Entretien avec l’auteure de la saga  » Les sentinelles de l’ombre « : J. Arden !

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1/ Est-ce que tu peux te présenter rapidement pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?

Je suis l’auteure de la série d’urban fantasy Les sentinelles de l’ombre publiée chez Rebelle Éditions depuis octobre 2013. J’aime les films de super-héros, Sherlock Holmes (version BBC, please!), les romans épiques pleins de magie, Orgueil et Préjugés, les belles histoires d’amour et les jolis frissons qui vont avec (xD), les M&M’s, les glaces (menthe copeaux de chocolat *_*)… Plutôt hiver qu’été, plutôt chocolat que fraise, plutôt jean que jupe, plutôt soirée tranquille que grosse fiesta, plutôt pays anglophones qu’îlots paradisiaques, plutôt grizzly que bisounours… Plus généralement, j’ai 27 ans, je suis toulousaine, je prépare un concours le jour et je suis réceptionniste dans un hôtel la nuit. Drôle de super-héros, je vous l’accorde lol À côté, je passe donc beaucoup de mon temps libre à écrire et à délirer avec les copines sur nos découvertes en tous genres (souvent portées sur des héros appétissants, j’avoue).

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 2/ Comment est née chez toi l’envie d’écrire un roman ?

Vers 22 ans, je me suis remise à lire autre chose que des manuels de droit et, après avoir découvert Twilight, je me suis dit que je lirais bien des romans de vampires. J’étais fan de Buffy, après tout, c’était donc un peu un retour aux sources. Quelques recherches sur le net plus tard, je me suis inscrite sur mon premier forum qui avait pour but de promouvoir le roman d’une jeune auteure. Comme elle était prise par ses études, plusieurs membres se sont mis à écrire pour divertir. J’ai rejoint le mouvement et je me suis rendu compte que je voulais aller au bout de l’écriture de l’histoire d’Anya sans savoir exactement où ça me mènerait. J’ai fini d’écrire le tome 1 en mode boulimique juste après mon stage de fin d’études et il est parti dans un tiroir pendant plus d’un an… J’ai plutôt eu l’impression d’écrire le début d’une histoire qu’un roman à proprement parler, car mon idée, c’était juste de coucher la vie d’Anya, pas franchement de la transformer en version reliée vendable 😀

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 3/ Qu’est-ce qui t’a décidée à sauter le pas d’être publiée ?

J’ai mis du temps avant de réaliser que l’édition, c’était quelque chose d’accessible. Il y avait des mouvements d’auteurs œuvrant dans ce sens, bien sûr, mais, dans ma tête, on ne devenait pas écrivain du jour au lendemain, alors je ne me suis pas vraiment penchée sur cette possibilité. Je crois que ça a été l’affaire de belles rencontres me concernant. Il a fallu des gens pour me donner confiance et m’enfoncer dans le crâne que non, je n’étais pas l’auteure que d’un livre comme je le craignais. Je pense, notamment, à celle que je nomme « ma marraine d’édition » : Sophie Jomain. Si elle n’avait pas cru autant en mon texte, plus particulièrement en mes loups et en ma façon de les traiter qui lui rappelait Noss Head, eh bien, je pense qu’il y aurait eu des chances pour que ma série soit restée définitivement dans un tiroir. Il y a eu une autre rencontre décisive, celle avec ma bêta lectrice, un phénomène de 74 ans qui m’a sacrément boostée. Mais la décision finale, c’est moi qui l’ai prise. Je voulais partager Anya avec les gens, qu’elle existe en dehors de ma tête et de mon cœur 🙂

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 4/ Comment s’est passée la recherche d’un éditeur ?

On vit une époque vraiment sympa, je trouve, avec tous ces petits éditeurs passionnés qui font du beau boulot (Rebelle, Chat Noir, Le Petit Caveau…). Ils ont rendu l’édition plus ouverte en acceptant de parier sur des auteurs francophones débutants. Grâce à eux, la recherche d’un éditeur s’est bien passée. C’est un long processus, mais ça laisse le temps de se faire à l’idée et de se secouer pour continuer d’écrire. Évidemment, ça ne m’a pas empêchée d’actualiser ma boîte mails plusieurs fois par jour dans l’espoir d’y trouver une réponse favorable lol

 5/ Parle-nous de ton livre. De son univers, de ses personnages.

Je n’aime pas les cases en littérature et dans la vie en général. J’ai du mal à coller l’étiquette ‘urban fantasy’ sur ma série, car chacun en a une définition bien spécifique et des attentes afférentes tout aussi spécifiques. Les sentinelles de l’ombre raconte l’histoire d’Anya, une hybride, moitié loup moitié vampire, qui a été élevée dans la communauté vampirique qui a la mainmise sur toute cette race. Il se trouve que cette communauté est dirigée par la mère de mon héroïne. Un jour, son côté loup s’affirme et elle se retrouve obligée de se rendre à San Francisco dans la meute de son père qu’elle n’a jamais connu. L’univers en lui-même est contemporain, et dans le cadre urbain, et dans le cadre émotionnel. Mon héroïne se cherche, elle est partagée entre ses deux natures, elle veut être aimée, mais n’a connu qu’un climat de violence et de haine. Il est beaucoup question d’amour, qu’il soit fraternel ou plus charnel. La mythologie égyptienne sert de fondements à l’univers, même s’il ne se réduit pas à ça. Je revisite les origines des deux créatures, vampires et loups, et je mêle les destins de quantité de personnages liés à des dieux différents. Si mes dieux sont assez manichéens, j’aime à penser que ce n’est pas le cas de mes personnages. L’ambiance générale est plutôt sombre, ténébreuse dans les émotions, mais il faut dire que j’aime assez exploiter la cruauté et la face sanglante du mystique.

 6/ Si tu étais un personnage de ton roman, lequel serais-tu ? Et pourquoi ?

J’aime vraiment tous mes personnages et, comme j’espère que ça se verra dans le tome 3, je prends plaisir à être dans la tête de bon nombre d’entre eux. Ceci dit, j’apprécie particulièrement Aidan Livingston, la seule sentinelle (serviteur de Maât, la déesse de l’Équilibre) qu’Anya est amenée à fréquenter. Il est à la croisée des mondes puisqu’il est unique en son genre. C’est une sentinelle, donc, et aussi un vampire, une créature normalement affiliée à Seth. Aidan a près de 400 ans (vie humaine incluse). J’apprécie sa complexité, la légèreté qu’il apporte de par son humour et, a contrario, cette espèce de sagesse qu’il communique malgré lui à mon héroïne. Je pense que c’est le personnage le plus nuancé de mon histoire ; il est très gris et ça se ressent dans les dialogues. Il faut toujours lire entre les lignes avec lui. Si ses intentions se révèlent au fil des tomes, il n’y a pas d’évolution fondamentale dans son caractère. C’est déjà un homme accompli et endurci. C’est malgré tout le personnage qui m’échappe le plus tant il est difficile de prévoir ce qu’il va dire. Ce n’est pas désagréable, ceci dit 🙂

 7/ Tes personnages sont-ils totalement sortis de ton imagination ou te bases-tu sur des personnes réelles (proches, célébrités) ?

Comme tous les auteurs, je pense que, inconsciemment, je pioche dans les personnalités des gens que je fréquente ou que j’ai fréquentés ou même seulement rencontrés brièvement. Il y a un seul personnage pour lequel je me suis consciemment inspirée de quelqu’un que je connais côté physique et côté personnalité : Eileen, la matriarche des filles d’Isis. Ma bêta lectrice ne peut pas renier la ressemblance lol Sinon, physiquement, il m’arrive de piocher dans des détails physiques d’acteurs parce que j’aime bien regarder des photos pour décrire et cerner des expressions particulières. Les yeux de Kyle, un loup de la meute d’Anya, se rapprochent de ceux de Jensen Ackles (Dean dans Supernatural). Ensuite, plus récemment, Göran, un fils d’Osiris, ressemble largement à Michael Fassbender (Magneto dans X-Men : Le commencement) 😉

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 8/ As-tu de nouveaux projets en ce moment ?

Des projets, oui. Plusieurs. Beaucoup trop même lol Mais je me consacre exclusivement à Anya, ces temps-ci. Je vais achever l’écriture du tome 3, Les Chaînes du Passé, d’ici fin septembre et attaquer le 4, Le Chant de Meute, courant octobre. Après, je compte faire une pause et m’offrir ce que j’appelle une récréation : un one-shot ! Ce sera une romance érotique assez dramatique, je pense. Je reviendrai, par contre, sur Anya 5 juste après, histoire de respecter des délais sympas pour les lecteurs. J’ai une autre série en cours dont j’ai écrit le tome 1 en 2012. C’est très différent d’Anya au regard du style (plus élaboré et ironique), du contexte et de l’héroïne puisque l’histoire se déroule à l’époque victorienne. Il s’agit de fantastique, la brume londonienne m’a toujours fait rêver. Arf, je suis en train de me relancer en décrivant la chose, alors que je m’interdis d’y revenir parce que je ne veux pas cumuler trop de séries, je trouve ça difficile à gérer.

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 9/ Pourquoi avoir choisi ce genre ?

Pourquoi l’urban fantasy ? Au début, je ne me suis pas vraiment posée la question du genre. Tout ce qui était « technique », je ne voulais rien savoir, je faisais déjà des études, alors les contraintes… Je voulais juste écrire sur les vampires et les loups (à noter que je suis devenue une pro-loup en cours de route lol) et raconter l’histoire d’une héroïne abîmée à l’intérieur, mais dotée d’une grande capacité de résilience. Il se trouve que ma tendance à aimer les beaux mâles et l’humour m’a classée dans cette catégorie xD Une fois, une personne m’a dit : « c’est fou, tu as mis tous les codes bit lit dans ton texte. » Je suis une grande lectrice de bit lit maintenant, mais à l’époque où l’histoire d’Anya s’est dessinée, je n’avais pas lu grand-chose.

 10/ Pour tes écrits, où cherches-tu ton inspiration ?

Bonne question. Si je réponds : partout et nulle part, est-ce que ça aide ? 🙂 J’ai passé mon enfance devant la télé à regarder tout et n’importe quoi. La télé était ma meilleure amie et elle a contribué à faire mon éducation, ce qui fait que j’ai des références tv enracinées dans mon esprit, et pas que des références dont je peux me vanter en société lol J’aime énormément les scènes grandioses où il y a plein de détails visuels à glaner. Je n’ai pas une âme d’artiste, mais j’apprécie les jolis mélanges de couleurs, les mouvements de caméra et la poésie des images qui peuvent parfois déclencher des émotions puissantes en chacun de nous. On dira que la Pop-culture (séries et films) constitue ma principale source d’inspiration.

 11/ As-tu des habitudes qui t’aident à écrire ?

La musique classique m’accompagne pendant la rédaction à proprement parler. Et une bande-son différente, composée de chansons avec des paroles qui me parlent et/ou des rythmes qui m’emportent, m’accompagne dans ce que j’appelle la phase « laissons émerger le chapitre » 😀 Je me mets en condition psychologique. Je gonfle mon moral pour passer en mode warrior ou, au contraire, je m’écorche l’âme pour saigner sur le clavier. Sinon, je bois du café ou du thé, j’ai besoin de m’hydrater le cerveau régulièrement et, hum, ô malédiction, j’adore les M&M’s… Je ne peux écrire que chez moi, en solitaire, quand je sais que j’ai plusieurs heures d’affilée devant moi pour rester immergée dans mon texte. J’écris aussi très bien dans le Périgord, chez ma bêta lectrice, là où je suis « comprise » quand je passe en mode oursonne.

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12/ En tant qu’auteure, tu aurais aimé écrire quel roman ?

En fait, la plupart des livres que j’ai adorés, je n’aurais pas voulu les écrire, car je n’aurais pas pu les savourer comme une simple lectrice. Il y a néanmoins une trilogie que j’aurais aimé écrire tant c’est une réussite à tous les niveaux. Elle est d’une complexité qui me fait parler de génie littéraire et qui me rend envieuse de tout ce talent. Il s’agit de La Trilogie de l’Empire de Raymond E. Feist et Janny Wurts. C’est de la fantasy japonisante et politique avec des tableaux visuels époustouflants qui raconte l’ascension fulgurante d’une jeune femme d’un clan au bord de la disparition et qui, à coups de manœuvres politiques, va se hisser aux sommets de l’Empire. L’héroïne a une force incroyable et on suit sa vie sur plus de vingt ans de drames et d’amour. La dimension familiale m’a énormément parlé aussi, il faut l’avouer.

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13/ D’ailleurs, es-tu en premier lieu une lectrice ou as-tu toujours été auteure ?

Une lectrice. Je ne sais pas si j’écrirai jusqu’à la fin de ma vie, mais je mourrai lectrice, c’est certain 🙂

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14 / Quelle perle souhaiterais-tu faire découvrir à nos lecteurs ?

Les chroniques de MacKayla Lane de Karen Marie Moning, la série d’urban fantasy qui a changé ma vie de lectrice à tout jamais ! Dublin plein de faes, des monstres dans l’ombre, une héroïne attachante et un Barrons (oui, c’est une race limitée à un seul exemplaire) pour vous apprendre à vous passer de respirer en sa présence. LISEZ ! RELISEZ ! Mais bon sang, faites quelque chose ! lol

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15 / Quel est le livre que tu as honte de ne pas avoir lu ?

Je n’ai honte de rien en littérature, pas plus de ce que je lis que de ce que je n’ai pas encore lu alors que c’est « incontournable ». Je pars du principe que si je n’ai pas lu quelque chose, c’est juste une histoire de rendez-vous manqués. Un jour, certainement quand ma filleule sera en âge de les lire (elle a deux ans et demi, on a de la marge lol), je rattraperai mon retard et lirai les Harry Potter pour le plaisir de les découvrir en binôme avec ma crevette.

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16 / Quelle est ta première grande découverte littéraire ?

Les chroniques de MacKayla Lane… J’ai vraiment ressenti que c’était ma vie qui se jouait dans les rues de Dublin et, détail non négligeable, je suis tombée amoureuse de Barrons à chacune de ses apparitions. Une grande découverte littéraire, c’est ça pour moi : un roman qui efface la réalité et nous propulse dans un ailleurs qui devient comme une prison le temps de la lecture.

 17/ Quel métier tu rêvais de faire étant enfant ?

Franchement, j’étais assez carpe diem quand j’étais enfant. Je rêvais plus que je ne me projetais dans le temps. Je rêvais d’être heureuse tout simplement.

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 18/ Tu lis quoi en ce moment ?

Je relis Le Chardon et le Tartan de Diana Gabaldon puisque la série adaptée, Outlander, est diffusée en ce moment sur nos petits écrans *_* Encore quelque chose à découvrir si ce n’est pas déjà fait…

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19/ Par quoi souhaiterais-tu terminer par cet entretien ?

Puisqu’on est chez True Blood Addict, je suppose qu’il est possible d’avoir les coordonnées du gérant du Fangtasia, non ? Vous savez : un grand viking blond avec des yeux magnétiques ? 😉

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Merci à J. Arden d’avoir pris le temps de répondre à nos (nombreuses) questions !

Vous pouvez retrouver sa page facebook ici .

Les chroniques du T1 & 2 de sa saga « Les sentinelles de l’ombre ». 🙂

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2 réflexions sur “Entretien avec l’auteure de la saga  » Les sentinelles de l’ombre « : J. Arden !

  1. roche 10 décembre 2015 / 13:45

    on veut tous savoir ou vous en êtes de 4 Emme tome qui sur book di qu’il est déjà sorti en France

    • Fangtasia 10 décembre 2015 / 15:42

      Il sortira en france début d’année prochaine, vers le mois de mars.

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