La chronique du roman « Derrière les panneaux, il y a des hommes » de Joseph Incardona

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Pierre a tout abandonné, il vit dans sa voiture, sur l’autoroute. Là où sa vie a basculé il y a six mois.
Il observe, il surveille, il est patient.
Parmi tous ceux qu’il croise, serveurs de snack, routiers, prostituées, cantonniers, tout ce peuple qui s’agite dans un monde clos, quelqu’un sait, forcément.
Week-end du 15 août, caniculaire, les vacanciers se pressent, s’agacent, se disputent. Sous l’asphalte, lisse et rassurant, la terre est chaude, comme les désirs des hommes.
Soudain ça recommence, les sirènes, les uniformes.
L’urgence.
Pierre n’a jamais été aussi proche de celui qu’il cherche.

Il est sortie le 9 février 2017 aux Editions Pocket.

Mon avis:

On suit Pierre Castan, ancien médecin légiste. Il a tout abandonné le jour où sa petite fille a disparue. Son couple est au bord de l’implosion. Sa femme est dépressive, et lui, il vit depuis six mois dans sa voiture en sillonnant les aires d’autoroutes. Il ne peut se résoudre à quitter l’aire où sa fille a été enlevée. Depuis six mois, il analyse et décortique le microcosme des aires d’autoroutes. Jusqu’au jour où un nouvel enlèvement à lieu, Pierre est présent et il est prêt pour la chasse…

« Derrière les panneaux, il y a des hommes » est un roman très noir, tragique, sans joie ni espoir, ainsi qu’une satyre social narrée par un style concis, nerveux et corrosif. Les phrases sont courtes ce qui donne un rythme assez haché de la lecture. Cela risque de gêner certains lecteurs au début, c’est assez déconcertant, mais finalement cela va très bien avec le récit. On se laisse facilement embarqué par cette histoire sombre et angoissante où la frontière est fine entre le bien et le mal.

Joseph Incardona nous livre plus qu’un thriller dans ce huis clos particulier. Il nous dresse le portrait de gens authentiques, que ce soit employés ou voyageurs. Ils sont vulnérables de bien des manières surtout dans ce monde égoïste et déshumanisé. On voit leurs failles, leurs doutes, leurs espoirs et comment l’obsession et la vengeance peut redonner à l’homme son côté animal.

Quant à l’intrigue, elle est bien menée même si l’on sait que tout est perdu d’avance. Mais l’auteur arrive à nous maintenir éveillé, car l’on veut savoir comment tout cela va se terminer.

Pour conclure :

« Derrière les panneaux, il y a des hommes » est un livre obscur et prenant, avec des personnages tourmentés. C’est un vivier de réflexion sociale à la narration atypique qui donne une saveur si particulière à ce roman. À découvrir.  

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