La chronique du roman « Les lumineuses » de Lauren Beukes

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Harper Curtis n’était qu’un marginal, prêt à tout dans le Chicago sombre et violent de l’hiver 1931. Jusqu’à ce qu’il trouve refuge dans une maison abandonnée, jusqu’à ce qu’il voie Jinsuk, Zora, Willie, Kirby et les autres lui apparaître dans une auréole de lumière, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il doit toutes les tuer, et que la maison va l’y aider. Ainsi débute sa folle croisade meurtrière à travers le XX e siècle. Mais l’une de ses victimes va survivre. Assoiffée de vengeance, attentive aux indices anachroniques qu’Harper sème derrière lui, approchant bientôt d’une vérité pourtant impossible…

Il est sorti le 11 juin 2015 aux Editions Pocket (rééditions).

Mon avis:

Ce roman est un hybride. L’histoire de base se réfère à l’univers du thriller, mais la trame de fond s’inscrit dans les récits de la SF.

Pour mettre en avant cette histoire de tueur en série voyageant dans le temps, Lauren Beukes a eu l’intelligence de déstructurer son récit, circulant d’une époque à l’autre à travers ses chapitres dont les époques se mélangent. La construction est maitrisée, suffisamment complexe pour attiser la curiosité, suffisamment cohérente pour ne pas perdre le lecteur qui ne serait pas habitué à ce genre de lecture.

Cela donne un récit un peu étrange, assez commun de par son histoire de tueur, assez audacieux de par son élaboration. Une manière de proposer au lecteur tous les codes du (des) genre(s), mais explosés façon puzzle.

Le tout étant plutôt bien écrit, on se prend vite au jeu. Il y manque cependant un petit « je ne sais quoi » indéfinissable, pour faire passer ce roman de bon moment de lecture à une lecture plus marquante.

En tant qu’amateur des deux genres littéraires, deux notions me semblent pouvoir être importantes : le « comment » et le « pourquoi ».

L’auteure s’est affranchie du « comment », ce qui n’est absolument pas un souci, à mon sens. Pas de grandes explications pseudo-scientifiques, donc, sur ce voyage à travers les périodes. Place à l’imaginaire du lecteur, et c’est une bonne chose.

Plus gênant, à mon avis, est le peu de développement concernant le « pourquoi ». Sans entrer dans le détail afin de ne rien déflorer de l’histoire, je suis resté sur ma faim tant l’auteure élude les choses. Resté sur ma faim pour la fin également, trop prévisible.

Au final, une lecture qui mérite qu’on s’y attarde, mais qui ne va pas au bout de son ambition. Manque certains prolongements et la petite étincelle pour faire exploser le tout.

Ecrit par Gruz

La chronique du roman « Morsure » de Nick Louth

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Erica Stroud-Jones, jeune et brillante spécialiste des maladies tropicales, doit présenter les résultats de ses travaux lors d’une conférence aux Pays-Bas ; une découverte qui pourrait révolutionner la lutte contre la malaria et sauver des millions de vies. Mais à la veille de son intervention, elle disparaît, son ordinateur portable avec elle. Alors qu’un virus inconnu se répand soudain parmi les participants au congrès, Max, le compagnon d’Erica, se lance dans une course contre la montre. Il sait que s’il ne la retrouve pas, le monde devra faire face à une terrifiante pandémie…

Il est sorti le 4 juin 2015 aux Editions Michel Lafon, 20.50€.

Mon avis:

Tout commence lors du vol KLM 648 à destination d’Amsterdam, où un passager lâche une arme de destruction qui tue de manière lente et subtile. Dans cet avion se trouve Max, un sculpteur américain. Il rejoint sa compagne Erica qui doit présenter, lors d’une conférence aux Pays Bas, le résultat de ses recherches qui pourraient révolutionner la lutte contre les maladies tropicales. Cependant, la veille au soir, Erica disparait et un virus inconnu se répand en ville…

Max se lance alors à la recherche d’Erica, car la police ne fait pas grand-chose… Il atterrira dans une affaire d’une envergure plus grande qu’il ne l’aurait cru et il va contrarier beaucoup de monde qui sera prêt à tout pour l’arrêter.

Le style de Nick Louth est agréable, simple et entrainant.

Dans ce roman nous ne suivons pas une, mais trois histoires qui se regroupent vers la fin. Nous faisons la connaissance d’Erica via les pages de son journal lors de sa mission et de sa capture au Zaïre. J’avoue qu’au début je ne comprenais pas le rapport avec les faits actuels. Toutefois, cela prend forme vers un peu plus de la moitié du livre. Je dois admettre que, pour moi, cette partie est la meilleure du récit.

Ensuite, il y a Max qui cherche Erica. Cette portion est un peu plus farfelue et confuse. Tout est un peu trop alambiqué pour être crédible. Il en va de même pour les chercheurs qui découvrent une nouvelle maladie et qui tentent de trouver un remède.

Les trois parties se mélangent bien sans que l’une prenne le pas sur l’autre. Elles sont correctement menées et l’auteur sait garder son lecteur intrigué, même si j’ai deviné les identités des méchants bien avant la fin.

Cependant, j’ai trouvé ça dommage de ne pas ressentir l’urgence d’obtenir le traitement à cette récente maladie. J’ai trouvé que c’était trop tranquille et qu’il manquait un côté dramatique et horrible. De plus, je demeure avec certaines questions dont je n’aurais jamais la réponse et c’est très frustrant.

En ce qui concerne les protagonistes, il y en a beaucoup (trop), une bonne partie n’est pas inoubliable. Du fait de cette grande quantité de caractères, ils sont peu développés et peu attachants, mais plaisants.

Pour conclure :

« Morsure » est un gentil thriller, ne vous attendez pas à beaucoup de suspense ni à de l’horreur ou de réels rebondissements.
Toutefois, ça se lit vite et bien. C’est divertissant et cela vous fera passer un agréable moment de lecture. 

La chronique du roman « Carnaval » de Ray Celestin

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Au cœur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant… Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Il est sorti le 14 mai 2015 aux Editions Le Cherche Midi, 21€.

Mon avis:

Nous voici à la nouvelle Orléans en 1919. Alors qu’un ouragan se prépare, la ville est en proie à un tueur en série qui assassine ses victimes à la hache en laissant une carte de tarot sur les lieux du crime…

Nous allons suivre trois personnes qui vont tenter de démasquer le meurtrier, tous pour des raisons différentes.

Michael, lieutenant détective du département de La Nouvelle-Orléans. Ida Davis est secrétaire pour l’agence détective Pinkerton, mais espère un jour en devenir un. Elle essayera de faire ses preuves avec ce tueur. Et Luca d’Andrea, un ancien flic qui sort de prison et travaille pour la mafia.

Tous vont tenter de retrouver cet assassin dans cette ville violente et sans pitié, mais avec une énergie séduisante et opulente, remplie de criminels, d’immigrés qui se méfient tous des uns et des autres sur fond de note jazzy…

Le style de Ray Celestin est agréable, envoûtant et descriptif. Il nous entraîne facilement dans son histoire à l’atmosphère oppressante et mystique. Le rythme est correct et va crescendo au fur et à mesure que l’on avance dans le récit jusqu’à un dénouement explosif.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est habilement menée et bien construite. Tout est crédible, c’est captivant. On suit Michael, Ida et Luca qui conduisent leur enquête chacun de leur côté, mais elles vont toutes converger au fur et à mesure que le tueur devient plus audacieux.

De plus, l’auteur a parfaitement su nous dépeindre le climat de La Nouvelle-Orléans à cette époque. Cela apporte réellement un plus à l’histoire.

Il nous décrit et nous transmet l’agitation d’une ville où tout le monde est un outsider, mélangé avec la ségrégation, les truands siciliens qui dirigent la pègre, les politiciens et les policiers corrompus ainsi que les Irlandais. Le tout saupoudré d’une touche de vodou et de superstition.

C’est une ville au bord de l’implosion où l’on ressent la méfiance accrue dans une ville déjà encline à la suspicion.

Pour ce qui est des protagonistes, Ray Celestin nous offre un casting riche et diversifié aux personnages bien dépeints. Au fil des pages, on découvre leur histoire, leur vie en cette période. Quant aux personnages secondaires, ils sont très plaisants avec une mention spéciale pour Lewis Armstrong (qui n’est pas sans nous rappeler le grand Louis Armstrong), un jeune noir de 19 ans très doué pour la musique qui va aider Ida.

Pour conclure :

« Carnaval » est un excellent thriller historique. C’est un roman rempli de mystère, de suspense et de conspiration.
C’est sombre, fascinant et addictif !
À découvrir !

À noter que ce récit est fondée sur des faits réels entre 1918 et 1919. Le tueur à la hache (The Axeman’s Jazz) de La Nouvelle-Orléans a tué six personnes et n’a jamais été attrapé.

Un tome 2 serait en route avec un certain Alphonse Capone. 🙂

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La chronique du roman « Sous emprises » de Sharon Bolton

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À l’université de Cambridge, Evi Oliver, la psychiatre responsable des services de soutien psychologique, contacte Scotland Yard : une vague de suicides inquiétante frappe les étudiantes. Lacey Flint, jeune et jolie policière, est alors envoyée infiltrer les bancs de l’université. Une mission qu’elle compte remplir au plus vite : jouer les fragiles jouvencelles ne lui correspond guère. Mais, petit à petit, l’enquêtrice sûre d’elle et inébranlable vacille. D’étranges rêves hantent ses nuits. D’ailleurs, s’agit-il bien de chimères ? Alors que les frontières de la réalité se brouillent et que le doute l’assaille, les griffes de l’angoisse l’étreignent et la portent au bord du gouffre. À croire que, dans l’ombre de son sommeil, quelqu’un joue de ses peurs pour mieux étendre son emprise sur elle…

Il est sorti le 8 janvier 2015 aux Editions Fleuve noir, 21€.

Mon avis:

« Sous emprise » se déroule quelques mois après la fin du roman « Écrit en lettre de sang », que je conseille de lire en premier pour bien cerner Lacey, notre héroïne.

Dans cet opus, on retrouve la jeune enquêtrice Lacey Flint et l’inspecteur Mark Joesbury du S010. Tous deux commencent juste à se remettre de leurs blessures de leur dernière aventure, mais Mark a besoin de Lacey pour une de ses affaires délicates.

Elle doit incarner le rôle de Laura Farrow, une jeune étudiante vulnérable de Cambridge. Depuis cinq ans, il y a un nombre élevé de suicides étranges et violents. Lacey ne doit pas mener d’enquête, seulement observer, seule le Dr Evie Oliver (héroïne du roman « Moisson de sang »), psychiatre du campus sera au courant de se véritable identité. Pour cette dernière, cela ne peut pas être des coïncidences, il se trame quelque chose de bien plus sinistre…

Lacey étant un électron libre, sa curiosité prendra le dessus. Elle ne pourra s’empêcher de pousser plus loin son investigation. Mais bientôt, elle sera en proie à de terribles songes… Elle est devenue un pion de cette guerre psychologique et cela ne fait que commencer…

Le style de Sharon Bolton est entraînant et incisif. Dès les premières pages, j’ai été happée par ce thriller trépidant. Le rythme est soutenu avec des chapitres courts et une alternance de points de vue. Tout cela nous permet d’être totalement immergés. Tout du long, la tension est présence, le mal omniprésent, et le danger augmente de façon exponentielle.

Quant au scénario, il est habillement tissé. Sharon Bolton nous balade avec facilité. On spécule continuellement pendant notre lecture sans avoir réellement trouvé l’antagoniste. C’est passionnant !

Le seul petit bémol, ce serait le dénouement que j’ai trouvé un peu rapide. Je demeure un peu frustrée, car il me reste deux-trois questions sans réponses.

Du côté des protagonistes, ils sont complexes, énigmatiques, attachants avec une bonne caractérisation.
Le duo Lacey/Mark fonctionne toujours bien et leur relation particulière évolue doucement, mais surement.

Pour conclure :
Sharon Bolton signe là, un thriller psychologique brillant, rapide et effrayant.
J’ai adoré retrouver l’univers de notre enquêtrice Lacey Flint. Vivement la suite !

Saga en quatre tomes. 

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La chronique du roman « La trilogie du Baztan,t1: Le gardien invisible »de Dolores Redondo

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Au Pays basque, sur les berges du Baztan, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun , une étrange créature mi-ours, mi-homme… L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien l’enquête qui mêle superstitions ancestrales, meurtres en séries et blessures d’enfance.

Il est sorti le 15 janvier 2015 aux Editions Folio, 8.50€.

Mon avis:

Nous voici au Pays basque, sur les berges du Baztan. Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé dans la forêt, mais ce qu’il ressemble de prime à bord à un meurtre isolé devient vite le premier d’une série…

L’inspectrice Amaia Salazar, ayant fait un stage à Quantico au sein du FBI, se voit charger de l’affaire. Elle devra démêler le réelle du folklore, car la rumeur semble dire que la créature mystique, le Basajaun, serait derrière tout ça…

Amaia enquêtera dans son village natal qu’elle a fui de nombreuses années avant. Elle devra, en plus de l’assassin, combattre ses propres démons et affronter sa famille…

Le style de Dolores Redondo est agréable et descriptif, parfois même trop. Cela manque d’épuration, on se perd dans des détails parfois inutiles alors qu’à certains moments on en aimerait plus.

Quant au rythme, il est en dents de scie, à cause d’éléments futiles et de la redondance de quelques passages. Cela casse la cadence et donne, de ce fait, des longueurs au récit.

Néanmoins, cela demeure assez attrayant pour nous donner envie de continuer notre lecture jusqu’au dénouement.

En ce qui concerne le scénario, il est bien tissé bien que le schéma soit assez classique sans grand suspense et rebondissement. En outre, j’ai trouvé que l’auteur mettait trop l’accent sur la vie privée d’Amaia, notamment ses problèmes de grossesse qui n’apportent rien. Cela donne l’impression d’étouffer l’enquête, c’est dommage.

Toutefois, j’ai adoré le côté mystique et légende urbaine qui est bien développé. C’est l’aspect le plus intéressant du roman. Ce qui donne une atmosphère oppressante où tout semble possible.

Du côté des protagonistes, ils sont nombreux même si tout tourne autour d’Amaia. Ils sont plaisants, leur psychologie est bien dépeinte, mais assez stéréotypée dans l’ensemble. J’ai trouvé que pour quelques un, les traits étaient trop grossiers, ce qui les rend peu crédible.

Pour conclure :

« Les gardiens de l’invisible » est un policier sympa et divertissant qui combine thriller avec mythe et traditions, malgré les quelques points négatifs cité plus haut.

À voir ce que donnera la suite. 

La chronique du roman « Black Ice » de Becca Fitzpatrick

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L’appel du danger est irrésistible…

En décidant de passer un week-end à la montagne avec sa meilleure amie, Britt était loin d’imaginer que son ex, Calvin, serait aussi de la partie. Tandis qu’elle profite du trajet pour réfléchir à leur histoire, Britt et Korbie se retrouvent bloquées au milieu de nulle part dans une terrible tempête de neige. Bravant le froid glacial, elles finissent par trouver refuge dans un chalet occupé par deux beaux inconnus. Deux malfaiteurs en fuite qui les prennent en otage.
Tandis qu’elle échafaude des plans pour trouver une issue, l’angoisse de Britt grimpe d’un cran : elle découvre que plusieurs meurtres ont été commis dans la région. Sans compter que le comportement bienveillant de Mason, un des deux ravisseurs, est déconcertant : est-il un ennemi ou un allié ? Peut-elle lui faire confiance ? Les apparences sont trompeuses au milieu du blizzard, et les secrets bien gardés…

Il est sorti le 4 février 2015 aux Editions MSK, 17€.

Mon avis:

Britt, 17 ans, a encore des sentiments pour son ex copain, Calvin, qui a rompu avec elle il y a huit mois. Pour prouver à Calvin qu’elle n’a plus besoin de lui, elle part faire un trekking pendant une semaine dans le massif de Teton avec son amie Korbie.

Alors que les deux filles sont sur le trajet pour atteindre leur point de départ, elles se retrouvent bloquées sur la route au milieu de nulle part, sans aucun lien avec la civilisation.

Ne pouvant pas rester dans la voiture avec ces températures glaciales, Britt et Korbie tentent de rejoindre un refuge. Après un certain temps, elles trouvent une cabane habitée par deux jeunes hommes. Mais au fil des minutes, Britt sent que quelque chose cloche… L’enfer vient de commencer !

Le style de Becca Fitzpatrick est toujours aussi agréable et addictif. On plonge facilement dans ce thriller intense et sombre au rythme effréné. Il y a de l’action et des rebondissements non-stop.

En ce qui concerne le scénario, il est bien mené. Toutefois, il est quelque peu prévisible et certains points ne sont pas assez traités (comme par exemple le copain de Korbie qui est cité au début mais il disparaît de la circulation sans aucune explication).

Néanmoins, une fois commencé, j’ai eu du mal à décrocher, et ce jusqu’au dénouement, que j’ai trouvé très réussi.

Du côté des protagonistes, ils sont bien dépeints et parfaits dans leur rôle. Seule Korbie manque de profondeur. Les antagonistes sont bons : l’un est sans scrupules, l’autre est plus nuancé. L’auteur nous dévoile leurs véritables motivations au fil du récit, chapitre après chapitre, ce qui maintient une certaine tension.

Quant à Britt, c’est une héroïne brave, débrouillarde qui essaye de s’adapter rapidement pour tenter de survivre. Elle devra affronter de nombreux dangers, en plus de ses tortionnaires, dans cette montagne farouche et inhospitalière (froid, faim, bêtes sauvages…). Ses souvenirs de sa relation avec Calvin, que nous découvrons par flashbacks, lui apportera réconfort.

Il y a également une romance qui a toute son importance, car elle offre une autre dimension au récit.

Pour conclure :

« Black Ice » est un thriller YA haletant avec un décor enneigé superbe, mais angoissant. C’est un roman qui mélange parfaitement suspense, danger et romance. J’ai été captivée d’un bout à l’autre. Je ne suis pas passée loin du coup de cœur.

À lire !
À noter que c’est un one shot. 

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La chronique du roman « Pretty and Dangerous, tome 1 : Claudine » de Barbara Palmer

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Étudiante à la prestigieuse université de Yale, Maria Lantos, vingt-six ans, est spécialisée dans la littérature érotique du XVIIIe siècle. Chaque soir toutefois, elle devient Claudine, une femme voluptueuse, fatale, qui offre sa compagnie à des hommes extrêmement puissants, parmi les plus riches du monde. Auprès de ses clients, Claudine gravite dans des sphères ultra privées, côtoie la haute société. Ses trois mots d’ordre : anonymat, satisfaction, discrétion. Mais bientôt, la frontière entre ces deux  univers vole en éclats. À commencer par le meurtre d’une inconnue, dont les papiers d’identité indiquent une certaine Maria Lantos…

Il est sorti le 7 janvier 2015 aux Editions J’ai lu, 15.90€.

Mon avis:

Maria est une jeune femme de 26 ans. Le jour, elle étudie la littérature érotique ancienne à Yale. La nuit, depuis cinq ans, elle devient Claudine : une escorte girl spécialisée dans les jeux de rôle sexuels pour une clientèle d’élite. Chaque client paye très cher pour passer une nuit, une seule, en compagnie de Claudine.

Maria a toujours tout fait pour séparer ses deux modes de vie et garder son anonymat. Mais, un jour, des policiers lui annoncent qu’une certaine Maria Lantos a été retrouvée morte, une fille qui lui ressemble étrangement. Le rempart qu’elle avait dressé entre ses deux existences est en train de s’effondrer. Un psychopathe la traque, joue avec elle, avec son passé et ses cauchemars…

Le style de Barbara Palmer est très agréable et entraînant. Le rythme est rapide, entrecoupé de moments de vie, d’action, de suspense et de scènes de sexe. Ces dernières sont très présentes, car elles font partie intégrante de la vie de l’héroïne, mais elles ne sont jamais vulgaires ni gratuites.

J’avoue que l’auteure a très bien su tout mélanger pour en faire un scénario captivant et bien construit.

En ce qui concerne les protagonistes, on se concentre surtout sur Maria/Claudine. Toutefois, nous avons aussi Lillian sa confidente et Andrei Baronov, un homme rude, séduisant et loyal. Il est son chauffeur, son garde du corps et son manager. Ces deux personnes sont ce qui ressemble le plus à une famille pour Maria. Ce sont des caractères plaisants et relativement bien dépeints.

Quant à Maria, c’est un personnage plus complexe qu’il n’y paraît avec un lourd passif et de nombreuses cicatrices émotionnelles. Elle est forte, indépendante et érudite. Au fil des pages, Barbara Palmer nous dévoile son parcours, ses choix, son rapport avec le sexe et ses blessures. Tout est en corrélation. Il y a beaucoup d’émotion et une romance belle et discrète.

Pour conclure :

« Claudine » fut une très bonne surprise. C’est un roman érotique suspens très agréable qui renouvelle le genre.

À découvrir !

La chronique du roman « Zombi (Nouvelle édition) » de Joyce Carol Oates

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Il pose bien un peu problème à à ses parents, mais ni l’un ni l’autre ne croient à l’accusation d’agression sexuelle sur un mineur dont il est l’objet. Il est un cas pour le psychiatre-expert auprès des tribunaux chargé de le suivre, qui se sent néanmoins encouragé par la nature toujours plus positive de ses rêves et sa franchise à en discuter. Il est le plus exquis des garçons pour sa riche grand-mère incapable de lui refuser quoi que ce soit.

Il est sorti le 3 décembre 2014 aux Editions Le livre de poche, 6.10€.

Mon avis:

Voici un roman sombre et tordu.

Nous suivons Q_____ P_____, 31 ans, qui a été condamné à une peine de 2 ans avec sursis pour délinquance sexuelle.
C’est un être qui a appris à tromper son monde. Il porte un costume de normalité tout en mettant en exécution l’impensable.
Êtes-vous prêt à plonger dans la folie et la noirceur humaine ?

Dans ce récit, Joyce Carol Oates nous immerge totalement dans la tête d’un tueur. On voyage dans les méandres de l’esprit déviant du narrateur où l’on vivra à travers ses yeux ses fantasmes les plus malsains. Le tout est écrit avec une plume incisive, crue et très visuelle. Âmes sensibles s’abstenir. En outre, le choix stylistique de l’auteur est parfois un peu pénible, notamment avec les phrases longues et la surabondance de l’esperluette. J’avoue que je n’ai pas compris son intérêt.

Pour ce qui est de l’intrigue, il n’y en a pas à proprement parler. Il y a un début, mais pas de fin, pas réellement d’angoisse ni d’action. Nous suivons un pan de vie de Q____ P____. On oscille, pendant 211 pages, entre l’existence banale de notre tueur, sa part obscure, ses pulsions, sa traque jusqu’au passage à l’acte. J’avoue que ses faits et gestes m’ont fait très pensé à Jeffrey Drahmer un tristement célèbre tueur en série.

Toutefois, le personnage de Q____ P____ m’a laissée de marbre. Joyce Carol Oates n’a pas su me faire ressentir toute l’horreur. Je dois dire qu’il y a des romans sur le sujet bien meilleur et glaçant comme « American psycho » ou encore « Le silence des agneaux ». Eux, ils laissent un véritable impact sur le lecteur.

Pour conclure :

« Zombi » est un livre psychologique particulier. Je ne sais toujours pas si je l’ai trouvé bon ou mauvais. Je suis assez dubitative. À voir si vous voulez tenter…

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La chronique du roman « Puzzle » de Franck Thilliez

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Et si on vous demandait de mourir… dans un jeu ?

Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa.

Lorsqu’un an après leur rupture Chloé réapparaît dans la vie d’Illan en lui annonçant qu’elle sait comment jouer, ce dernier a totalement rompu avec l’univers des jeux, et vit isolé dans la maison de ses parents disparus en mer. Officiellement morts, mais Ilan est persuadé qu’ils ont été enlevés à cause de leurs recherches scientifiques. Après avoir refusé l’aventure, Illan cède alors que Chloé lui fait part de la rumeur: le gagnant remporterait 300 000 euros.

Après un premier jeu de pistes dans Paris, les deux amis sont enfin sélectionnés. C’est alors qu’ils découvrent la règle numéro 1 : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. », rapidement suivie, à leur arrivée sur les lieux du jeu – un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne appelé Complexe psychiatrique de Swanessong – de la règle numéro 2 : « L’un d’entre vous va mourir. »Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Illan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire…

Et Paranoia peut alors réellement commencer…

Il est sorti le 9 octobre 2014 aux Editions Pocket,8.10€ .

Mon avis:

Vous venez de lire le résumé de cette histoire qui parle de jeu de rôle grandeur nature dans le cadre d’un hôpital psychiatrique désaffecté.

Vous vous dites que ce n’est pas bien nouveau tout ça. Des thrillers prenant pour cadre ce genre d’endroit, il y en a un certain nombre (Le briseur d’âmes de Sébastian Fitzek récemment par exemple). Quant au thème du jeu, il a donné naissance à un bon film appelé « The game », pour ne citer que lui.

Maintenant, penchez-vous sur la couverture. Là, au dessus du titre « Puzzle », vous voyez ce qu’il y a de marqué en grosses lettres rouge sang ? Il est inscrit « Franck Thilliez ».

Bon, on rembobine et on recommence (non ce n’est pas la bobine du Syndrome [E] ;-)).

« Puzzle » donc, le nouveau Thilliez, gage de qualité et d’un moment de lecture mémorable.

Franck Thilliez, celui-là même qui nous proposait il n’y a pas si longtemps un roman avec un sujet qui semblait sentir lui aussi le réchauffé : « Vertige ». Un roman qui n’est rien de moins qu’un chef d’œuvre du genre.

Thilliez qui a pris, cette fois encore, un malin plaisir à nous concocter un casse-tête machiavélique, un jeu de patience qu’il convient de savourer ligne après ligne pour profiter pleinement de l’intrigue.

Aucun temps mort tout au long de ces 430 pages, pas une minute de répit, les innombrables pièces s’emboîtant les unes dans les autres à un rythme effréné.

Vous avez votre méthode pour venir à bout d’un puzzle, vous commencez par les coins, recherchez les bords ? Laissez tomber et laissez-vous guider par un maître en la matière.

Comme dans « Vertige », l’auteur s’est effacé derrière son histoire pour remplir à merveille son rôle de conteur, sans que rien ne vienne perturber le défilement de l’histoire. Plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît, à mon sens, et parfaitement réussi une fois de plus.

On retrouve dans ce roman certains thèmes récurrents chez Thilliez (vous pouvez toujours courir pour que je vous énumère lesquels), et leur agencement donne parfaitement corps à ce récit.

Un récit immersif, qui prouve que « divertissant » peut rimer avec « intelligent », lorsqu’une bonne histoire est mise entre les mains d’un auteur de talent.

C’est bien simple, j’écoute régulièrement de la musique en lisant, mais pas avec ce roman. Je voulais entendre siffler le vent dans les montagnes et entendre le silence glaçant des longs couloirs du bâtiment servant de lieux à cette histoire.

Proposez-moi d’autres moments de pur divertissement de cette qualité et je signe des deux mains de suite.

Ecrit par Gruz

La chronique du roman « Satan était un ange » de Karine Giebel

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Tu sais Paul, Satan était un ange… Et il le redeviendra. Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder. Mettre la musique à fond pour ne plus entendre. Tic tac… Bientôt, tu seras mort. Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif qui tente d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse. La mort est certaine. L’issue, forcément fatale. Ce n’est plus qu’une question de temps. Il vient à peine de le comprendre. Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer. L’échéance approche. Je vais mourir. Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout… Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?

Ce livre est sorti le 13 novembre 2014 aux éditions Fleuve Noir, 336 pages, 18,90€.

MON AVIS :

Ayant beaucoup aimé Juste une ombre de l’auteure, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé la lecture de ce roman. Malheureusement, j’ai peiné à arriver jusqu’au bout de ma lecture tant je n’ai pas retrouvé le style choc de Karine Giebel qui avait superbement servi la psychologie écorchée vive et volcanique de ses deux précédents héros. Paul et François, que l’on découvre grâce à une alternance parfois à même un chapitre (un découpage que je n’ai pas trouvé des plus judicieux), m’ont non seulement paru stéréotypés, mais insipides. Le texte est froid, sans âme, très formaté et, parfois même, redondant dans les pensées de François.

La trame de départ était plutôt sympathique, à savoir les deux hommes que tout oppose et qui vont être amenés à se serrer les coudes malgré tout face à une affaire qui les dépasse. Le rythme, comme le style, est nerveux, mais je n’ai éprouvé aucune sympathie ni aucune compassion pour le quadragénaire riche atteint d’un cancer (ce que l’on devine dès le début, en fait, malgré un effet de suspense qui veut que le pot aux roses ne nous soit dévoilé qu’au bout de quelques chapitres…) et le jeunot qui se la joue petite frappe amère de la vie. Le trait de ces deux personnages manque de finesse.

Ça ne sert à rien que je m’étale sur le reste du roman au risque de spoiler gratuitement, le principal est dit : la psychologie caricaturale et le cliché ultime des classes sociales ont rendu ma lecture pénible… Pour le reste, je dirai juste que je n’ai pas non plus adhéré à ce parallèle religieux que l’auteure a voulu instaurer, pas plus qu’aux citations des Fleurs du Mal de Baudelaire qui m’ont laissée perplexe jusqu’à la fin. Une fin convenue, alors que l’auteure m’avait franchement surprise dans Juste une ombre en n’hésitant pas à sacrifier des protagonistes pour servir son intrigue.

J’espère retrouver le même enthousiasme que j’avais ressenti pour Juste une ombre dans le prochain roman de l’auteure, car elle a, en temps normal, une patte humaine atypique qui fait monter la pression émotionnelle jusqu’à permettre une identification totale.

Ecrit par Julie