La chronique du roman « En ce lieu enchanté » de Rene DENFELD

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Dans les entrailles d’une prison, un monde de parpaings et de barreaux, un condamné à mort attend son heure. Il ne parle pas, n’a jamais parlé, mais du fond de sa cellule, il observe le monde merveilleux qui l’entoure où des chevaux d’or courent dans les profondeurs de la terre, des petits hommes frappent les murs de leurs minuscules marteaux, et des oiseaux de nuit duveteux choient du firmament. Il observe le prêtre déchu qui porte sa croix en s’occupant des prisonniers, le garçon aux cheveux blancs qui arrive là, seul et vulnérable, et les monstres, ces détenus et gardiens qui peuplent les moindres recoins. Il observe « la dame », déterminée à sauver la vie de l’un des condamnés, qui a pourtant choisi de mourir. Il danse avec la prison, dont il connaît chaque génie invisible. Chaque beauté secrète. La poésie. Et l’enchantement.

Il est sorti le 21 août 2015 chez Editions Fleuve, 18.50€.

Mon avis:

Le lieu enchanté est une prison vue à travers le regard d’un condamné à mort anonyme. Craintif et reclus, il sent et voit ce que les autres ne peuvent pas distinguer. Il s’échappe des limites de sa cellule tout en se tissant des histoires fantastiques avec ce qui l’entoure.

À travers ses mots, il nous brosse le portrait des personnes qui construisent son monde. Leurs vocations, leurs crimes, mais pas seulement. Il nous dit aussi pourquoi et comment ils en sont arrivés là.

Nous suivons la dame, une enquêtrice qui essaye de trouver des circonstances atténuantes pour leur faire éviter la peine de mort. Elle s’intéressera à York, un condamné qui ne veut pas être sauvé et dont l’exécution est prévue pour dans trois mois.

On fait la connaissance du prêtre déchu qui porte sa croix et qui cherche son chemin tout en essayant de soulager les âmes des prisonniers. Ainsi que du garçon au cheveu blanc, désemparé dans ce monde de violence et de haine qui va le briser.

Tout ces personnages sont endommagés par la vie. Ils ont des cicatrices et même des regrets pour certains.

Rene Denfield nous dépeint, avec sa prose magnifique et poétique, un univers carcéral sordide, où se mêlent corruptions, drogue, meurtre, brutalité en tout genre (physique et psychologique) dans une atmosphère de mort banalisée. Elle dénonce également les ravages pénitenciers.

L’auteur nous fait connaître l’histoire de ces condamnés du couloir de la mort. Elle parvient à faire l’impensable. A savoir, nous faire éprouver de la compassion pour certains détenus et nous les faire voir comme des êtres humains, et non comme des monstres.

De ce fait, pendant tout le roman, cela nous pousse à la réflexion sur le bien fondé de la peine capitale. Peut-on se permettre de fermer les yeux sur ce qu’il se passe dans le milieu carcéral ? A-t-on le droit de tuer en toute impunité, car la loi est de notre côté ?

Cela demeure un vaste débat qui fait toujours rage et qui, à mon avis, n’est pas près de trouver une réponse…

Pour conclure :

Rene Denfeld nous offre un roman profond, puissant, touchant et dérangeant, où la beauté et l’horreur marchent main dans la main.

À lire !

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