La chronique du roman « L’impératrice des sept collines » de Kate Quinn

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Empire romain, Ier siècle de notre ère, sous le règne de Trajan. Fougueux et obstiné, Vix, jeune gladiateur à la retraite, revient à Rome afin d’y faire fortune. L’insaisissable Sabine est la fille d’un sénateur en quête d’aventure. Tous deux se connaissent depuis l’adolescence, et nourrissent une passion réciproque. Mais si elle aime s’amuser avec le beau Vix, Sabine rêve d’un grand destin, ce que Vix ne pourra jamais lui offrir, contrairement à Hadrien, le futur empereur, auquel elle est promise. Alors que Rome se prépare à de grands changements, les deux amants, happés chacun de son côté par le tourbillon de l’histoire, sauront-ils se retrouver ?

Il est sorti le 4 juillet 2013 aux Editions Presses de la Cité, 537 pages, 22€.

MON AVIS :

Après avoir eu un énorme coup de cœur pour le tome 1 de cette saga, La Maîtresse de Rome, j’attendais cette suite avec une impatience peu commune ; le précédent opus avait placé la barre tellement haut qu’elle en était devenue aussi effilée qu’un glaive, prête à cisailler méchamment le moindre défaut. Je suis soulagée de pouvoir dire que la lame est restée tout du long dans son fourreau tant j’ai encore une fois été happée par ce roman historique, mais pas indigeste, qui mêle habilement événements passés et part de fiction empreinte d’un sentimentalisme parfaitement maîtrisé. Le cadre familial est l’une des forces de cette série, c’est indéniable, et on est souvent en alerte maximale tant la moindre vexation peut faire naître une rancœur mortelle.

L’écriture est d’une fluidité extraordinaire, le contexte retranscrit ce qu’il faut, les personnages sont toujours attachants, et l’auteure a un véritable don pour mettre en avant, le moment venu, même les protagonistes secondaires qui nous séduisent d’emblée. On dirait que Kate Quinn exauce nos vœux les plus chers, qu’elle anticipe nos trépignements derrière le livre en réussissant à nous surprendre dans la mise en œuvre de son scénario.

Ce tome 2 est à la fois semblable et différent, dans le sens où nous retrouvons la même ambiance passionnelle faite de désir et de trahison retranscrite, cette fois, par des voix bien différentes de celles du premier opus. Outre cela, l’auteure nous offre un récit qui délaisse le monde des gladiateurs pour s’intéresser à celui des légions, l’épique prenant une allure différente qui correspond mieux à la personnalité de Vercingétorix dit Vix, le fils de Thea et Arius, qui avait déjà un tempérament volcanique et désinvolte. On le voit évoluer sur une période de douze ans, le sale garnement qui n’a pas encore grandi, et qui est dangereusement inconscient, devenant un homme, un vrai.

Comme à son habitude, Kate Quinn alterne les points de vue, et nous suivons donc Vix grâce à un « je » très frais et direct, tandis que les autres protagonistes, dont Sabine, voient leurs pensées exposées à la troisième personne. Les chapitres sont tantôt courts, tantôt plus longs, tout dépend de l’information délivrée, le trait n’est pas forcé, l’auteure se contente de donner/révéler avec parcimonie.

L’histoire d’amour qui se dessine ici est surprenante car peu conventionnelle mais en accord avec l’état d’esprit des deux amants, Sabine et Vix. Encore une fois, ceux que l’amour a réunis sont séparés, mais contrairement à Thea et Arius, ce sont leurs choix, leurs envies contradictoires, qui les éloignent l’un de l’autre, le destin les réunissant sans cesse, permettant au lecteur d’appréhender toutes les facettes du lien qu’ils partagent.

L’histoire d’amour n’étant pas au cœur de l’intrigue, un point très appréciable, on a encore droit à des intrigues politiques qui visent à assurer la succession de l’empereur Trajan, un monarque charismatique et expansif. Mariages arrangés et faux-semblants sont de la partie, et ce qu’il y a de plus réussi, à mon sens, c’est le fait que les « méchants » ne soient pas manichéens (notamment l’impératrice belle-mère nocive), qu’ils se révèlent par touches. Il y a sans cesse des revirements, les protagonistes avançant sur un fil instable pouvant céder d’un moment à l’autre. Leurs destins semblent tracés, mais on avance pas à pas sans anticiper vraiment la fin.

Il y a toujours un personnage qui me touche plus particulièrement, et ici succède à Marcus, le patriarche intègre faiseur d’empereurs, le jeune Titus, érudit au grand cœur, un héros sans prétention que sa simplicité va propulser haut dans les sphères du pouvoir.

Tandis que nos deux héros mènent des vies tumultueuses, assumant des choix qu’ils regrettent amèrement, d’autres dans leur sillage font leur bonhomme de chemin plus paisiblement, mais quoi qu’il en soit, ils se retrouvent tous unis sur la fin, après les années de guerres, de voyages, de déceptions, pour assister à l’achèvement d’une époque, laissant le lecteur dans l’expectative à cause d’une anticipation qui annonce une suite trépidante.

PS 1 : Le tome 1 est sorti en poche chez Pocket au prix de 8,40€.

PS 2 : Pour ceux qui se demandent si on revoit Arius et Thea, on en entend seulement parler, mais ce qu’on apprend nous réchauffe le cœur.

PS 3 : Concernant la suite, elle ne semble pas encore écrite. Ô désespoir…

Ecrit Julie

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