La critique du roman « Les héritières de Rome » de Kate Quinn

 

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Élégante et ambitieuse, Cornelia, l’aînée de la famille, incarne la parfaite épouse romaine. Lorsque l’empereur Galba choisit son mari pour héritier, elle se voit déjà impératrice. Sa sœur, Marcella, se passionne pour l’histoire et consacre ses journées à l’écriture.

Lollia, leur cousine, se marie et se remarie au gré des valses du pouvoir, garantissant ainsi la sécurité des siens et s’assurant les faveurs des puissants. Sa petite sœur, Diana, n’a quant à elle d’yeux que pour les chevaux et les courses de chars.

Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies : Cornelia voit ses rêves brisés, tandis que Lollia devient la première dame de l’Empire ; Diana se renferme encore plus, au contraire de Marcella, qui se découvre un goût pour l’intrigue. Dorénavant, il n’est plus question pour elle d’observer l’histoire en marche, mais d’y participer, pour le meilleur et pour le pire.

Mais, à la fin, il ne peut y avoir qu’un empereur… et une seule impératrice. Les quatre cousines l’apprendront à leurs dépens.

Il est sorti le 12 juin 2014 aux Éditions Presses de la cité, 22€.

La chronique du tome 1, La maîtresse de Rome ici

La chronique du tome 2, L’impératrice des sept collines ici

MON AVIS :

Les deux tomes précédents avaient été des coups de cœur, celui-ci n’en sera pas un pour bon nombre de raisons. Évidemment, ça reste du Kate Quinn, alors je mentirais en disant que je n’ai pas, globalement, apprécié ma lecture. Malgré tout, je garde un goût amer en bouche, car j’attendais l’histoire des cousines Cornelii, et celle des personnages rencontrés dans les deux autres opus se déroulant plus loin dans le temps, avec impatience.

L’écriture est toujours aussi fluide et le cadre romain bien retranscrit, là n’est pas le problème. Outre cela, le mélange de violence et de frivolité est appréciable, car caractéristique de l’époque. Ce qui pèche principalement, c’est l’alternance de points de vue et l’absence de héros masculin charismatique pour contrebalancer toutes ces voix féminines. À la fois, je dirai que c’est aussi le jeu, puisque l’essence du livre repose sur la vie des cousines Cornelii.

Nous suivons donc les quatre cousines, Marcella l’historienne intrigante, Cornelia l’épouse vertueuse, Lollia la femme objet aux mœurs légères et Diane la sauvageonne qui se passionne pour les chevaux. Les changements de points de vue arrivent sans crier gare, on découvre à quelle cousine on a affaire seulement au bout de plusieurs lignes. Outre ce petit couic de forme, les héroïnes sont assez caricaturales et on ne les apprécie pas toutes… Marcella, qui manque cruellement de crédibilité, passe d’ennuyeuse à imbuvable, et on la suit beaucoup durant le premier tiers du roman du fait de sa position d’observatrice de l’Histoire. Heureusement, les autres, même les plus frivoles, restent agréables à suivre et évoluent bien jusqu’à une fin très satisfaisante.

Dans ce roman, il est beaucoup question de mariage, de veuvage, d’infidélité… Bref, les hommes (comme les empereurs d’ailleurs) sont au centre de l’intrigue en tant qu’accessoires dans le genre « chaises musicales ». Et c’est là que le bât blesse. Les personnages masculins a priori sympathiques, voire même les pseudo méchants, manquent d’envergure au point qu’ils ne nous donnent ni l’envie de soupirer ni celle de les gifler. C’est assez déconcertant tant Kate Quinn nous avait habitués à des hommes plus denses et complexes comme Arius (La maîtresse de Rome) et Vix son fils (L’impératrice des sept collines).

Concernant l’histoire en elle-même, je crois que sans Marcella, ça l’aurait plus fait… Je me suis pas mal ennuyée quand c’est elle que l’on suit et j’ai saturé de ses manipulations politiques peu crédibles par moments. Lepida, la grande méchante du tome 1 à laquelle on a rêvé de rompre le cou, n’est pas près d’être surpassée. Moralité, j’ai nettement préféré suivre les péripéties humaines et sentimentales des autres cousines. Cornelia est une femme loyale, ce qui est rafraîchissant dans ce monde de tromperies. Diane, quant à elle, est la surprise qu’on ne voit pas venir, puisqu’elle reste fidèle à elle-même, mais se dévoile aux yeux de sa famille à la fin. Petit bémol, ceci dit, certaines scènes la concernant, surtout quand cela tourne autour des libertés qu’elle prend dans les courses de chars, ne sont pas du tout crédibles…

Autre point sur lequel j’ai été extrêmement déçue : l’intègre et gentil sénateur Marcus Norbanus. C’est un personnage qu’on a adoré dans les autres tomes et dont on voulait avidement connaître le passé. On le voit à plusieurs reprises, on apprend les épreuves qu’il traverse, mais on ne les vit pas avec lui. C’était, à mon sens, le héros qui avait le potentiel d’équilibrer les points de vue. Quel dommage !

Une déception, donc, pour ce tome situé chronologiquement en amont des deux autres. J’ai apprécié la solidarité féminine, les histoires de cœur des cousines, l’ambiance de la Rome antique, ainsi que, sans conteste, l’écriture. Mais, malheureusement, je n’ai pas du tout adhéré au personnage de Marcella. Et, plus généralement, c’est un texte qui manque d’envergure en comparaison de ce à quoi Kate Quinn nous avait habitués…

Ecrit par Julie

 

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