La chronique du roman « Villa avec piscine » de Herman Koch

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Dans une banlieue chic d’Amsterdam, de nos jours. Marié et père de deux filles, le docteur Marc Schlosser, généraliste, est apprécié de sa clientèle pour ses qualités d’écoute et ses diagnostics éclairés. En réalité, Marc est capable d’établir un diagnostic dans les 30 premières secondes mais met un point d’honneur à accorder 20 mn à chaque patient, essentiellement pour le rassurer, lui dresser une ordonnance bien remplie et éviter à tout prix de l’envoyer chez un spécialiste. De ses patients, Marc se contrefout. Tout comme il est peu inquiet quand il apprend sa convocation devant le Conseil de l’ordre pour une erreur médicale : tous les membres se connaissent, que risque-t-il ? Un rappel à l’ordre, au pire une courte suspension ? Mais les choses se corsent lorsque la veuve du patient, un acteur célèbre, l’accuse publiquement de meurtre. Pour elle, c’est sûr, la mort de Ralph, son mari, est suspecte. Car Ralph est tombé malade juste après des vacances communes, dans une villa louée par le couple star. Qui dit vrai ? Marc a-t-il raté un symptôme ? Ou pire, a-t-il  » aidé  » la maladie de Ralph ? Que s’est-il passé cet été, dans cette villa avec piscine ?

Il est sorti le 7 mai 2014 aux Editions 10/18, 8.40€.

Mon avis:

QUAND DES VACANCES TO URNENT AU CAUCHEMAR

Herman Koch est un auteur très connu aux Pays-Bas où ses romans sont très appréciés. C’est le premier roman de l’auteur que je lis mais son premier roman, Le dîner, est dans ma bibliothèque depuis un bon moment. Cependant, après ma lecture de Villa avec piscine, je ne sais pas si j’ai envie de l’y en sortir.

UN ROMAN QUI M’A VRAIMENT MIS MAL À L’AISE

Si, au début, la sauce avait bien prise, elle est vite redescendue. En effet, le courant avec le personnage principal ne passait absolument pas. Le fait d’avoir un accès direct à ses pensées m’a fortement déplu. Cela prend trop le pas, à mon avis, sur l’intrigue et c’est un aspect qui devient vite lassant. Pour ma part, j’ai trouvé que c’était loin d’être intéressant également. Marc Schlosser a des pensées qui m’ont dérangé. D’un certain côté, je les ai véritablement trouvé malsaines. A tel point que j’ai vraiment été mal à l’aise de savoir tout cela.

Cependant, ce ne fut pas dans le bon sens du terme. Nous sommes parfois confrontés à des lectures qui nous sortent de nos zones de confort mais dans une bonne intention : pour nous faire réfléchir sur tels ou tels sujets, pour nous faire prendre conscience d’un problème ou que sais-je encore. Or, ce n’est pas ainsi dans Villa avec piscine. Le narrateur ramène tout au sexe, au corps humain dont il renvoie une image sale. C’est malsain et pas forcément nécessaire. De plus, ce n’est pas ce dont j’ai le plus envie en ce moment. Lire de telles choses, très peu pour moi. Au final, j’ai vraiment eu énormément de mal avec ce roman. J’ai fini par baisser les armes au bout de quelques pages.

CONCLUSION

Villa avec piscine ne fut, malheureusement, pas pour moi. Je suis passée totalement à côté et j’ai quelques appréhensions à commencer Le dîner. Ce ne sera sûrement pas pour tout de suite.

Ecrit par Avalon

La chronique du roman « Dans les rapides » de Maylis De Kerangal

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« T’es rock, t’es pas rock. La vie rock. Ce n’est pas gravé sur les disques, ce n’est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s’use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l’horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu’on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme ! ». Le Havre, 1978. Elles sont trois amies inséparables. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 déboule la voix de Debbie Harris, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s’impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle.

Il est sorti le 4 juin 2014 aux Editions Folio, 5.60€.

Mon avis:

POURQUOI CE LIVRE ?

Quand l’éditeur me l’a proposé, j’ai tout de suite dit oui car Blondie est un groupe que j’apprécie énormément. L’idée d’un roman d’apprentissage basé sur la musique et la découverte d’un style ou d’un artiste particulier m’a énormément charmé. Malheureusement, ce n’est pas une lecture que je garderai en mémoire.

DU POINT DE VUE DE L’HISTOIRE

Cette dernière ne m’a pas énormément parlé. L’intrigue se déroule dans les années 70, une période que je n’ai pas connu car je suis née au début des années 90. Les considérations de ce groupe d’adolescentes ne sont pas les mêmes que celles de mon époque. J’ai peut-être été moins touchée par cette histoire. Il y avait une certaine distanciation qui ne m’a pas permis de pleinement entrer dans l’histoire, de me sentir proche d’elles.

Pour les nostalgiques des années 70, je pense qu’ils pourront largement y trouver leur compte. Pour ma part, j’avoue que je suis restée bien en dehors de ce roman. Dans les rapides est un ouvrage sur une génération en particulier. Il faut l’avoir vécu ou bien être passionné par les années 70 pour apprécier ce roman. En effet, il y a de nombreuses références que je n’ai pas forcément saisi ou compris.

LE STYLE DE L’AUTEUR

C’est la deuxième raison pour laquelle Dans les rapides fut une déception. Je n’ai pas du tout accroché avec la manière d’écrire de Maylis de Kerangal. J’avais pu lire, notamment concernant son premier roman, Naissance d’un pont, qu’elle avait un style très poétique. A mon avis, il est plutôt alambiqué plutôt que plein de poésie. L’auteur partait parfois trop loin et elle m’a souvent perdu. En effet, je n’ai pas toujours compris l’image qu’elle essayait de développer. Je suis restée un peu sceptique devant ce roman où pas grand-chose m’a réellement plu.

Il y a quelques passages qui m’ont plu mais il y a eu un certain nombre de choses qui m’ont plu et ils font surtout référence à Blondie, à son emblématique chanteuse et à leur musique. Cependant, c’est bien le seul aspect qui m’a plu car tout le reste, finalement, m’a légèrement déçu.

CONCLUSION

J’attendais beaucoup de ce roman mais il y a eu un certain nombre de choses qui m’ont énormément déplu. Ce ne fut pas un ouvrage pour moi. Aimer le groupe Blondie n’est pas suffisant pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Ecrit par Avalon

 

La chronique du roman « Les lavandières de Brocéliande » d’Edouard Brasey

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Toussaint 1943. Gwenn, une jeune orpheline, découvre l’une de ses consœurs, lavandière, noyée dans le lavoir de Concoret, un petit village en lisière de la forêt de Brocéliande. Dahud, doyenne et mère de la victime, incrimine les lavandières de la nuit, ces créatures surnaturelles qui, d’après les légendes bretonnes, lavent les linges ensanglantés de leurs enfants mort-nés. Les soupçons se portent bientôt sur deux suspects bien réels : Philippe de Montfort, un jeune noble à qui l’on prête une liaison avec la défunte, et Loïc, un charbonnier bossu méprisé de tous. Les deux hommes inspirent à Gwenn des sentiments contradictoires. Amitié, admiration, pitié, amour ? Quand Loïc est pourchassé par les SS qui l’accusent de terrorisme, Gwenn le conduit au Val-sans-Retour où se sont réunis de jeunes résistants réfractaires au STO. Mais la malédiction continue de poursuivre les lavandières de Brocéliande…

Il est sorti le 7 mai 2014 aux Editions Le livre de poche, 8.10€.

Mon avis:

LEGENDES BRETONNES ET VIE QUOTIDIENNE

Un seul mot a suffi à me convaincre de lire ce roman : Brocéliande. La forêt mythique des légendes arthuriennes avec le Miroir aux Fées, le Val sans Retour… Pour l’avoir visité avec l’office du tourisme de Tréhorenteuc, il ya quelques années, j’avais très envie de redécouvrir les lieux de ma visite. Je ne connaissais pas cet auteur et son roman m’a littéralement enchanté.

UN DRAME A BARENTON

Les lavandières de Brocéliande commence lors d’une chaude journée du mois de mai 1914 où cinq jeunes amis vont à la fontaine de Barenton pour que les fées bénissent une union. Tout le roman est construit autour de la catastrophe qui s’est produite ce jour-là. La Bretagne est une terre de légendes et, parfois, cela s’en ressent. Les superstitions ont la peau dure, malgré la présence forte de la religion catholique. Les habitants des villages aux alentours de la forêt croient encore aux fées et à leurs malédictions, aux lavandières de sang. Pourtant, nous ne sommes pas dans un roman fantastique. Il est juste intéressant de voir le poids des croyances « païennes » sur un petit village isolé.

Il y a également des aspects de la vie quotidienne d’un petit village breton lors de l’Occupation avec toutes les questions relatives à la Résistance et à la collaboration, bien entendu, la manière dont les habitants réagissent face aux privations, à l’injustice… En lisant ce roman, on se rend compte qu’il y a aussi les différences entre les aristocrates, les bourgeois et les gens plus simples. Comment les uns essaient coûte que coûte de maintenir les apparences, les autres de sauver leurs peaux sans trop de dommages ou de survivre simplement… C’est un récit de vie avant tout.

DES SECRETS

Comme dans tout village, celui de Concoret regorge de secrets à cacher et qu’il n’est jamais bon de voir éclater au grand jour. Certains resteront enfouis mais à un prix élevé. Tout ce qui a autour, le fait de menacer quelqu’un de révéler un secret ou tout tenter pour l’étouffer, quitte à acheter le silence d’une personne, est vraiment prenant à lire. Le lecteur peut voir venir certains d’entre eux mais tout l’intérêt réside dans le fait de savoir comment il va éclater ou, s’il va être dévoilé, quelles en seront les conséquences.

Les lavandières de Brocéliande se double d’une petite enquête policière. En définitif, je n’ai pas réussi à le lâcher avant de connaître la toute fin, de savoir ce qui allait arriver aux personnages qu’on avait appris à aimer tout au long, si l’assassinat d’Annaïg allait rester impuni ou non… Pour moi, ce fut une très belle découverte.

LE MOT DE LA FIN

J’aimerai vraiment lire d’autres ouvrages de l’auteur, notamment ceux qu’il a écrits sur la Bretagne. J’ai aimé son écriture. Edouard Brasey a un véritable talent de conteur. Il sait réellement comment captiver son lecteur. En tout cas, je suis tombée sous le charme et je recommande cette lecture. Depuis quelques temps où j’enchaînais les romans qui me plaisaient que moyennement ou pas du tout, celui-ci a su me ravir et c’est un coup de cœur.

Ecrit par Avalon

La chronique du livre « Ce regard en arrière » de Nuala O’Faolain

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Nuala O’Faolain ne baisse jamais la voix. À travers ses chroniques publiées entre 1980 et 2008, elle pose un regard extralucide sur les mécanismes intimes du pouvoir et de l’impuissance : en examinant la société irlandaise, l’omniprésence de l’Église, la vieillesse ou la condition des femmes, elle s’affirme en témoin de son temps et conscience universelle.

Ceux qui ont lu les romans de Nuala O’Faolain auront l’émouvant sentiment de la retrouver telle qu’en elle-même dans sa lucidité et sa tendresse pour le monde.

Il est sorti le 7 novembre 2013 aux Editions 10/18, 408 pages, 8.80€.

Mon avis:

Partenariat

Je tenais à remercier les éditions 10/18 pour cet ouvrage. Il y a longtemps que je voulais découvrir Nuala O’Faolain, auteur et journaliste irlandaise reconnue. Ce fut donc l’occasion parfaite de la lire et d’en apprendre plus sur l’Irlande, pays qui me fait rêver.

Un recueil d’articles publiés

Ils vont de 1980 à 2008 et ils sont toujours en relation avec l’actualité du moment. Certains m’ont paru un peu obscurs car je n’avais aucune connaissance des événements qui étaient relatés. Pour certains, je n’étais même pas encore née. Pour d’autres, ils ne font pas forcément partie de l’histoire avec un grand H mais de ce que j’appelle la petite histoire. Je suis donc passée un peu à côté de ceux-là. Mais, ce ne fut pas forcément le cas pour la majorité.

En effet, une très grande part des chroniques présentées étaient relatives à des sujets qui m’intéressaient beaucoup plus. Ils avaient plus souvent trait à des thèmes autour de la société avec des questions de religion, de pauvreté. Nuala O’Faolain prenait l’exemple de la société irlandaise. J’y ai largement trouvé mon compte avec cet aspect de l’ouvrage, d’autant plus que je me passionne pour tout ce qui touche l’Irlande. Il est donc naturel que ce point m’ait passionnée.

Le style de l’auteur

Nous ne trouvons plus beaucoup de telles chroniques dans la presse, aujourd’hui. Je ne dirais pas qu’il a un côté désuet dans cette manière d’écrire et de construire ses articles mais presque. Pour autant, il m’a sincèrement plu. Il y a parfois un peu de piquant dans ces textes, de l’ironie… Toutefois, c’est surtout dans la façon dont l’auteur veut nous faire réfléchir. Elle pose énormément de questions dont certaines ne trouvent pas de réponses car c’est au lecteur de les trouver, d’y réfléchir. A la lecture de Ce regard en arrière, même si les articles étaient vieux de plusieurs années, j’avais l’impression de faire une lecture active, de prendre pleinement part à ces derniers.

Conclusion

C’est un recueil qui m’a bien plu mais qui n’est pas à recommander à tous. Il peut se révéler vite indigeste pour ceux qui n’aiment pas les écrits journalistiques. J’y ai, pour ma part, trouver mon compte. Cependant, j’avoue que je ne l’ai pas lu d’une traite. Une ou deux chroniques par jour, seulement. 

Ecrit par Avalon

La chronique du roman « Le Châle de cachemire » de Rosie Thomas

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Pays de Galles, 1940. Jeune mariée, Nerys Watkins quitte la campagne galloise pour accompagner son mari missionnaire affecté en Inde. Alors que la guerre du Cachemire éclate, elle découvre Srinagar, la ville au bord du lac, où les Britanniques habitent de luxueux bateaux et dansent, flirtent et cancanent comme s’il n’y avait pas de guerre. Nerys est entraînée dans une dangereuse amitié et, au moment où elle retrouve son mari, l’innocente épouse galloise n’est plus la même femme. Des années plus tard, alors que Mair Ellis débarrasse la maison de son père, elle découvre un éblouissant châle ancien et une boucle de cheveux d’enfant. Se rendant au Cachemire sur les traces de ses grands-parents, Mair se lance dans une quête qui changera à jamais sa vie.

Ce récit épique mêle secrets de famille, amour sur fond de guerre et liaisons dangereuses. Avec comme toile de fond une évocation vivante et superbement documentée de l’Inde des années 1940, cette saga familiale bouleversante a connu un grand succès populaire et critique outre-Manche.

 Il paraîtra le 26 avril 2013 aux éditions Charleston, 22,50€, 496 pages.

MON AVIS :

Même si ce roman avait de nombreux atouts pour me séduire, il ne m’a pas vraiment convaincue, dans le sens où j’ai traîné des pieds presque tout du long. Je pense que cela a tout à voir avec la lenteur du récit et le fait que j’ai trouvé le point de vue de Mair peu pertinent, certaines scènes décrites à travers ses yeux étant superflues tant elles n’apportent rien à l’intrigue.

Heureusement, j’ai été séduite par l’esprit de Nerys, la grand-mère de cette dernière, que l’on suit dans un contexte exotique qui se situe durant la seconde guerre mondiale en Inde, là où cette jeune femme ayant suivi son missionnaire de mari va partir à la découverte des ses réelles aspirations.

Suite au décès de son père, Mair découvre un châle appartenant à sa grand-mère qui retient son attention autant par sa beauté que par le mystère qui l’entoure. Libérée de toute contrainte familiale, elle entreprend un voyage en Inde pour enquêter sur les origines de ce châle, où commence alors pour elle une quête initiatique.

Comme je le disais plus haut, le point de vue de Mair est trop lisse et comporte, par moments, de longues descriptions de décors ou de détails qui l’éloignent de l’enquête qui l’a, tout de même, conduite en Inde. Et lorsqu’on se focalise à nouveau sur celle-ci, les choses sont trop évidentes pour pleinement convaincre. De plus, je n’ai pas adhéré à la relation qui naît entre elle et un autre personnage qui se voit confronter à un événement tragique qui vient alourdir le côté dramatique du récit, alors que le passé suffit, à mon sens, amplement à nous émouvoir.

Nerys, quant à elle, est un personnage frais, une femme très lucide et intègre, à laquelle on s’attache dès le début. Et plus encore lorsqu’elle rencontre Rainer, un magicien et alpiniste qui a le mérite de titiller notre curiosité. C’est sûrement mon intérêt pour elle qui m’a donné envie de sauter les chapitres consacrés à Mair, pour retrouver son esprit pur et partager avec elle cette liberté qu’elle acquière au fil de ses péripéties. Ce que j’ai grandement apprécié dans ce roman, c’est l’amitié que Nerys partage avec Myrtle et Caroline, qui conduira ces trois femmes très différentes (chapeau à l’auteure pour ce contraste réussi) à se serrer les coudes dans une situation très délicate qui va impacter l’avenir des générations suivantes.

Voici un roman dépaysant qui présente un décor crédible et retranscrit fidèlement les mœurs britanniques des années 40. L’amour y est décrit avec une honnêteté pudique qui sied parfaitement à cette époque, et l’amitié est certainement ce qui nous emporte le plus ici. Dommage qu’il y ait un tel déséquilibre dans l’alternance de points de vue qui rend la lecture fastidieuse quand on suit Mair de nos jours…

Ecrit par Julie

La chronique du roman « Demain j’arrête ! » de Gilles Legardinier

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Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu’elle n’a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier…

Mais tout cela n’est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu’elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu’à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons- nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

Il est réédité le 4 avril 2013 aux éditions Pocket, 7,60€.

MON AVIS :

Plus qu’un coup de cœur pour ce livre, c’est un coup de cœur pour l’auteur que j’ai eu. Car comme le dit si bien le proverbe « il n’y a pas de fumée sans feu », et pour qu’un roman déborde d’autant d’honnêteté, d’innocence et de conviction, c’est que quelqu’un qui réunit toutes ces qualités a bien voulu les projeter dans ses écrits. À ce propos, le point de vue féminin est tellement bien exploité qu’on est en droit de se demander si Gilles n’entend pas nos pensées comme Mel Gibson dans Ce que veulent les femmes. Oui, vraiment, le doute est permis…

Demain j’arrête prouve qu’il n’y a pas besoin d’aller chercher l’extraordinaire pour captiver les foules, il suffit pour cela de décrire l’ordinaire à travers le regard touchant d’une héroïne comme Julie. Drôle, gentille, excessive, elle a tout d’un personnage inoubliable, de l’amie loufoque qu’on veut absolument avoir dans nos vies. Grâce à une voix teintée d’un humour absolument délicieux, l’histoire de sa vie prend la saveur d’un concentré d’anecdotes. Et là où l’auteur fait très fort, c’est que sous ce couvert de légèreté, il parvient à nous nouer l’estomac. Parce que la motivation de Julie, c’est l’amour le plus pur qui puisse exister. Julie a choisi d’aimer les gens et de le leur prouver.

Julie approche donc de la trentaine, et comme tout bon presque trentenaire, elle fait le point sur sa vie, prenant en compte ses propres sentiments et l’image que lui renvoie son entourage. Lors d’une soirée, un invité lui demande ce qu’elle a fait de plus idiot dans sa vie, et avec sincérité, elle se confie à nous, nous racontant les événements récents qui l’ont conduite à faire LA chose la plus folle qu’elle ait jamais faite. Évidemment, il y a eu des signes avant-coureurs avant cela, et c’est avec enthousiasme qu’on la suit dans son obsession pour son voisin, Ric, qui non content de la transformer en gentille voyeuse, lui fait prendre des bonnes décisions dans sa recherche du bonheur.

Paradoxalement, même si ce livre apparaît comme étant un récit très introspectif, écrit à la première personne du singulier dans une volonté de nous rapprocher d’emblée de l’héroïne, eh bien, c’est également un livre très humain, ouvert sur le monde, qui nous fait aimer les gens, qui nous pousse à être indulgents. L’innocence véhiculée ici est une véritable bouffée d’air frais, qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de sourire, voire de rire, tout au long de la lecture. Quand on est avec Julie, on glisse dans des chaussons familiers et confortables, on se sent comme à la maison. Son langage direct, sa façon de dépeindre ses proches, de s’insurger contre l’injustice au quotidien, tout ça c’est aussi beau qu’une œuvre d’art, surtout quand on est un peu blasé.

Dans ses remerciements, Gilles Legardinier dit que si cette histoire nous a fait du bien, il ne lui en faut pas plus pour être heureux. Mission accomplie, il peut se permettre de sourire comme le chat de Cheshire. Mais bien sûr, nous l’encourageons à le faire en écrivant.

Ecrit par Julie

La chronique sur le roman « Une place à prendre » de J.K. Rowling

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. UN notable meurt Sa place est à prendre…
Comédie de moeurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Il est sorti en septembre 2012 aux Editions Grasset, 24€, 680 pages.

Mon avis:

Un roman décevant !

La plume de J.K. Rowling est fluide et très agréable cependant son style (trop) descriptif, nous offres des passages inutiles, ce qui alourdi le texte. C’est dommage, je pense que ça casse la dynamique du livre. L’atmosphère est relativement étouffante et déprimante. L’auteure nous plonge dans un univers d’hypocrisie et d’égoïsme, de ce fait elle nous transmet un message subtil sur l’injustice du système social et l’effet qu’un pouvoir, même minime soit-il, à sur la nature humaine. Le rythme est lent et l’intrigue est terne sans réels rebondissements, révélations ou suspense. J’ai espéré jusqu’à la fin que le récit prenne son envol, mais malheureusement cela n’est jamais arrivé.

Toutefois, on ne peut pas dire que cela ne soit pas convenablement exécuté, d’ailleurs certains chapitres sont intéressants, mais il y en a trop peu pour susciter un véritable enthousiasme à la lecture.

Parlons de l’histoire.

Suite au décès brutal d’un notable de Pagford, petite bourgade d’Angleterre, celle-ci devient une zone de guerre entre les habitants pour savoir qui reprendra la place vacante au conseil paroissial. Dès lors, nous allons apprendre à connaître les candidats ainsi que leurs familles où secrets, mensonges, perversité, animosité et violence feront surfacealors que tout est caché sous les apparences de bienséance.

En ce qui concerne les protagonistes, ils sont nombreux, profondément imparfaits et complexes. Les personnages sont bien étoffés cependant ils ne sont pas mémorables, à part peut-être le rôle d’une jeune fille qui est assez touchante.

Toutes ses familles sont dysfonctionnelles, elles sont tristes et cruelles, cela devient limite démoralisant pour lecteur, on a qu’une envie: fuir au plus vite Pagford.

Pour conclure :

J.K. Rowling a voulu se diversifier, s’essayer à la littérature adulte avec « Une place à prendre ». Je dois avouer que pour moi, ce n’est pas une réussite, ce fut une lecture assez ennuyeuse. Je m’attendais plus à un style à la « Desperate Housewives », un quotidien mouvementé avec humour, mystère, manipulation et amitié. Malheureusement ici, on tombe dans une trame contemplative avec des acteurs en colère, paumés et vils, qui nous donnent une ambiance dramatique et amère.

En bref, un roman qui n’a vraiment rien d’exceptionnel !

Note: 8/20, fiche produit.