La chronique du roman « Miriam Black, tome 1: Blackbirds » de Chuck Wendig

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Miriam Black sait quand vous allez mourir.

Accident de voiture, crises cardiaques, meurtres, suicides, lentes agonies, Miriam a tout vu. Elle possède un don: au contact des gens, elle voit la façon dont ils vont mourir. Elle a bien essayé de sauver certaines personnes, mais elle n’a fait que précipiter leur fin. Aujourd’hui, Miriam évite les foules et mène une vie d’errance…jusqu’à ce qu’elle croise la route de Louis. Elle le voit mourir assassiné dans d’ignobles circonstances, mais surtout, elle le voit mourir en prononçant son nom… Comment Miriam peut-elle être mêlée au meurtre d’un homme qu’elle ne connaît pas ? Cette fois, pourra-t-elle changer le cours du destin sans précipiter la mort de Louis, et provoquer la sienne au passage ?

Il est sorti le 14 mai 2014 aux Editions Panini Books, Collection Eclipse, 18€.

Mon avis:

Miriam Black est une jeune femme unique, paumée et torturée qui vit en marge de la société. Pour cause, depuis des années, elle a une capacité psychique (une malédiction à ses yeux) de connaître le moment et les circonstances exactes de la mort des gens qu’elle touche, avec une clarté troublante.

Miriam sait qu’il y a des règles à respecter et que l’interférence avec le destin n’est pas une option. Elle a déjà essayé de changer les choses, mais cela n’a fait qu’en précipiter la réalisation.

Alors quand Miriam serre la main de Louis, et voit qu’il va mourir tout en appelant son nom, elle se rend compte que cette fois-ci, elle risque de ne pas avoir le choix de s’impliquer…

Le style de Chuck Wendig est visuel, abrasif et audacieux. La narration est au présent, généralement je n’en suis pas fan, mais dans ce contexte cela nous apporte une notion d’urgence et de tension présentes tout le long du récit avec un rythme implacable.

Quant à l’univers, il est sombre, brutal et déroutant, aucun détail ne nous est épargné. D’autant plus que nous voyons tout à travers les yeux de notre héroïne.

Pour ce qui est de l’intrigue, elle commence juste sur la découverte du déroulement de la vie de Miriam, celle-ci se complexifie avec la rencontre d’Ashley, un arnaqueur avec une mallette étrange, qui lui fera du chantage. Dès lors, elle tombe en enfer quand deux assassins, cruels, psychopathes et mal assortis, sont à ses trousses, ils travaillent pour un homme des plus dangereux.

En parallèle, se poursuit sa course contre la montre pour tenter de sauver Louis, cet homme qui l’aura déstabilisé par bien des manières. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas ressenti un minuscule intérêt pour quelqu’un.

En tout cas, Chuck Wendig joue habilement avec nos nerfs, on flirte avec la mort à chaque page et dans chaque mot. Heureusement que pour alléger le tout l’auteur apporte une touche d’humour noir.

En ce qui concerne les protagonistes. Ils sont géniaux, les gentils comme les méchants. On adore les suivre. Ils sont bien développés, on perçoit bien dans chacun leur motivation dans leurs choix et actes.

Quant à Miriam, c’est un rôle mémorable à la personnalité complexe, aux multiples facettes et émotionnellement profond. Elle aime mentir et jurer comme un charretier. Elle est sujette aux mauvaises décisions, mais on perçoit une lueur d’espoir pour elle à la fin.

Quant à son pouvoir, il nous reste de nombreuses zones d’ombres et suscite des questions intéressantes. Est-elle atteinte de folie ? A-t-elle à faire à une entité ? Et qu’elle est la nature de son pourvoir et les possibilités ?

Pour conclure :

« Blackbird » est un roman fantsico horrifique caustique, rugueux et sanglant. On ne fait pas dans la dentelle. Chuck Wendig nous offre un récit déconcertant, singulier et mémorable avec une héroïne atypique, endommagée, étrange et pourtant attachante.

J’ai hâte de lire la suite des aventures de Miriam. Hautement recommandé !