènements de « La maîtresse de Rome » ou à ses personnages (que l’on rencontre, mais plus jeunes). Après, cela n’engage que moi et ce n’est qu’un conseil, vous faites comme bon vous semble 🙂

En somme, « Les héritières de Rome » n’a certes pas été un coup de coeur comme pour « La maîtresse de Rome » (il m’a manqué un petit quelque chose, c’est passé à un cheveu !), mais j’ai tout de même adoré ma lecture. Kate Quinn a une plume prenante et addictive, et elle m’a transportée de la première à la dernière page.

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Blackmoore » de Julianne Donaldson

1507-blackmoore-p_org

La liberté mérite-t-elle de sacrifier son coeur ? En raison d’un lourd secret que Kate Worthington détient depuis des années, celle-ci souhaite ne jamais se marier et rêve de partir pour les Indes. Malheureusement, sa mère a d’autres projets pour elle et l’oblige à conclure un marché : elle pourra y aller si elle parvient à refuser trois demandes en mariage. Kate se rend alors au manoir de Blackmoore où elle retrouve son ami d’enfance, Henry Delafield. Elle demande à ce dernier de l’aider afin de fuir cette vérité qui a, depuis toujours, maintenu son coeur captif. 

Il est sorti le 10 juillet 2015 aux Editions Milady.

Mon avis:

Kate Worthingtona juré de ne jamais se marier. L’exemple de ses soeurs et de sa mère frivole l’a dégoûtée du mariage, elle refuse de se comporter comme les femmes de sa famille. Kate ne rêve que de deux choses : avoir enfin la chance de visiter Blackmoore (la demeure de son ami d’enfance, Henry) et de partir en voyage dans les Indes avec sa tante. La mère de Kate accepte, à condition que celle-ci réussisse à refuser trois demandes en mariage pendant son séjour à Blackmoore. Cela lui prouvera que Kate est déterminée à jamais se marier. Les plans de la jeune femme ne vont pas se dérouler comme prévu.

L’histoire est intéressante, bien qu’un peu mollassonne. Je ne suis pas forcément adepte des retournements de situation à foison en matière de romance historique, mais j’aime au moins me sentir passionnée, ou intriguée, ou intéressée, ou les trois à la fois, par ce que je lis. L’intrigue en elle-même n’est pas mauvaise, mais l’héroïne a malheureusement un peu gâché ma lecture.

Kate est une jeune femme déterminée, mais assez égoïste, et un peu gourde. Elle fait ses choix en fonction d’elle-même, sans se soucier des conséquences pour les autres. J’avoue que j’ai souvent eu envie de lui mettre des baffes… Tout au long du roman, j’ai eu beaucoup de peine pour Henry. Comment ne peut-elle pas se rendre compte de ses sentiments ? Cette situation fait l’histoire du roman, mais elle frôle aussi l’absurdité. C’est ce qui m’a sans doute le plus gênée dans ce livre. Toutefois, j’ai également trouvé Kate très touchante. Quelques personnages lui mènent la vie dure, et j’ai souvent eu envie de prendre sa défense, de crier à l’injustice.

Quant à Henry, c’est un jeune homme qui m’a fait de la peine presque tout au long du roman. Il se languit de la jolie Kate et n’ose jamais franchir le pas. Il est pourtant présent, et tous les signes sont là, mais non, notre héroïne ne voit rien, n’entend rien. Henry est un héros gentil, doux, prévenant et très touchant.

Pour conclure, j’ai été assez déçue par « Blackmoore ». J’en avais entendu tellement de bien que je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel, mais le coup de coeur n’a pas été au rendez-vous pour moi. L’histoire est assez plaisante, mais l’héroïne et son égoïsme ont fini par m’agacer.

Ecrit par Noémie

La chronique du roman « Comme la mer en hiver » de Susanna Kearsley

dsc04416

Lorsque Carrie McClelland, auteur à succès, visite les ruines du château de Slains, elle est enchantée par ce paysage écossais, à la fois désolé et magnifique. La région lui semble étrangement familière, mais elle met de côté son léger sentiment de malaise afin de commencer son nouveau roman, pour lequel elle utilise le château comme cadre et l’une de ses ancêtres, Sophia, comme héroïne. Puis Carrie se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé.

Il sort le 9 octobre 2015 aux Editions Charleston.

Mon avis:

C’est la première fois que je découvre l’un des titres du catalogue des éditions Charleston. J’ai vu plusieurs fois leurs ouvrages chroniqués sur la blogosphère et, souvent, les personnes étaient ravies de ce qu’elles avaient pu lire. Aussi, quand Comme la mer en hiver, m’a été proposé, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion, surtout qu’il était question d’un roman autour de l’Ecosse et de son histoire.

 *

Les révolutions jacobites semblent inspirer de plus en plus les auteurs, comme dans Outlander de Diana Gabaldon ou encore La Rose et la Tour de Fiona McIntosh. Ce qui m’a plus dans le roman de Susanna Kearsley, c’est justement l’aspect historique. Le château de Slains, par exemple, existe réellement et les comtes d’Eroll en furent bien les propriétaires initiales. Nathaniel Hooke, dont il est souvent question, est également un personnage historique ayant existé.

A ces éléments épars de réalité historique, la fiction vient se greffer. Elle vient autant servir le passé véritable que l’inverse. Pour ma part, c’est toujours la preuve d’un grand talent quand l’auteur arrive à brouiller habilement les frontières entre le vrai et ce qu’il a inventé pour écrire son histoire. J’ai aussi l’impression d’avoir appris deux trois petites choses sur cette période comme le rôle joué par les Français, par exemple.

 *

Le livre est divisé en deux parties. J’ai autant apprécié la partie qui se déroule à notre époque que celle qui se déroule lors de la révolution jacobite. Les deux ont un lien et, au début, le lecteur ne sait pas trop s’il s’agit juste de l’imagination du personnage principal qui est une écrivaine de romans historiques ou si elle a vécu au château de Slains dans une vie antérieure. Le lien entre les deux personnages ne venait ps comme un cheveu sur la soupe. Il est amené progressivement, au fur et à mesure des recherches effectuées pour le roman. C’est un aspect qui m’a énormément plu.

 *

Comme la mer en hiver fut une excellente surprise. Malgré quelques longueurs parfois, où j’aurai aimé que l’intrigue avance un peu plus vite car il y a de nombreuses questions dont je voulais les réponses, c’est un roman qui m’a plu. Susanna Kearsley décrit les paysages écossais d’une manière telle que nous avons l’impression qu’ils surgissent devant nous. Elle a également réussi à me faire prolonger ma lecture en allant faire quelques recherches pour savoir où s’arrêtait la réalité historique et où commençait la fiction. 

Ecrit par Avalon

« Reign, t1: La Prophétie » de Lily Blake

817ZggRgaPL._SL1500_

« Depuis que Marie, reine d’Écosse, est enfant, les Anglais convoitent son pays et sa couronne. Elle est envoyée en France pour épouser le futur roi, afin de protéger sa vie et sauver son peuple. Ce mariage doit la préserver de tout danger, mais des forces se dressent contre elle, nées des ténèbres et de l’amour. » Marie a menti à François. Elle savait ce dernier attiré par sa suivante, mais avait choisi de lui cacher sa grossesse. Fou de rage, François part retrouver sa jeune maîtresse, laissant Marie à la merci de sa mère Catherine de Médicis, et d’un peuple tout entier désespéré et ravagé par la peste. Marie a l’impression d’avoir tout perdu. Et peut-être va-t-elle bientôt perdre aussi la vie. Car Nostradamus a fait un nouveau rêve. Un rêve dans lequel Marie ne survivait pas à l’épidémie… Lui reste-t-il encore un espoir ? François lui reviendra-t-il sain et sauf ? Marie parviendra-t-elle à regagner son amour et sa confiance ? « 

Il sort le 5 août 2015 aux Editions Hachette, 16.90€.