La chronique du roman « Avec tes yeux » de SIRE Cédric

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Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D’épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu’il a déjà fragile. Si ce n’était que ça ! Après une séance d’hypnose destinée à régler ses problèmes d’insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d’un autre, torturant une jeune femme… Persuadé qu’un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Il est sorti le 8 octobre 2015 aux éditions Presses de la Cité.

Mon avis:

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Sire Cédric, mais, grâce à Céline de True Blood Addict, j’ai pu découvrir son dernier roman.

Rien que la couverture nous laisse présager que l’histoire sera aussi sombre que les autres, et le résumé ne fait que confirmer cette impression.

Le récit s’ouvre sur une femme se faisant agresser par quelqu’un fasciné par ses yeux, puis nous enchainons avec la rencontre du héros, Thomas, victime d’insomnies. Alors qu’il tente l’hypnose, il se met à avoir d’atroces visions de meurtres, des visions qu’il ne comprend pas du tout, où il voit par les yeux de quelqu’un d’autre (le tueur).

On suit aussi l’amie de la femme agressée au début, agression dont personne n’est encore au courant. Nathalie est un jeune agent de police que tous tiennent à l’écart des opérations de terrain, y compris son père, membre de la SR, la section de recherches. Mais elle, elle sait que le meurtre de son amie est plus complexe que ce que ses collègues pensent, et que Thomas n’est pas forcément le tueur, peut-être un complice.

Le récit est un peu lent à démarrer, on ne s’attache pas vraiment à Thomas au départ, on ne sait rien de lui et on se demande où nous emmène l’histoire. En fait, tout le long de l’histoire Thomas reste en retrait pour nous. Certes, on suit ce qui lui arrive, mais on n’apprend pas vraiment à le connaitre.

Comme toujours chez Sire Cédric, certaines scènes sont très sanglantes et barbares, et je conseille aux âmes sensibles de peut-être s’abstenir. En tout cas, il vaut mieux ne pas lire ce livre juste après avoir mangé. Les détails sont là, la violence et le sang également.

À l’image des autres romans de Sire Cédric, l’histoire devient vite très étrange, bizarre même. On se retrouve avec un homme traqué par un flic, mais aussi par un tueur (conscient que notre homme a vu à travers ses yeux). Autant dire que Thomas est dans les ennuis jusqu’au cou, et que ça ne va pas en s’arrangeant au fil des pages.

Il n’y a pas une enquête policière au sens strict du terme, plutôt une recherche de réponses pour Thomas, qui se retrouve à collaborer avec l’agent Nathalie. Si Thomas veut comprendre ce qui lui arrive et arrêter le tueur qu’il voit œuvrer, Nathalie elle est sur le chemin de la vengeance : celle de son amie Lisa.

C’est troublant, sombre et inquiétant. On ne sait pas ce qui va nous tomber dessus et on craint le pire à chaque chapitre.

Concernant la fin, elle est totalement inattendue, digne d’un roman de Sire Cédric, sans aucun doute.

Toujours aussi grisant, je conseille vraiment l’univers de cet auteur, sans hésitation.

Karine N.

La chronique du roman « Promenez-vous dans les bois… pendant que vous êtes encore en vie » de Ruth Ware

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Une jeune femme reçoit un message l’invitant à l’enterrement de vie de jeune fille d’une de ses anciennes meilleures amies. Elle arrive dans une grande propriété en verre, perdue au fond des bois. 48 heures plus tard, elle se réveille dans un hôpital couvertes de blessures. Un meurtre a eu lieu pendant la fête. Que s’est-il passé et qu’a-t-elle fait ?

Il sort le 11 février 2016 aux Editions Fleuve Noir.

Mon avis:

Nora reçoit un message l’invitant à l’enterrement de vie de jeune fille d’une de ses anciennes camarades de classe, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Elle ne comprend pas pourquoi elle est invitée. Elle trouve cela étrange, mais la curiosité est plus forte, elle accepte. Là voilà partie pour un week-end dans une maison en verre isolée dans la forêt… Mais ne dit-on pas que la curiosité et un vilain défaut… Nora va le découvrir d’elle-même en se réveillant à l’hôpital, pleine d’écorchures et partiellement amnésique. En apprenant qu’il y a eu un meurtre, Nora fera tout pour se rappeler ce qui s’est passé ce fameux week-end. Comment a-t-il pu tourner au cauchemar ? Qui est mort ? Mais surtout, qui est le tueur ?

Le style de Ruth Ware est très agréable, cinématographique et addictif. On est happé dans le récit dès le premier chapitre. Plus on avance dans le roman, plus on se pose des questions et plus on veut découvrir le dénouement.

En ce qui concerne l’intrigue, la construction du scénario est vraiment bien faite. L’auteur fait en sorte de maintenir le suspense en alternant le présent et le passé, au fur et à mesure que les souvenirs de Nora reviennent. On sent une tension sous-jacente qui explose à la fin. Tout va crescendo. Toutefois, ne vous attendez à rien de glauque ni d’effrayant. En outre, je dois admettre que j’avais deviné une bonne partie du mystère au milieu du roman, mais cela n’a gâché en rien ma lecture.

Du côté des protagonistes, on suit six personnes qui ne se connaissent pas forcément, mais qui ont tous un lien avec Clare, la future mariée. Plus Ruth Ware nous les dévoile au fil des pages et plus on s’interroge sur eux et leurs secrets. L’atmosphère devient de plus en plus pesante…

Pour conclure :

« Promenez-vous dans les bois… » est un thriller psychologique divertissant mélangeant tromperie, mensonge et manipulation. On plonge dans un huit-clos entre amis haletant, dans une maison isolée avec un tueur parmi eux.

C’est très prenant, j’ai été séduite par ce premier roman de Ruth Ware.

À découvrir. 

« The Generations, tome 1: Alive » de Scott Sigler

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Em se réveille dans les ténèbres, seule, entravée dans un espace confiné qui ressemble à un sarcophage. Elle sait que c’est le jour de son anniversaire mais… c’est tout. Elle ne se rappelle ni son nom, ni ce qu’elle a fait la veille, ni le visage de ses parents. Elle n’y comprend absolument rien. Lorsqu’elle parvient, à force de volonté, à se libérer de ce piège, elle découvre, autour d’elle, onze autres cercueils, dont certains occupants sont encore en vie. Une initiale et un nom de famille sont gravés sur chaque sarcophage.

La jeune fille prend la tête du petit groupe d’adolescents – qui pensent tous avoir douze ans, mais qui en paraissent plutôt dix-sept – et découvre un labyrinthe de couloirs poussiéreux, constellés par endroits d’ossements. Se trouvent-ils sous terre ? Y a-t-il d’autres survivants ? Comment trouver eau et nourriture ? Et surtout : qui sont-ils, quels sont ces étranges symboles qui marquent leur front, comment se sont-ils donc retrouvés là ?

Il sort le 11 février 2016 aux Editions Lumen.

La chronique du roman « La dernière pluie » de Antti Tuomainen

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À Helsinki, la pluie est si violente que la plupart des habitants ont fui la ville. Tapani Lethinen, lui, est resté : il attend sa femme, Joanna, journaliste d’investigation. Partie enquêter sur une affaire dont elle n’a rien voulu dire, elle n’est toujours pas rentrée. En fouillant dans on ordinateur, il découvre que sa disparition pourrait avoir un lien avec  » le Guérisseur « , un serial killer qui sévit en ville, et qu’il ne s’agissait peut-être pas pour Joanna d’une simple enquête… Tandis que la pluie ne cesse de tomber, Tapani va devoir plonger dans l’intimité de celle qu’il aime, quitte à déterrer quelques secrets de son passé.

Il est sorti le 8 octobre 2015 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Helsinki, un déluge s’abat depuis plusieurs mois sur la ville et la paralyse.

Tapani, poète, recherche sa femme, Johanna, dont il n’a plus de nouvelle depuis plusieurs heures. En fouillant dans les affaires de cette dernière, il s’aperçoit qu’elle travaillait sur l’affaire du Guérisseur, un serial killer.

Dans ce monde en perdition qui est touché par la guerre, pandémie et autres menaces, Tapani est persuadé qu’il est arrivé quelque chose à sa femme. Il est bien décidé à mener son enquête envers et contre tout…

Le style d’Antti Tuomainen est agréable, le monde est intrigant. Malheureusement, le récit est plat, convenu et sans grand suspense ni rebondissements. J’avoue que je me suis franchement ennuyée. Cela manque cruellement de rythme et d’exploitation.

En ce qui concerne les protagonistes, ils sont trop survolés et creux pour être appréciés. Pourtant, il y avait matière à faire quelque chose de bien. Je déplore aussi la quasi-absence de l’antagoniste, ce qui n’aide pas à instaurer un climat oppressant.

De plus, je suis plus que frustrée par cette fin ouverte qui nous laisse avec nos questions sans réponses.

Pour conclure :

« La dernière pluie » est un roman policier ancré dans un scénario catastrophe climatique, qui m’a vraiment déçu par son manque d’exploitation et de rythme. C’est bien dommage.

« Un enquête de l’inspecteur McLean, t2: Le Livre des Âmes » de James Oswald

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Pendant 10 ans à chaque période de Noël, on retrouvait à Edimbourg un nouveau cadavre de jeune femme : nu, la gorge tranchée et complètement nettoyé.
La dernière victime, Kirsty Summer était la fiancée du détective Tony McLean. Mais dans cette affaire, le tueur de Noël  commit une erreur qui permit à McLean de mettre un point final à la morbide carrière de ce tueur en série.
Aujourd’hui, 12 ans plus tard, le Tueur de Noël est retrouvé mort, assassiné par un de ses compagnons de cellule.
Et au retour des fêtes de fin d’année, un nouveau cadavre est découvert : nu, parfaitement lavé, la gorge tranchée.
A-t-on affaire à un copycat ? McLean s’était-il trompé de coupable 12 ans plus tôt ? Ou y-a-t’il une autre explication plus troublante encore ?
McLean doit le découvrir avant que le tueur ne frappe à nouveau.

Il sort le 17 février 2016 aux Editions Bragelonne.

La chronique du roman « Le Loup » de John KATZENBACH

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 » Vous ignorez qui je suis, mais moi je sais qui vous êtes… Vous êtes perdues dans les bois. Et comme le personnage du conte, vous avez été choisies pour mourir.  » Dans ce conte de fées-là, le Grand Méchant Loup est un tueur en série. Dans ce conte de fées-là, il n’y a pas un Petit Chaperon rouge, mais trois. Rousse Un. Rousse Deux. Rousse Trois. Le prédateur les a ainsi surnommées. Trois femmes d’âges différents, sans autres points communs que leur couleur de cheveux, et le fait d’être chacune un peu paumée. Sans défense. Du moins en apparence. Parce que dans ce conte de fées-là, le loup n’est pas toujours celui qu’on croit…

Il est sorti le 11 juin 2015 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Un tueur et écrivain en demi-retraite, le grand méchant loup, a décidé de créer quelque chose de mémorable. Il aspire à une célébrité durable lorsqu’il aura quitté cette terre. Pour ce faire, il a décidé de tuer trois femmes le même jour, rousse 1, rousse 2 et rousse 3.

Les trois rousses, dix-sept, trente-trois et cinquante-et-un ans, ne se connaissent pas. L’une est étudiante dans une école privée, l’autre est institutrice et la dernière est médecin.

Leur point commun ? Leur couleur de cheveux et leur vulnérabilité. Mais les apparences peuvent-elles être trompeuses ?

Le style de Johen Katzenbach est agréable. Malheureusement, l’intrigue est trop longue à démarrer, des passages sont redondants et inutiles. Contradictoirement, il manque des détails, certains aspects de la trame sont mal exploités et l’on demeure avec des questions sans réponses.

Quant aux personnages, j’avoue n’avoir ressenti aucune connexion avec eux. Ils auraient pu être plus fouillés, notamment du côté psychologique. Les victimes restent, enfin de compte, assez plates, et le grand méchant loup n’assume pas son statut. C’est bien dommage.

Le personnage qui a piqué mon intérêt a été madame grand méchant loup. Je pense qu’il y aurait eu à faire quelque chose avec ce protagoniste. Cela aurait pu être vraiment bien.

Pour conclure :

« Le loup » est un thriller, une réécriture d’un conte, qui avait un réel potentiel, mais qui est tombée à plat. On ressort avec une lecture très moyenne, gentille et assez prévisible. C’est regrettable. 

La chronique du roman « Le contrat de Salinger » de Adam Langer

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Signez, vous ne risquez rien, ou presque… Journaliste désabusé, Adam Langer retrouve un jour une vieille connaissance : Conner Joyce, auteur de thrillers en perte de vitesse en pleine promotion de son dernier roman. Ce dernier lui confie avoir reçu une offre ahurissante : un homme d’affaires richissime, lui a proposé d’écrire un roman rien que pour lui moyennant une somme colossale. Seule particularité, le contrat s’assortit de certaines clauses assez particulières : 1/ le livre rejoindra la collection privée d’exemplaires uniques de l’homme d’affaire, pour lequel ont déjà travaillé des écrivains aussi prestigieux que Thomas Pynchon, Norman Mailer ou J. D. Salinger… et n’en sortira jamais. 2/ Le propriétaire se réserve le droit d’exiger de l’auteur quelques modifications de son cru. 3/ l’accord doit rester absolument secret. Bientôt, et tandis qu’un Conner visiblement aux abois s’obstine à tout raconter à son ami – lequel se passerait bien de ces révélations –, l’histoire prend une tournure des plus inquiétantes : l’offre n’a évidemment rien de philanthropique, et le contrat désormais signé aura des conséquences imprévues.

Il est sorti le 19 août 2015 aux Editions Super 8.

Mon avis:

Adam Langer, ancien journaliste et écrivain sur le déclin, vit avec sa femme et ses enfants à Bloomington. Sa vie n’a rien d’excitante, il est père au foyer en attente d’inspiration. Lorsque Conner Joyce, auteur de polar, passe dans sa ville pour la séance de dédicace de son roman, Adam ne peut pas ne pas y aller. De plus, il est heureux de revoir une vieille connaissance.

Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il sera le témoin et le confident de quelque chose qui le dépassera lui, ainsi que son ami. Ce dernier se voit proposer une offre improbable par un homme énigmatique, un collectionneur de livre. Connor doit lui écrire un polar pour lui et uniquement lui seul. L’ouvrage fera partie de sa collection privée. Ne pouvant refuser une telle offre, Conner se plonge dans une sombre histoire qui se révèlera bien plus dangereuse qu’il ne le pensait, où la cupidité et l’égo vont l’entrainer vers la paranoïa…

J’avais très envie de lire ce roman suite aux avis dithyrambiques que j’ai vu fleurir sur la toile. Malheureusement, je dois admettre que je suis déçue. J’en attendais sûrement trop…

Le style d’Adam Langer est vraiment maîtrisé et excellent. On tourne facilement les pages en dépit du manque d’action et de suspense. L’intrigue est plaisante et effectivement bien menée, malgré quelques passages redondants, mais cela demeure assez convenu. On suit l’histoire de ces deux hommes qui va basculer suite à ce fameux contrat. On a plaisir à suivre nos héros pour savoir comment tout cela va se terminer. J’attendais avec impatience cette fin vertigineuse, qui pour moi, n’est jamais arrivée. C’est dommage.

En outre, j’ai bien aimé le portait caustique que l’auteur a brossé du monde de l’édition. À mon avis, on ne doit pas être loin de la réalité.

Pour conclure :

« Le contrat de Salinger » est un roman divertissant avec un principe original et une histoire prenante. Toutefois, il manque quelque chose pour en faire un bon thriller « Faustinien ». Car, en fin de compte cela reste gentillet avec une fin plutôt banale.  

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La chronique du roman « Tu tueras le Père » de Sandrone DAZIERI

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Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d’une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d’un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c’est lui, le mari, qui dans les affres d’une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais ou ? Aucune trace de l’enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond…
Colomba a trente-deux ans et des yeux d’un vert changeant. Elle est belle, instinctive, physique, mais elle n’est plus en service. Elle a pris un congé à durée indéterminée après avoir assisté, impuissante, à un événement tragique qu’elle nomme avec pudeur « Le Désastre » et qui l’a laissée très fragile. Cependant, même retirée de la vie policière, elle ne peut cesser d’être un flic et l’un des meilleurs. Le commissaire Rovere, son ex-patron, le sait : il lui demande comme une faveur de mener l’enquête pour lui, en toute discrétion, et d’aller consulter un expert du rapt et de la maltraitance infantile, Dante Torre, surnommé « l’enfant du silo ». Avec son allure de Bowie punk, maigre et toujours vêtu de noir, complètement phobique, dépendant, obsessionnel et paranoïaque, Dante a une approche très personnelle de son travail. Et pour cause : il a été enlevé lorsqu’il était un tout jeune garçon. Pendant onze ans, il a grandi dans l’exiguïté d’un silo à grains avec pour seul contact avec le monde extérieur un mystérieux individu qu’il appelle « Le Père ».
À présent, l’enquête de Colomba le confronte à son pire cauchemar. Car, derrière la disparition du petit Luca, Dante reconnaît très vite la signature de ce « Père » jamais identifié, jamais arrêté. Mais si tel est le cas, pourquoi son geôlier aurait-il décidé de frapper à nouveau ? Et pourquoi tant d’années plus tard ? Colomba s’interroge : peut-elle vraiment se fier à son partenaire ? Ou bien Dante l’entraine-t-il, malgré elle, dans l’enfer d’une chasse aux fantômes ?

Il sort le 8 octobre 2015 aux Editions Robert Laffont, Collection La bête Noire.

Mon avis:

Tout commence par un homme qui annonce la disparition de son épouse et de son fils lors d’un pique-nique. Quelques heures plus tard, sa femme est retrouvée décapitée sans aucune trace de l’enfant.

Tout le monde est convaincu que le père est l’auteur des faits, sauf le chef de la police criminelle, Rovere.

Il demande à sa collègue et amie, Colomba Caselli, qui est en congés maladie, de mener une enquête en parallèle en toute discrétion.

Son supérieur lui recommande de faire équipe avec Dante, qui est un expert dans les disparitions de personnes. Il est très doué dans la compréhension du comportement humain, mais il souffre de multiples phobies et de paranoïa. En effet, à l’âge de six ans, Dante a été enlevé et il a été gardé prisonnier pendant onze ans par son tortionnaire.

Colomba et Dante se lanceront alors dans cette enquête interdite où le pire cauchemar de Dante revient le hanter, et où de nombreux secrets vont remonter à la surface. Dès lors, une course contre la montre s’engage pour sauver ce garçon avant qu’il ne subisse les mêmes horreurs que Dante a endurées.

Le style de Sandrone Dazieri est simple, efficace et incisif. Le rythme est rapide. L’ambiance est très noire malgré les quelques pointes d’humour et la tension monte crescendo tout au long du roman entre révélations, actions et rebondissements.

Le scénario est passionnant, mené d’une main de maître. On ne voit pas les pages défiler, un vrai page-turner. L’auteur nous balade du début jusqu’à la fin pour nous conduire vers un dénouement surprenant et qui se termine en apothéose. Pour une fois, je n’avais rien vu venir… Une authentique claque !

En ce qui concerne les protagonistes, ils sont grandioses avec une très bonne caractérisation. Nos deux héros sont tous deux en proie à des démons, ils sont en souffrance, mais leur duo va faire qu’ils vont se surpasser. Il y a une parfaite alchimie entre eux. Ils sont humains, imparfaits et crédibles.

J’ai adoré Colomba qui, malgré ses blessures intérieures, est une femme de caractère, déterminée et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. J’aime beaucoup sa répartie.

Quant à Dante, c’est quelqu’un de très complexe et de fascinant à suivre. Il est très attachant.

D’autre part, la galerie de personnages secondaire que l’on rencontre tout au long du récit est passionnante et maîtrisée.

Pour conclure :

« Tu tueras le père » est un thriller psychologique surprenant et addictif. Sandrone Dazieri m’a totalement convaincue avec des personnages atypiques, intéressants et fouillés, le tout plongé dans une excellente intrigue.

Pour moi, c’est l’un des meilleurs thrillers de l’année 2015. Je lirais avec plaisir les prochains romans de cet auteur.

À ne pas louper !

La chronique du roman « GŌKAN » de Diniz Galhos

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Tokyo, 2010.

Une garagiste, jeune, jolie, très désagréable. Son père, ancien béret vert, à peine plus aimable. Une valise diplomatique débordant de billets. Un assassin américain lancé dans un safari humain. Des yakuzas dépassés. Du béton, de l’électricité,des armes et du sang. De la musique, du cinéma. Et un professeur de la Sorbonne chargé de voler une bouteille de saké appartenant à Quentin Tarantino.

Secouez le tout. Servez dans un bar de quinze mètres carrés.

Il est sorti le 15 mai 2015 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Voici un roman qui me tardait de lire, car les thrillers totalement barrés et survoltés à la Tarantino, c’est mon dada !

Finalement, je suis ressortie de cette lecture très mitigée, limite déçue.
Certes, le style de Diniz Galhos est très dynamique, accrocheur avec des dialogues décomplexés et sympathiques. Malheureusement, je n’ai pas accroché à la construction non linéaire du texte. Cela m’a assez perturbée et du coup, je n’ai pas pu savourer pleinement ma lecture.

De plus, j’ai trouvé qu’il manquait de l’action, même si le rythme est relativement soutenu.
Je m’attendais à plus de baston, de sang et de balles à foison. En bref, je m’attendais à un joyeux bordel, mais non. De ce fait, je suis un peu restée sur ma faim.

Pour ce qui est de l’intrigue, elle est bien, mais peu travaillée. Tout part d’une valise diplomatique remplie de billets et d’une bouteille de saké qui appartient à Quentin Tarrantino.

À partir de là, on fera la rencontre d’un certain nombre de personnages plus ou moins déjantés : des yakuzas dépassés, une jeune fille douée en art martial, un professeur, un béret vert et un américain raciste qui prend plaisir à tuer du japonais. Tout ce petit monde se croisera au fil des pages, cela deviendra vite un beau foutoir, ce qui nous conduira vers un final explosif et expéditif.

Pour conclure :

« Gokan » est un thriller original avec plein de références cinématographiques (Western, série B, film de gangsters) et musicales. Toutefois, cela manque un peu d’exploitation et d’énergie pour pouvoir totalement apprécier la lecture.

La chronique du roman « Les Assassins » de R. J. ELLORY

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Le serial killer le plus dangereux de tous les temps est parmi vous mais seule une personne le sait… Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et obsédé par les serial killers, celui-ci découvre en effet que ces meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Il est sorti le 19 août 2015 aux Editions Sonatine.

Mon avis:

Voici un thriller qui bouscule les codes du genre et qui se révèle très addictif !

Plusieurs crimes ont lieu à New York, dans plusieurs quartiers dont différents commissariats s’occupent.

Rien de très anormal, quand on sait qu’il a dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, dont seulement deux pour cent sont l’œuvre de serial killer.

Sauf que John Costello, un journaliste pour le City Herald, spécialiste des serial killer, fait le rapprochement entres ces assassinats…

Ces derniers sont en effet commis à la date anniversaire de meurtres passés et tristement célèbre par leurs auteurs.

Mais qui se cache derrière ces meurtres ? Est-ce réellement un copycat ou tout autre chose ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’inspecteur Irving Rey du commissariat 4 et John Costello devront plonger dans le côté obscur de l’âme humaine pour mettre fin à ces horreurs. Pour cela, il devront faire face à leurs propres démons…

J’ai adoré !

Le style de R.J Ellory est très prenant, descriptif et incisif. Une fois les premiers chapitres commencés, il vous sera difficile de lâcher le roman. C’est un véritable page turner, bien qu’il fasse 568 pages.

C’est habilement mené jusqu’à l’épilogue. De plus, l’ambiance est très sombre et suffocante, avec les détails des meurtres et la brutalité dont les humains sont capables. C’est réaliste et totalement captivant.

Le rythme est correct, plus on approche de la fin, plus il va crescendo.

R.J Ellory nous balade avec une grande facilité dans les méandres de cette enquête. Il m’a été impossible de découvrir le/les auteurs de ces crimes avant le dénouement. D’autre part, j’avoue avoir apprécié l’évolution temporelle de l’investigation qui est très authentique.

On peut également noter le travail de fourmi que R.J Ellory a effectué pour trouver toutes les données des meurtres des réels tueurs en série qui jalonnent notre lecture (Havey Louis Carrigan, John Wayn Gacy, le Zodiaque, Henry Lee Lucas…).

En ce qui concerne les protagonistes, ils ont une excellente caractérisation et le côté psychologique est bien fouillé. Ce sont des personnages attachants, crédibles avec leurs défauts, leurs peurs et leurs doutes.

Pour conclure :

« Les Assassins » est un thriller passionnant mélangeant fiction et réalité, tout en poussant le lecteur à réfléchir sur ces gens qui idolâtrent ces êtres fous ou inhumains.

En tout cas, j’ai beaucoup aimé plonger dans ce jeu du chat et de la souris morbide. Pour ma première excursion dans l’univers de R. J Ellory c’est plus qu’une réussite. Je n’ai plus qu’à découvrir ses autres romans. ^^

Je le recommande chaudement !

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