La chronique du roman « Hadès, livre 1 » de Candice Fox

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Sydney, années 1990.
Hadès règne sur une décharge, un univers de sculptures étranges, où des hommes viennent solliciter son aide pour faire disparaître des corps. Un soir, on lui amène deux jeunes enfants rescapés d’un cambriolage qui a mal tourné. Il s’apprête à les tuer mais leur regard froid le pousse à les adopter. Il les baptise Eden et Eric. Au fil des années, il va tout leur apprendre, dont son savoir-faire si particulier.

Sydney, de nos jours.
Frank Benett rejoint la brigade criminelle et fait la connaissance d’Eden, sa nouvelle coéquipière, sous l’œil malveillant de son frère et collègue Eric. Leur première enquête débute immédiatement : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Frank et Eden mettent au jour un trafic, grâce à une liste officieuse de demandeurs.
Quand une jeune femme réussit à échapper au tueur et que d’autres corps sont retrouvés dans la maison où elle était séquestrée, la traque commence.
Mais Frank a de sérieux doutes sur Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms d’hommes disparus qu’il a trouvée chez Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d’Hadès, la légende du crime ?
Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l’ampleur…

Il est sorti le 9 février 2017 aux Editions Michel Laffont.

Mon avis:

Hadès est l’homme que l’on appelle le seigneur des bas-fonds. Quand vous avez besoin de vous débarrasser de quelque chose ou quelqu’un, vous faites appel à lui. Mais lorsque des hommes lui déposent deux petits corps, qui sont encore en vie, il prend une décision majeure. Elle affectera les années à venir et il devra faire face aux conséquences de son acte.

Vingt ans plus tard, Frank Bennett rencontre sa nouvelle partenaire, Eden Archer, ainsi que son frère Éric qui travaille également à la brigade des homicides. Au fil du temps Frank les trouve de plus en plus étranges. Et à quoi correspond cette liste de noms dont certain sont rayés ? Frank essayera de percer le mystère des Archer, mais c’est sans se douter qu’il vient de mettre le pied dans une sombre histoire…

Le style de Candice Fox est très agréable et prenant. Le rythme est rapide grâce aux différents points de vue présents ainsi que grâce au suspense et aux retournements de situation. L’auteur arrive à garder notre intérêt éveillé tout du long, même si l’intrigue reste du déjà vu. La grande force de ce roman sont les personnages, surtout le trio Hadès, Eden et Éric. Pendant que nous suivons l’enquête sur la traque d’un tueur en série qui démembre des corps et vole des organes, nous voyons Frank essayer de percer le mystère d’Éden. Candice Fox dévoile, par des flashbacks disséminés dans le livre, la jeunesse, la vie d’Éden et Éric et l’éducation qu’ils ont reçue par cet homme pas comme les autres. Comment cette tragédie familiale et leur instruction les ont façonnés. Ce sont des personnages complexes, fascinants et bien étoffés qui ont été changés irrévocablement par un acte de violence. On explore les nuances du bien, du mal, de la justice et de la vengeance.

Pour conclure :

« Hadès » est un thriller psychologique sombre, froid et brutal avec un petit côté Dexter. Les caractères sont ambigus et passionnants et prennent le pas sur la trame policière classique, même si elle est bien menée. C’est avec plaisir que je lirais la suite pour voir où le personnage d’Éden va nous emmener.

À noter que le second opus « Éden » sort en octobre 2017.  

La chronique du roman »Underground »de SL GREY

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Un virus mortel s’abat sur l’Asie et décime les populations en un temps record. Alors que l’épidémie s’étend et plonge le monde entier dans le chaos, une minorité – des survivalistes – s’est préparée à cette menace. Ils sont cinq familles à avoir investi dans ce qu’on appelle le Sanctuaire, un luxueux complexe souterrain de survie et d’autosuffisance, censé les protéger de tout danger mortel.
Les portes se referment sur eux, verrouillées et sécurisées par un code, connu d’un seul homme.
Mais qui sont vraiment ces privilégiés, reclus dans leur bunker haut gamme ?
Et qu’est-ce qui les lie à part une volonté féroce de survivre ?
Car entre les obsessions racistes et religieuses des uns, les délires et phobies des autres, cette communauté paraît au bord de l’implosion. Pourtant un équilibre semble se maintenir.
Jusqu’à ce qu’un corps soit découvert dans le bunker…

Il est sorti le 9 mars 2017 aux Editions Fleuve noir.

Mon avis:

Une épidémie du virus AOBA frappe le monde et il est sur le point d’éradiquer l’espèce humaine. Nous suivons des familles qui ont acheté des appartements de luxe de survie dans un bunker souterrain. Le Sanctuaire est situé dans le Maine, au milieu de nulle part. Il est sur 8 niveaux et il a été conçu pour être en totale autonomie, avec salle de détente, salle de sport, infirmerie, poulailler, cultures hydroponiques avec traitement de l’eau et de l’air. Bref, un coin de paradis pour des survivalistes. Mais lorsque les nouveaux résidents prennent possession des lieux, ils s’aperçoivent que Greg Fuller est loin d’avoir tout terminé, faute de moyen. Et cela s’aggrave lorsqu’un cadavre est découvert et qu’ils se retrouvent enfermés sous terre, sans pouvoir en sortir et sans aucun moyen de communication. Ils ont fui un danger pour tomber en enfer…

J’ai adoré ce roman ! Le style de S.L Grey (Sarah Lotz et Louis Greenberg) est très agréable et prenant. Ils nous plongent dans un huis clos anxiogène dès que les portes du Sanctuaire se sont refermées. Le rythme est rapide et une fois commencé, vous allez avoir du mal à refermer le livre avant la fin.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est habilement menée. On ne cesse de se poser des questions. Qui est (ou sont) le (s) meurtrier (s) ? Vont-ils réussir à sortir de cette tour de béton ? La tension monte crescendo, les cadavres s’accumulent et les esprits s’échauffent entre psychose, hystérie paranoïaque, racisme et fantasme religieux. S.L Grey nous baladent du début à la fin. De plus, les chapitres sont écrits en alternance à partir de différents points de vue et cela nous donne plusieurs perspectives du récit. C’est captivant.

Du côté des protagonistes, on suit un groupe d’individus éclectique et qui n’est pas fait pour s’entendre. Nous sentons de nombreuses tensions sous-jacentes entre certains résidents, ce qui donne un environnement toxique. Ils sont assez stéréotypés, mais cela fonctionne très bien pour ce genre de livre. Ils sont correctement développés et les relations entre chaques personnages sont bien retranscrites.

Pour conclure :

« Underground » est un roman très efficace à l’ambiance sombre et angoissante. J’ai été happée du début à la fin.

À découvrir !

La chronique du roman « Leçons d’un tueur » de Saul Black

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C’est une chasse au trésor sanglante, dispersée dans tout le pays. Sept jeunes femmes violées, torturées puis tuées, dans le corps desquelles on a laissé d’étranges souvenirs : une fourchette, un abricot, une grenouille en terre cuite…
Valerie Hart, inspectrice à la Brigade criminelle de San Francisco, fut la première à relier ces crimes atroces entre eux. Mais aujourd’hui l’enquête piétine. Il ne s’agit plus seulement d’éviter une huitième victime, mais de sauver la vie d’une fillette sans défense, dans une cabane isolée du Colorado… Pour elle, chaque minute compte.

Leçon d’un tueur est sorti le 9 juin 2016 aux Editions Pocket.

Mon avis:

Dans cet opus, nous suivons deux tueurs en série, sadiques aux fantasmes pervers, qui forment un duo sinistre.

En parallèle, on suit Valérie Hart, 38 ans, inspecteur à la criminelle de San Francisco. Depuis trois ans, elle essaye de comprendre la logique derrière les meurtres cruels de sept femmes âgées de vingt-quatre à quarante ans. Elles ont toutes été enlevées, violées, mutilées et assassinées.

Mais alors que Valérie piétine depuis ces dernières années, un évènement va tout faire accélérer et une course contre la montre s’enclenche pour mettre fin à ces atrocités…

Le style de Saul Black est nerveux et incisif. L’auteur sait parfaitement nous faire ressentir les émotions (peur, angoisse, peine, espoir…). De plus, le point de vue narratif omniscient nous permet de plonger dans la folie des meurtriers (leur plaisir à commettre ces actes), l’horreur des femmes torturées et l’accablement et le désespoir de l’inspecteur Valérie Hart. Cela offre une atmosphère très sombre et oppressante.

Quant au rythme, il est dynamique du fait des chapitres courts et des changements de perspective, même s’il y a peu de révélations majeures. En effet, nous savons dès le début qui sont les assassins. Toutefois, cela ne nous empêche pas de tourner avidement les pages pour connaître le dénouement. Le tout est accompagné d’une tension qui monte en puissance au fil des pages.

En ce qui concerne le scénario, il est de facture classique, mais habillement mené entre action et suspense.

Pour ce qui est des protagonistes, ils sont attachants et profondément humains. Les personnages sont bien dépeints avec une caractérisation psychologique excellente. C’est le point fort du roman. Néanmoins, ils demeurent assez stéréotypés. Nous avons une inspectrice imparfaite, partiellement détruite avec un problème d’alcool et des tueurs en série mentalement déviants.

Pour conclure :

Saul Black signe là, un très bon thriller assez conventionnel, mais terriblement efficace et prenant. Cette première plongée pour l’auteur dans ce monde est une réussite. C’est avec plaisir que je lirais la suite des aventures de Valérie Hart.

À noter que Saul Black est le pseudonyme de Glen Duncan. 

La chronique du roman « Poussières d’os » de Karin Salvalaggio

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Quelqu’un frappe à la porte de la maison de Grace Adams. Grace est certaine de savoir de qui il s’agit pourtant lorsqu’elle regarde par la fenêtre de sa chambre, elle voit une inconnue marcher sur le sentier derrière sa maison.

Soudain, un homme émerge de l’obscurité des bois environnants et la poignarde, puis s’enfuit dans l’ombre, la laissant mourir dans la neige. Choquée, Grace appelle la police, sachant bien qu’ils ne pourront arriver à temps. Alors elle se décide à secourir elle-même la femme et constate qu’elle ne lui est pas étrangère…

Traumatisée, Grace est emmené à l’hôpital, pendant que le détective Macy Greeley est rappelée dans la petite ville de Collier – Montana – où elle a autrefois enquêtée. Elle va devoir traquer le tueur et comprendre ce que l’assassin a à voir avec Grace, une jeune femme troublée que son passé a peut-être brusquement rattrapé.

Mais la ville de Collier est toujours aussi secrète et Macy devra rouvrir de vieilles blessures pour résoudre un crime qui a semble-t-il mis plus de 11 ans à apparaître.

Il est sorti le 17 août 2016 aux Editions Bragelonne.

Mon avis:

L’inspectrice Macy Greeley, enceinte jusqu’au cou, est envoyée à Collier dans le Montana. Une femme s’est fait assassiner et ce meurtre fait écho à une affaire sur laquelle elle avait travaillé des années plus tôt.

Grace, une jeune fille vulnérable de dix-huit ans, est témoin de l’assassinat de sa mère qu’elle n’avait pas vue depuis onze ans. Des questions se bousculent dans sa tête, pourquoi est-elle revenue ? Qui l’a tuée ?

L’enquêtrice Macy plongera dans l’histoire des habitants de Collier. Elle devra démêler le vrai du faux pour découvrir tous les secrets que renferme cette ville…

Le style de Karin Salvalaggio est agréable et descriptif. Le rythme est assez lent, car l’on digresse beaucoup sur la vie des personnages que nous rencontrons pendant notre lecture, mais cela n’est pas ennuyeux.

Pour ce qui est de l’intrigue, elle est bien menée, même si elle reste classique par rapport aux thèmes abordés (cupidité, pouvoir, violence domestique, etc.). Néanmoins, l’auteur a su retenir mon intérêt jusqu’au dénouement.

En ce qui concerne les personnages, ils sont bien fouillés psychologiquement, à part, peut-être, notre héroïne. J’avoue que je n’ai pas compris le choix de développer autant le personnage secondaire, Jared l’ambulancier, qui n’apporte pas grand chose et qui vole presque la vedette à l’inspectrice. On a l’impression que la moitié du roman lui est réservée… J’ai trouvé cela très dommage.

Néanmoins, la galerie de caractères que l’on rencontre au fil des pages se révèle progressivement et on découvre leurs forces, leurs défauts et leurs secrets. C’est plaisant.

Pour conclure :

« Poussières d’os » est un policier sympa et divertissant dans le genre classique. Il n’est pas sans quelques défauts, mais il a du potentiel.

À voir ce que donne la suite des aventures de l’inspectrice Macy Greeley.

La chronique du roman « Tous ces silences »de Elisabeth Herrmann

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Un meurtre atroce défraie la chronique berlinoise. Un meurtre qui choque d’abord par son extrême cruauté : le corps est retrouvé au Jardin Zoologique, en partie dévoré par des cochons. Ensuite parce que la coupable présumée est très rapidement identifiée. Trop rapidement, selon Sanela Beara, la jeune policière en patrouille arrivée en premier sur les lieux. Très réservée et mentalement instable, Charlie Rubin a tout de la coupable idéale. Elle a avoué le meurtre. Et pourtant, Sanela a des doutes, que partage également Jeremy Saler, le psychologue chargé d’établir le profil de Charlie. Qui la jeune femme cherche-t-elle à protéger ? Pourquoi ? Ils découvrent bientôt que de terribles souvenirs d’enfance traumatisent Charlie et la maintiennent à distance de son village natal, Wendisch Bruch. Des évènements scellés par le silence des quelques habitants qui restent, qui ne veulent plus en entendre parler, et pour cause…

Il est sorti le 9 juin 2016 chez Fleuve Editions.

Mon avis:

Sanela Beara, une jeune flic de 26 ans qui veut faire ses preuves, est appelée sur une scène de crime dans le parc animalier Teagerden, à Berlin. Dans l’enclos aux cochons se trouve un corps à moitié dévoré. Tout semble montrer du doigt Charlotte Rubin, alias Charlie, une employée du parc timide et taciturne.

Mais Sanela est persuadée que c’est plus complexe que cela. Sanela devra mener sa propre enquête, seule contre tous, pour trouver la vérité…

Le style de Elisabeth Hermann est très agréable. L’histoire se déroule lentement et la tension monte de façon exponentielle pour nous mener vers une fin bien moche.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est très bien menée. On remonte le temps sur vingt ans et, au fur et à mesure de l’investigation de notre héroïne, les pièces du puzzle se mettent en place chapitre après chapitre. L’auteur sait maintenir l’intérêt du lecteur, car nous nous posons des questions tout au long du récit.

Surtout lorsque nous explorons le passé de Charlie et de son village, qui cache un secret bien sombre. Elisabeth Herrmann nous montre également que l’Allemagne souffre encore du mur de Berlin malgré la réunification.

Pour ce qui est des protagonistes, ils sont bien fouillés psychologiquement. Chaque caractère est développé avec soin, en leur donnant un fond et une histoire.

Pour conclure :

« Tous ces silences » est un thriller classique avec certaines facilités, mais agréable. On développe nos propres théories tout du long jusqu’au final cruel, mais sans grande surprise.

C’est divertissant, à découvrir !

La chronique du roman « Les Larmes de Pancrace » de Mallock

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 » Sept morts dans sept siècles tariront votre lignée.  » À cet avertissement proféré en décembre de l’an 1345 à l’encontre du Viconte Pancrace d’Armuth par le dernier des Templiers, la mort de Jean de Renom fait aujourd’hui un écho lugubre. Abattu par balles sur les marches de sa propriété, le châtelain payerait-il les fautes de ses aïeux ?
Alors que les coteaux bordelais saignent le soleil en un nectar somptueux, Mallock sonde les racines du mal et goûte à un breuvage bien plus amer : l’éternel venin des âmes…
Dans cette enquête, secrets de famille, meurtres en chambres closes et ambitions inavouables s’entrelacent tels les tortueux sarments qui envahissent au printemps les vignobles de France.

Il est sorti le 11 février 2016 aux Editions Fleuve noir.

Mon avis:

Jean De Renom est retrouvé mort devant chez lui. Sa femme, Camille De Renom, présente lors du crime est la principale suspecte. Elle ne se souvient de rien et ne nie pas être impliquée dans le meurtre de son mari. Fille d’une femme politique redoutée, l’affaire promet de faire beaucoup de bruit. Le commissaire Gilles Guédrout est chargé de l’enquête, mais étant un proche de la suspecte, il fait appel au commissaire Mallock, un très bon ami et ancien collègue. Lors de leurs investigations, les deux policiers et leur équipe vont se rendre compte que rien n’est simple et que ce crime prend racine dans des meurtres plus anciens…

Le style de Mallock est assez agréable à lire. Ses descriptions sont précises et donnent une bonne vue d’ensemble en jouant habilement avec les cinq sens du lecteur. Cela nous permet de nous faire une bonne idée du décor et des personnages. Ici pas de scènes sanglantes ni de violence physique, mais plus une pression psychologique exercée sur les enquêteurs et le juge.

Les faits se déroulent au présent, mais également au Moyen Âge où le château familial était déjà le lieu d’un crime sanglant. Ce parallèle entre l’histoire et le présent donne une dimension supplémentaire au récit, presque « mystique » où se mêlent malédiction, trésor et trahison.

L’intrigue est ainsi établie sur plusieurs niveaux et les enquêteurs devront démêler le passé avant de pouvoir résoudre leur enquête.

Parmi les protagonistes du récit, nous retiendrons le Commissaire Amédée Mallock. Il possède comme un sixième sens, qu’il appelle des « intuitions ». Ce don est un peu bridé, mais Mallock le libère grâce à la consommation de drogue. Sa personnalité est ambivalente, d’ailleurs elle se dissocie parfois en deux identités ; Mallock et Amédée. Il y a également Gilles Guédrout, son ancien collègue parti dans le sud pour faire ses preuves et devenir commissaire. Il demande au premier de l’aider dans son enquête, car il est bien trop proche de la suspecte. Déjà témoin des tours de magie du commissaire il sait se fier à son « don ». Enfin, le juge Max Balesta tient un rôle important. Malgré l’importance de l’affaire, il n’a pas peur de s’attaquer à un personnage public réputé intraitable. Il soutient les deux commissaires dans leurs démarches malgré les conséquences d’un éventuel échec.

Pour conclure :

Ce récit est très prenant. Les différentes « strates » de crimes donnent du relief à l’intrigue et un jeu de pistes intéressant. On retrouve des meurtres, des Templiers, des trésors, des secrets de famille… tous les ingrédients pour faire un bon polar. Le final est plutôt bon bien que l’identité du coupable soit prévisible et c’est là l’un des seuls bémol de cet ouvrage. 

Ecrit par Jess

La chronique du roman « Zoo » de James Patterson & Michael Ledwidge

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À Los Angeles, deux lions dévorent leur gardien. Dans l’État de New York, des chasseurs sont tués par des ours bruns. En Inde, un éléphant piétine à mort son cornac… Partout, les bêtes, sauvages et domestiques, se montrent brusquement d’une agressivité inouïe à l’encontre d’une espèce bien particulière : l’homme. Seul Jackson Oz, docteur en biologie à l’université de Californie, a conscience de la menace : l’humanité court à sa perte. Bientôt la Terre ne sera plus qu’un vaste zoo sans cages, dont les animaux auront pris le contrôle. Numéro un mondial du suspense, James Patterson délaisse le temps d’un roman ses intrigues policières pour nous livrer un thriller apocalyptique.

Il est sorti le 4 mars 2016 aux Editions le livre de poche.

Mon avis:

James Patterson est connu comme le loup blanc des romans de suspense. Le voilà qui délaisse ses intrigues policières traditionnelles pour nous proposer (en collaboration avec Michael Ledwidge) un thriller apocalyptique qui a du chien !

Imaginez le pitch : les animaux se soulèvent contre l’homme pour d’obscures raisons ; l’homo sapiens faisant l’autruche avant que tout le monde ne se vole dans les plumes.

Scénario improbable ? Et pourtant, les deux auteurs arrivent à retomber sur leurs pattes.

Chapitres courts, rythme haletant, mélange de récits à la première et à la troisième personne : c’est un véritable blockbuster littéraire qui nous est proposé.

Une première partie exotique (puisque se déroulant partiellement en Afrique), mais un peu convenue (si je cherche la petite bête) et une deuxième partie plus étonnante, à l’intrigue rusée comme un renard.

Le tout restant extrêmement accessible, une sorte de roman de Michael Crichton grand public, sans grand discours scientifique (mais avec une vraie explication de fin et un message écolo sous-jacent, mais chut je reste muet comme une carpe).

Un roman hyper efficace dans le genre, qui se boit comme du petit lait si on recherche un pur divertissement made in USA qui a tout de même le bon goût d’être malin comme un singe.

On pourrait craindre que ce genre d’idée batte de l’aile très vite, mais Patterson & Ledwidge arrivent (grâce à la deuxième partie) à nous happer dans leurs filets et à nous refiler la chair de poule par moment.

Le tout tient la route également grâce au style direct des auteurs, qui ont la bonne idée d’égrainer le récit de traits d’humour inattendus mais bienvenus.

Ce genre d’intrigue aurait sans doute mérité un traitement moins « à l’américaine » (avec ce formatage qui « impose » de ne pas dépasser 370 pages) et Patterson & Ledwidge tombent de temps en temps dans les facilités anthropomorphiques.

Maintenant, ce n’est pas moi qui vais leur chercher des poux pour si peu, moi qui me suis jeté dans la gueule du loup de cette intrigue avec un plaisir non dissimulé.

Quant à savoir si ce genre de scénario n’arrivera que quand les poules auront des dents, allez savoir…

Ecrit par Gruz

La chronique du roman « Captifs » de Kevin Brooks

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Linus, 16 ans, se réveille un matin sur le sol d’un sinistre bunker souterrain. Sans eau, sans nourriture… et sans la moindre explication. Manifestement, il a été kidnappé. Pour quel motif ? Et qu’attend-on de lui ?

Les jours passent. D’autres détenus, n’ayant apparemment rien en commun, sont amenés par un ascenseur,. Une petite fille. Un vieil homme malade. Un toxicomane. Un autre homme, une autre femme. Capturés en pleine rue, comme lui et désormais, constamment surveillés. Incapables de comprendre ce qu’ils font en ce lieu.

Bientôt, et tandis que le temps commence à perdre sa réalité, une horrible vérité se fait jour. Il ne s’agit plus de sortir – c’est manifestement impossible. Il s’agit de survivre. Ensemble. Le plus longtemps possible. En espérant obtenir une réponse à la seule question qui vaille : Pourquoi ?

Il est sorti le 10 mars 2016 aux Editions Super 8.

Mon avis:

On suit Linus, seize ans, qui a été kidnappé avec cinq autres personnes (jenny neuf ans, un toxicomane, une jeune femme, un homme et un vieillard malade). Ils se retrouvent emprisonnés par un inconnu, dans un bunker sous terre où il n’y a aucune issue, intimité ou espoir. À travers le journal que tient de Linus, nous allons découvrir leur survie et essayer de découvrir une solution pour s’enfuir. Mais la situation n’est pas simple quand cela est associé à la privation de nourriture, au manque d’hygiène et de repères dans le temps…

Le style de Kevin Brooks est laconique et efficace. Il a su rendre son récit addictif et on tourne les pages avidement. Enfin de compte, on se met à la place du ravisseur, on observe leu routine, leur réaction face à ce jeu cruel et sadique où l’espoir laisse place au désespoir. Le tout est rythmé par l’extinction des lumières et la descente et remontée de l’ascenseur, qui n’apporte pas toujours des vivres et des bonnes surprises.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est bien menée. C’est immersif, on est comme Linus, on se pose tout un tas de questions et on veut aller jusqu’au bout pour découvrir le fin mot de l’histoire. Bien que l’on demeure avec beaucoup de questions sans réponses, je trouve que cela colle parfaitement au ton du récit. L’auteur nous offre une fin qui lui convient parfaitement.

Toutefois, même si l’idée du scénario est très bonne, j’aurais aimé que Kevin Brooks pousse un peu plus le vice et l’horreur. En effet, on reste dans le gentillet. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le roman a créé une telle polémique, et ni en quoi il est monumental…

Cependant, après quelques recherches, j’ai découvert que ce roman était plus destiné aux jeunes adultes, donc ceci explique peut-être cela.

D’autre part, je regrette que les personnages et leurs relations ne soient pas plus exploitées. C’est dommage car cela aurait pu donner plus d’intensité au récit.

Pour conclure :

« Captifs » est un thriller psychologique divertissant, ça se lit vite et bien. On plonge dans un huit clos à l’atmosphère oppressante où nous sommes les voyeurs d’un jeu malsain, le tout aux mains d’un psychopathe qui œuvre dans l’ombre.  

La chronique du roman « Les chiens »de Allan Sratton

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Cameron, un ado qui doit fuir un père hyper violent, s installe avec sa mère dans une ferme isolée. La maison a été le théâtre d une tuerie familiale, un demi-siècle plus tôt. Cameron enquête sur ce drame, et découvre peu à peu de nombreuses similitudes entre le passé et son histoire personnelle présente…

Il est sorti le 21 octobre 2015 aux Editions Milan.

Mon avis:

Je bouscule un peu mes habitudes de lecture avec ce thriller jeunesse glaçant d’Allan Stratton. La quatrième de couverture m’avait vraiment donné envie de connaître la résolution du mystère, ce qui semblait plutôt bien parti. Globalement, c’est un roman qui m’a tenu en haleine du début à la fin mais qui n’est pas non plus sans défaut.

 

L’auteur nous plonge tout de suite dans son histoire, en la commençant avec un rythme bien soutenu. En effet, les deux personnages principaux doivent fuir une nouvelle fois le père du héros. Il y a d’ores et déjà beaucoup de tensions mais également de mystères. Est-ce vraiment le père de Cameron qui les surveillait ? Pourquoi lui est sa mère le fuient-ils sans arrêt ? Est-ce que cette nouvelle maison est véritablement hantée ou est-ce juste Cameron qui est perturbé par ce nouveau déménagement ? Le roman prend un excellent départ et le lecteur ne peut qu’être happé par l’intrigue et les promesses qu’elle porte.

 

Effectivement, Allan Stratton pose petit à petit les échelons de l’histoire et de sa résolution. En faisant cela, il oscille également constamment entre hallucinations ou véritable présence d’un fantôme, folie ou réalité tout au long du roman. Certaines scènes, de ce point de vue, sont relativement parlantes et m’ont fait une forte impression.

 

Cependant, je dois ajouter un petit bémol à ce thriller. Vers le milieu du livre, il souffre d’une baisse de régime. L’intrigue semble un peu tourner en rond ou, du moins, il m’est apparu qu’elle s’essoufflait un peu, qu’elle commençait à manquer d’un certain dynamisme alors que, en comparaison, dès les premières pages, Allan Stratton mettait en place un rythme plutôt soutenu, haletant, qui donnait envie de tourner les pages à une vitesse folle. Mais, pendant une bonne partie du roman, je ne dirai pas que je me suis ennuyée car il y a des éléments qui nous font tout de même avancer dans la résolution de l’intrigue mais il manquait quelque chose.

 

Toutefois, cela ne m’a pas empêché, loin de là, de garder un bon souvenir de ma lecture. La manière dont l’affaire qui préoccupait Cameron, même si elle reste, finalement, sans surprise notable, semble logique et elle produit quand même son petit effet sur le lecteur. Les éléments de réponse se sont doucement mis en place et les réponses en découlent sans aucun étonnement. Il n’y a pas vraiment de grands rebondissements finaux qui viennent remettre en doutes nos hypothèses, nos certitudes. Mais, le roman se laisse tout de même découvrir avec plaisir.

 

Il est rare que j’apprécie autant un thriller, même jeunesse. Ce n’est pas le genre littéraire vers lequel je me tourne spontanément. Pour autant, Les chiensd’Allan Stratton est une lecture plus que positive, en définitif. En effet, l’enquête est résolue par la seule capacité d’enquête et de déduction du jeune personnage principal et non pas par des technologies à la pointe qui font tout le travail. Il n’y a pas d’effusion de sang, pas de mise en scène trop macabres qui prouvent que l’on peut faire un bon thriller ou un policier sans en faire trop.

Ecrit par Avalon

La chronique du roman « Meurtres pour rédemption » de Karine Giebel

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Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.

Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.

Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emportent l’esprit au-delà des grilles. Grâce à l’amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.Pourtant un jour, une porte s’ouvre. Une chance de liberté.

Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n’aspire qu’à la rédemption…

Parut le 8 mars 2012. Éditions Pocket.

Mon avis :

Le récit commence dans la maison d’arrêt où est incarcérée Marianne de Gréville, tout juste vingt-et-un ans. La jeune femme est emprisonnée à perpétuité pour un triple homicide depuis ses dix-sept ans. Dans le milieu du banditisme, Marianne est une célébrité, elle est donc maintenue à l’isolement afin de ne pas provoquer de débordement ou d’altercation avec les autres détenues.

Malgré les horreurs qu’elle a commises, la jeune femme attire la sympathie de Justine, une surveillante, et de Daniel, le gradé du bâtiment des femmes. Commence alors le récit de la survie en prison et des interactions humaines entre les différents « habitants » de cet univers. Entre les sévices, les brimades, mais aussi l’amitié et la solidarité, on observe la vie carcérale quotidienne.

Après deux ans passés dans cette maison d’arrêt, Marianne reçoit la visite de trois hommes qui lui proposent de retrouver sa liberté en échange d’un service bien particulier… Mais Marianne, déjà assaillie par la culpabilité, est réticente à commettre l’irréparable.

Karine Giébel a une plume claire. Son récit est fluide, parfois lapidaire ou contrarié, en accord avec l’humeur du narrateur.

Le contraste entre les émotions ressenties par Marianne donne au livre une dimension étrange, une atmosphère bien particulière, entre mélancolie et allégresse. Bien que le fond soit très noir, l’espoir et la joie des bonheurs simples (sentir l’odeur de l’herbe coupée ou de la forêt après la pluie) exprimés par l’héroïne allègent considérablement l’ambiance sans toutefois nuire à la consistance du récit. Tout cela crée une réelle intimité avec le personnage.

Les descriptions du monde pénitentiaire et les scènes de violences nous permettent de nous plonger au cœur du milieu carcéral avec angoisse et instillent une sensation de malaise chez le lecteur. Les règles de la société extérieure ne s’appliquent plus là-bas et tout devient alors possible.

L’auteur trace ainsi un portrait bien noir du milieu carcéral français, mais aussi de l’être humain. En effet, les représentants de l’autorité sont bien souvent aussi vicieux et sadiques que les détenues, voire même plus. Le lecteur se pose alors de nombreuses questions sur nos systèmes judiciaires et pénitentiaires ainsi que sur la réinsertion des prisonnières.

Karine Giébel montre avec ce récit sa très grande maîtrise des émotions. Ce livre vous émeut autant qu’il vous enrage. Ses descriptions de la solitude, de la culpabilité, de la peur, mais aussi de la tendresse et de l’amitié sont réellement bouleversantes et ne laissent pas indemnes.

Le livre ne possède pas d’intrigue à proprement parler, on sait qui fait quoi et pourquoi. On suit plutôt le cours de la vie de l’héroïne, son évolution, la maturation de son jeune esprit vers une certaine sagesse et la recherche du bonheur.

La personnalité de Marianne est très approfondie. On apprend à connaître et à comprendre cette meurtrière grâce à des rétrospectives de son passé et grâce à l’exploration de ses sentiments et de son ressenti au fil des évènements qu’elle vit. L’auteur parvient ainsi à nous faire aimer cette tueuse qui pourtant devrait nous inspirer de l’horreur. Cette boule d’agressivité et de violence n’aspire à rien d’autre qu’à la liberté, au pardon et au bonheur de se lover dans les bras de l’être aimé.

Daniel, l’un des autres protagonistes, a la lourde responsabilité de maintenir Marianne calme. N’ayant d’autres moyens de pression, Daniel va exercer un chantage sexuel sur Marianne : du sexe contre clopes et cames. Mais au fil des pages, ses sentiments pour Marianne vont changer. Daniel va alors lui offrir un peu de liberté. Il va faire découvrir l’amour à Marianne. On contemple ainsi l’évolution de leur relation et l’effet que cet amour en milieu hostile a sur l’un et sur l’autre.

Pour conclure :

 Comment rendre justice à un livre qui m’a tellement touchée en quelques lignes !?

Cette histoire dense est un réel chef d’œuvre, c’est un vrai coup de cœur ! Malgré un volume plus qu’imposant, je n’ai pas vu le temps passer. Je n’ai pas cessé d’y penser. Je n’ai pas été tranquille avant de l’avoir terminé.Ce livre d’une noirceur suprême est avant tout une ode au pardon, à l’amour et à la liberté. Tant d’émotions et d’humanité au milieu de toutes ces brutalités et méchancetés ne peuvent pas laisser de glace.

J’espère que vous donnerez sa chance à ce livre, car il en vaut la peine.