La chronique du roman « La fille au revolver » de Amy Stewart

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Une nouvelle série inédite mettant en scène la toute première femme shérif des États-Unis ! Constance Kopp n’entre dans aucun moule. Elle surpasse en taille la plupart des hommes, ne trouve aucun intérêt dans le mariage ou les affaires domestiques, et a été isolée du monde depuis qu’un secret de famille l’a reléguée, elle et ses deux sœurs, dans la clandestinité. Un jour, le propriétaire d’une fabrique de soie, belliqueux et puissant, renverse leur carrosse au volant de son automobile… Et ce qui n’aurait dû être qu’un banal litige se transforme en une bataille rangée avec une bande de voyous habitués au chantage et à l’intimidation. Mais elle pourra compter sur l’aide d’un shérif progressiste qui, dans l’Amérique puritaine de ce début de siècle, n’hésitera pas à lui confier un revolver et une étoile.

Ce livre est paru le 4 mai 2016 aux éditions 10 18, 480 pages, 8,80 euros.

MON AVIS :

La fille au revolver est un roman que j’ai principalement apprécié pour sa narration agréable et pour les trois sœurs Kopp : Constance, Norma et Fleurette. J’ai plus eu l’impression de lire un récit familial qu’une enquête policière à proprement parler. En soi, c’est assez normal puisqu’il s’agit là d’un tome introductif qui vise à expliquer comment le shérif Heath a décidé de nommer Constance, l’aînée des sœurs, shérif adjointe.

J’ai pris plaisir à suivre les trois sœurs dans leur quotidien isolé, elles ont chacune des traits de personnalité bien marqués. Constance et Norma sont plus masculines, la première jouant les fortes têtes volontaires, la seconde étant assez butée et plus taillée pour s’occuper de ses pigeons que pour fréquenter des humains. Fleurette est l’élément détonant du trio ; elle est fraîche, inconsciente et féminine. C’est d’ailleurs plus elle que nous évoque la couverture. L’organisation de cette famille est atypique pour l’époque puisque leur grand frère vit en ville, loin de la maison de campagne que toutes trois occupent. Elles militent pour leur indépendance et on ne peut que les admirer pour cela.

C’est donc sans conteste un roman sympathique pour les protagonistes, même les secondaires, notamment le shérif qui nous plaît d’emblée avec son ouverture d’esprit. Le souci qu’on relève néanmoins concerne la structure du scénario qui démarre pourtant fort bien au début avec la confrontation entre Constance et Kauffman, le sale type par excellence. Par la suite, les sœurs Kopp sont harcelées et j’ai trouvé les événements assez redondants entre les lettres de menace, les briques et les guetteurs postés devant chez elles. Le roman aurait mérité d’être plus court et de s’appuyer sur une véritable gradation de la violence, plutôt que sur une accumulation de faits similaires noyés dans le quotidien, et que l’on arrive vite à relativiser grâce à l’investissement du Shérif Heath et de son équipe.

Constance mène une enquête parallèle à celle du harceleur qui lui permet, à n’en pas douter, de développer des contacts pour la suite de ses aventures, mais les rappels concernant cette seconde affaire ressurgissent de manière trop éparse pour qu’on dépasse le statut de l’accessoire. Elle n’a finalement pour but principal que celui de connaître le passé de l’héroïne qui, pour le coup, nous est révélé avec surprise et émotion au bout de plusieurs chapitres. C’est à partir de ce moment précis qu’on s’attache réellement à cette jeune femme qui porte en elle une blessure secrète, que l’auteur continue de partager avec des chapitres flashbacks bien menés.

Un roman intéressant pour ses personnages, le cadre historique développé ce qu’il faut (notamment en termes de procédure juridique), mais qui aurait, selon moi, pu facilement être raccourci sans altérer sa substance. Le rythme s’en serait positivement ressenti ainsi que le sentiment d’oppression face au harceleur des sœurs. Je lirai la suite avec curiosité pour voir comment Constance s’affirme et se débrouille aux côtés du shérif Heath.

Ecrit par Julie

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