La chronique du roman « Quatre petits bouts de pain » de Magda Hollander-Lafon

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Magda Hollander-Lafon avait 16 ans en 1944, année de sa déportation à Auschwitz-Birkenau. Le reste de sa famille n’en réchappera pas. Arrachées à cette expérience de la mort, ces pages sont nées d’une longue traversée tissée de renaissances. La première eu lieu lorsqu’une mourante donna quatre bouts de pain à l’adolescente en lui disant : « Tu es jeune, tu dois vivre. » D’autres moments de grâce l’aideront à survivre. Plus qu’un témoignage, c’est une méditation sur la vie que nous offre cette femme rescapée des ténèbres. Elle nous invite à la joie, une joie ravie à la désespérance, volée à l’enfer qui a failli l’engloutir. C’est aussi un vibrant appel à devenir créateur de sa vie qu’elle adresse à chacun de nous.

Il est sorti le 30 avril 2014 aux Editions Le Livre de Poche, 5.60€.

Mon avis:

Un ouvrage inqualifiable

En effet, à la lecture du résumé, le lecteur peut avoir l’impression qu’il est tombé sur un énième témoignage concernant la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration et d’extermination. Pour autant, il serait totalement rédhibitoire de ranger cet ouvrage de Magda Hollander-Lafon uniquement dans cette catégorie. En effet, si elle évoque ce qu’elle a vécu à Auschwitz, il ne s’agit pas seulement de cela.

Parfois, l’ouvrage prend la casquette d’un recueil de poésie où l’auteur exprime non seulement ses sentiments mais également son vécu. Quatre petits bouts de pain est découpé selon des thématiques qui ne sont pas forcément classées dans un ordre chronologique mais plutôt selon l’évolution des sentiments de l’auteur, selon ses souvenirs. Malgré tout, cela donne une certaine cohérence au livre. A d’autres moments, le ton est presque philosophique et psychologique.

Une chronique pas si facile à rédiger

Effectivement, Quatre petits bouts de pain est un livre qui m’a profondément touché et qui m’a énormément parlé. Quand j’ai commencé à réfléchir et à rédiger cette chronique, je me suis demandée à quel point je pouvais me dévoiler. Il y a certaines choses que l’auteur écrit et qui font écho à ma propre vie. Je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai autant apprécié ce roman.

« C’est ainsi que j’ai pu comprendre que la dépression n’est pas une maladie. Ce sont des moments où je déprécie la vie en moi. La couleur du jour dépend de mon état d’âme. » Même si nous n’avons pas du tout vécu les mêmes expériences, loin de là, Magda Hollander-Lafon a réussi à me faire prendre conscience de certaines choses Je dirai que je me suis prise une claque totalement inattendue et, peut-être, le petit coup de pied aux fesses que j’attendais.

Pour terminer

Quatre petits bouts de pain est une lecture que je recommande. Pour ma part, ce fut une lecture intense et un coup de cœur.

Ecrit par Avalon

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La critique du roman « Les héritières de Rome » de Kate Quinn

 

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Élégante et ambitieuse, Cornelia, l’aînée de la famille, incarne la parfaite épouse romaine. Lorsque l’empereur Galba choisit son mari pour héritier, elle se voit déjà impératrice. Sa sœur, Marcella, se passionne pour l’histoire et consacre ses journées à l’écriture.

Lollia, leur cousine, se marie et se remarie au gré des valses du pouvoir, garantissant ainsi la sécurité des siens et s’assurant les faveurs des puissants. Sa petite sœur, Diana, n’a quant à elle d’yeux que pour les chevaux et les courses de chars.

Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies : Cornelia voit ses rêves brisés, tandis que Lollia devient la première dame de l’Empire ; Diana se renferme encore plus, au contraire de Marcella, qui se découvre un goût pour l’intrigue. Dorénavant, il n’est plus question pour elle d’observer l’histoire en marche, mais d’y participer, pour le meilleur et pour le pire.

Mais, à la fin, il ne peut y avoir qu’un empereur… et une seule impératrice. Les quatre cousines l’apprendront à leurs dépens.

Il est sorti le 12 juin 2014 aux Éditions Presses de la cité, 22€.

La chronique du tome 1, La maîtresse de Rome ici

La chronique du tome 2, L’impératrice des sept collines ici

MON AVIS :

Les deux tomes précédents avaient été des coups de cœur, celui-ci n’en sera pas un pour bon nombre de raisons. Évidemment, ça reste du Kate Quinn, alors je mentirais en disant que je n’ai pas, globalement, apprécié ma lecture. Malgré tout, je garde un goût amer en bouche, car j’attendais l’histoire des cousines Cornelii, et celle des personnages rencontrés dans les deux autres opus se déroulant plus loin dans le temps, avec impatience.

L’écriture est toujours aussi fluide et le cadre romain bien retranscrit, là n’est pas le problème. Outre cela, le mélange de violence et de frivolité est appréciable, car caractéristique de l’époque. Ce qui pèche principalement, c’est l’alternance de points de vue et l’absence de héros masculin charismatique pour contrebalancer toutes ces voix féminines. À la fois, je dirai que c’est aussi le jeu, puisque l’essence du livre repose sur la vie des cousines Cornelii.

Nous suivons donc les quatre cousines, Marcella l’historienne intrigante, Cornelia l’épouse vertueuse, Lollia la femme objet aux mœurs légères et Diane la sauvageonne qui se passionne pour les chevaux. Les changements de points de vue arrivent sans crier gare, on découvre à quelle cousine on a affaire seulement au bout de plusieurs lignes. Outre ce petit couic de forme, les héroïnes sont assez caricaturales et on ne les apprécie pas toutes… Marcella, qui manque cruellement de crédibilité, passe d’ennuyeuse à imbuvable, et on la suit beaucoup durant le premier tiers du roman du fait de sa position d’observatrice de l’Histoire. Heureusement, les autres, même les plus frivoles, restent agréables à suivre et évoluent bien jusqu’à une fin très satisfaisante.

Dans ce roman, il est beaucoup question de mariage, de veuvage, d’infidélité… Bref, les hommes (comme les empereurs d’ailleurs) sont au centre de l’intrigue en tant qu’accessoires dans le genre « chaises musicales ». Et c’est là que le bât blesse. Les personnages masculins a priori sympathiques, voire même les pseudo méchants, manquent d’envergure au point qu’ils ne nous donnent ni l’envie de soupirer ni celle de les gifler. C’est assez déconcertant tant Kate Quinn nous avait habitués à des hommes plus denses et complexes comme Arius (La maîtresse de Rome) et Vix son fils (L’impératrice des sept collines).

Concernant l’histoire en elle-même, je crois que sans Marcella, ça l’aurait plus fait… Je me suis pas mal ennuyée quand c’est elle que l’on suit et j’ai saturé de ses manipulations politiques peu crédibles par moments. Lepida, la grande méchante du tome 1 à laquelle on a rêvé de rompre le cou, n’est pas près d’être surpassée. Moralité, j’ai nettement préféré suivre les péripéties humaines et sentimentales des autres cousines. Cornelia est une femme loyale, ce qui est rafraîchissant dans ce monde de tromperies. Diane, quant à elle, est la surprise qu’on ne voit pas venir, puisqu’elle reste fidèle à elle-même, mais se dévoile aux yeux de sa famille à la fin. Petit bémol, ceci dit, certaines scènes la concernant, surtout quand cela tourne autour des libertés qu’elle prend dans les courses de chars, ne sont pas du tout crédibles…

Autre point sur lequel j’ai été extrêmement déçue : l’intègre et gentil sénateur Marcus Norbanus. C’est un personnage qu’on a adoré dans les autres tomes et dont on voulait avidement connaître le passé. On le voit à plusieurs reprises, on apprend les épreuves qu’il traverse, mais on ne les vit pas avec lui. C’était, à mon sens, le héros qui avait le potentiel d’équilibrer les points de vue. Quel dommage !

Une déception, donc, pour ce tome situé chronologiquement en amont des deux autres. J’ai apprécié la solidarité féminine, les histoires de cœur des cousines, l’ambiance de la Rome antique, ainsi que, sans conteste, l’écriture. Mais, malheureusement, je n’ai pas du tout adhéré au personnage de Marcella. Et, plus généralement, c’est un texte qui manque d’envergure en comparaison de ce à quoi Kate Quinn nous avait habitués…

Ecrit par Julie

 

La chronique du roman « La maison de l’Arbre joueur » de Lian Hearn

 

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Japon, 1857. Depuis des siècles, le Japon vit replié sur lui-même. Mais, bientôt, il sera contraint de s’ouvrir aux influences étrangères. Les Occidentaux forcent les portes de l’ancien monde. La révolution couve. L’époque des samouraïs est désormais révolue, le pays est à l’aube d’une ère nouvelle. La maison de l’Arbre joueur, dans le domaine du Chôshû, où habitent Tsuru et sa famille, n’est pas épargnée par le vent du changement. La jeune femme rêve de s’affranchir du poids des traditions ancestrales et de suivre les traces de son père en devenant médecin. Elle se trouve alors entraînée dans un monde de subversions, d’intrigues politiques et d’amours interdites. Autour d’elle agissent des hommes puissants et passionnés. Leur slogan est Sonnôjôi : «Vénérez l’Empereur, expulsez les étrangers». Leur méthode est la violence. À travers l’inoubliable destin de Tsuru, symbole de l’émancipation de son pays, l’auteur de la saga best-seller Le Clan des Otori raconte ici une grande histoire d’amour et de guerre, d’hommes et de femmes, dans un Japon fascinant.

Ce livre est sorti en poche aux éditions Folio le 6 mars 2014, 608 pages, 8,40€.

MON AVIS :

N’ayant pas lu la série précédente de l’auteure, Le Clan des Otori, je ne peux pas comparer sa qualité avec celle de ce roman-ci. Il ressort de ma lecture de La maison de l’Arbre joueur qu’elle était sans doute trop complexe pour moi qui suis novice dans tout ce qui concerne l’histoire du Japon, surtout à l’heure des changements amorcés par l’arrivée des étrangers dans le pays et par la division que cela suscite au sein même de ce peuple.

La plume de l’auteure est élégante et poétique dans les descriptions, elle nous immerge parfaitement dans ce cadre qu’on découvre tantôt apaisant avec les paysages délicats et maisons parfumées au thé ainsi qu’aux fleurs typiques, tantôt plus rude avec les batailles et la vie qui devient logiquement plus rude.

Côté personnages, on apprécie la voix principale du roman, Tsuru, la jeune femme possédant un bel esprit, de l’humour et une sagesse inhérente à sa position de fille de médecin. Malheureusement, concernant les autres, hormis ceux qui l’entourent au quotidien, notamment ses parents, son oncle et son mari, on est vite submergé par l’avalanche de noms compliqués qu’on ne parvient pas à retenir, ce qui nous cause bien des soucis pour resituer qui est qui lorsqu’on les retrouve.

Plus généralement, c’est un roman qu’on lit avec plaisir pendant au moins 250 pages grâce au dépaysement qu’il suscite dans notre esprit de lecteur contemporain, puis, malheureusement, comme de plus en plus de protagonistes et de points de vue s’ajoutent, que le rythme se ralentit, on décroche progressivement. D’autant plus, en fait, que l’histoire du Japon à proprement parler s’enclenche, rendant l’ensemble très politique et vraiment complexe à suivre.

Une lecture, donc, de laquelle je ressors mitigée malgré la finesse du style et la galerie agréable de personnages rencontrés, qu’on retienne leur nom ou pas. La qualité du livre n’est finalement pas en cause, je le réalise bien, mais je pense que le roman aurait mérité d’être plus concis, ce qui aurait rendu la lecture moins laborieuse, car plus équilibrée au niveau du rythme. En outre, un récapitulatif des événements clefs de l’époque choisie, des clans induits par l’arrivée des étrangers, aurait été le bienvenu pour ne pas donner l’impression au lecteur qu’il lui manque des fragments entiers de l’histoire pour avancer sereinement dans le quotidien de Tsuru.

NB : Paradoxalement, cette lecture n’aura pas été inutile puisque l’écriture de l’auteure m’a plu au point de me donner l’envie de lire Le Clan des Otori.

Ecrit par Julie

 

La chronique du roman « Après » d’Erich Maria Remarque

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«Mais vous avez pourtant tué un homme ! insiste le président. 
– J’ai déjà tué bien des hommes», répond Albert avec indifférence. 
L’avocat général sursaute. Le juré le plus rapproché de la porte cesse de se ronger les ongles : 
«Qu’avez-vous dit ?» demande le président, suffoqué. 
Je lance vivement : «Pendant la guerre. 
– Ce n’est pas du tout la même chose», fait l’avocat général déçu. 
Alors Albert lève la tête : «Comment n’est-ce pas du tout la même chose ?» 
L’avocat général se lève : «Oseriez-vous faire la moindre comparaison entre votre acte et le combat pour la patrie ? 
– Non, répond Albert, les gens que j’ai tués à cette époque ne m’avaient rien fait…» 

Aux combats d’À l’ouest rien de nouveau succède le dur retour des soldats à la vie civile. Erich Maria Remarque nous raconte la folle recherche de leur jeunesse perdue dans une Allemagne en proie au chaos.

Il est sorti le 30 janvier 2014 aux Editions Folio, 7.90€.

Mon avis:

La Première Guerre mondiale

Cette année, nous fêtons le centenaire du début de la Grande Guerre. Je m’étais promis de lire ou relire quelques ouvrages sur le sujet. Je comptais notamment me replonger dans A l’ouest rien de nouveau mais on m’a proposé Après du même auteur et je n’ai pas pu refuser. J’aime beaucoup le choix de l’éditeur concernant la couverture. Les œuvres d’Otto Dix sur la Première Guerre mondiale sont vraiment saisissantes.

Après

A mon avis, les ouvrages de cet auteur allemand présentent toujours un double intérêt qui fait qu’il faut absolument les lire. Le premier concerne la réalité historique. En effet, Erich Maria Remarque connaît très bien cette période de l’Histoire puisqu’il fut appelé à se battre en 1916 alors qu’il avait à peine dix-huit ans. Derrière, nous pouvons donc sentir un certain vécu voire, peut-être, une part autobiographique. Après est un peu la suite logique d’A l’ouest rien de nouveau même si les personnages sont différents. Effectivement, il raconte le retour à la vie civile des soldats, après qu’ils ont vécue dans les tranchées. L’auteur nous montre ce retour, la manière dont il se passe. Il y a un certain aspect psychologique qui se mêle à celui qui est plus historique. C’est vraiment un point qui m’a intéressé et passionné. Il est également loin d’être ennuyeux.

Et c’est là que réside le deuxième intérêt pour les romans d’Erich Maria Remarque. Il y a un style d’écriture incomparable qui me charme à chaque fois. Pourtant, je ne saurai le décrire avec exactitude, dire ce qui me plaît mais, une chose est sûre, c’est que c’est vraiment agréable à lire. Aucun ennui, chaque mot étant parfaitement à sa place, comme s’il était choisi avec soin pour faire le plus d’effets… Il y a un certain décalage entre le style recherché mais loin d’être pompeux de l’auteur et le phrasé très oral voire familier des personnages. Pourtant, cela est loin d’être gênant. Une fois plongée dans ce roman, il est quasiment impossible de le lâcher.

Conclusion

Encore une fois, je suis tombée sous le charme de la plume de cet auteur allemand dont j’ai désormais très envie de relire A l’ouest rien de nouveau et de découvrir d’autres de ses ouvrages. En attendant, je ne peux que recommander cette lecture. Pour ma part, je ne regrette absolument pas de m’être plongée dans cette histoire.

Ecrit par Avalon

 

La chronique du roman « Au creux les oubliés » de Francine Kahn

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Au creux les oubliés est un recueil de fragments sur les parcours d’un homme et d’une femme, juifs allemands, qui quittent leur bourg du Sud de l’Allemagne à la fin des années 1930, chassés par la montée du nazisme. Traqués, ils connaîtront l’exil en France, puis les camps… Après la guerre, leurs enfants naissent en France. Et, dans les années 1970, la famille émigre en Israël, avant de revenir en France. 
Leur exil se fera aussi par rapport à leur langue d’origine, l’allemand. Dans quelle langue vivent-ils ? L’allemand, le français, l’hébreu, le yiddish ? Dans cette histoire singulière de gens ordinaires, le destin de ces oubliés de la grande Histoire rejoint la cohorte d’exilés et de familles éclatées de la Seconde Guerre mondiale.

Il est sorti le 16 janvier 2014 aux Editions Naïve, 17€.

Mon avis:

Partenariat

Je tenais à remercier les éditions Naïve pour ce roman. Le résumé m’avait interpellé. Je suis très romans historiques et celui-ci promettait d’apporter un éclairage différent sur un point que nous voyons rarement sur la Seconde Guerre mondiale.

Un livre qui est loin de m’avoir totalement convaincu

Ce n’est pas tant l’histoire qui m’a déplu. Les thèmes sont plutôt intéressants et bien développés. Il y a vraiment des choses qui sont pas mal et je pense que j’aurai vraiment pu apprécier cette lecture. Cependant, j’ai eu énormément de mal avec la manière d’écrire de l’auteur. Il y a une certaine recherche stylistique, certes, mais je n’y ai pas du tout été sensible. Il ne m’a vraiment pas plu. C’est haché, sans aucune fluidité. Je suis bien loin d’avoir trouvé cette lecture agréable. Les passages pseudo poétique m’ont totalement laissé de marbre.

Finalement, j’ai abandonné cette lecture au bout de quelques pages. Je n’arrivais pas à me détacher de ce style d’écriture trop particulier et qui est loin de m’avoir charmé, pour pleinement apprécié l’histoire et les réflexions qui auraient pu avoir derrière sur l’après Seconde Guerre mondiale pour une famille juive en France. C’est vrai qu’entre mes attentes et ce que j’ai pu lire, il y avait un petit décalage. Dommage car, présenter ainsi, le livre aurait vraiment eu tout pour me plaire.

Conclusion

Je suis passée complètement à côté de ce roman. Pourtant, c’est une histoire qui aurait pu réellement me toucher, me parler car elle fait quelque peu écho avec l’histoire de ma famille. Je referme ce livre vraiment déçue et j’hésite vraiment à lui donner une seconde chance. 

Ecrit par Avalon

La chronique du livre « Les plus belles légendes d’Egypte » de Gérard Moncomble et Yann Tisseron

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Treize légendes racontent le monde des dieux de la plus fascinante civilisation antique, de la création de l’univers par Rê aux luttes de pouvoir de Seth et Horus. Thot lui-même, le dieu des scribes, nous envoûte avec ses récits de combats spectaculaires contre des monstres terrifiants, ses histoires de complots, de trahison, et de passions des dieux et pharaons d’Egypte.

Ce livre sortira aux éditions Nathan le 17 octobre 2013, 17,50€.

MON AVIS :

Pour les parents passionnés de mythologie égyptienne, ce livre sera un achat incontournable à faire. La narration est vraiment agréable, et le choix de Thot, scribe des dieux, pour expliquer à une enfant les grandes légendes est des plus judicieux, d’autant que le dieu se présente et n’a de cesse de rappeler qu’il est un témoin de chaque événement raconté.

La qualité de l’écriture qui ne néglige pas les dialogues, et simplifie autant que possible les pensées des dieux acteurs de chaque histoire, est appréciable ; on se laisse prendre par le récit qui ne s’interrompt que pour s’assurer que l’attention du petit lecteur est toujours acquise.

Les illustrations qui accompagnent les légendes sont très réalistes, douces et poétiques par moments, plus violentes à d’autres, et elles confèrent un côté épique à la narration. Voici un livre très complet qui reprend les légendes les plus marquantes, qu’il fait plaisir de lire, et qu’on a hâte de partager avec nos enfants pour leur transmettre la passion des mythes égyptiens.

Ecrit par Julie

La chronique du roman « L’impératrice des sept collines » de Kate Quinn

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Empire romain, Ier siècle de notre ère, sous le règne de Trajan. Fougueux et obstiné, Vix, jeune gladiateur à la retraite, revient à Rome afin d’y faire fortune. L’insaisissable Sabine est la fille d’un sénateur en quête d’aventure. Tous deux se connaissent depuis l’adolescence, et nourrissent une passion réciproque. Mais si elle aime s’amuser avec le beau Vix, Sabine rêve d’un grand destin, ce que Vix ne pourra jamais lui offrir, contrairement à Hadrien, le futur empereur, auquel elle est promise. Alors que Rome se prépare à de grands changements, les deux amants, happés chacun de son côté par le tourbillon de l’histoire, sauront-ils se retrouver ?

Il est sorti le 4 juillet 2013 aux Editions Presses de la Cité, 537 pages, 22€.

MON AVIS :

Après avoir eu un énorme coup de cœur pour le tome 1 de cette saga, La Maîtresse de Rome, j’attendais cette suite avec une impatience peu commune ; le précédent opus avait placé la barre tellement haut qu’elle en était devenue aussi effilée qu’un glaive, prête à cisailler méchamment le moindre défaut. Je suis soulagée de pouvoir dire que la lame est restée tout du long dans son fourreau tant j’ai encore une fois été happée par ce roman historique, mais pas indigeste, qui mêle habilement événements passés et part de fiction empreinte d’un sentimentalisme parfaitement maîtrisé. Le cadre familial est l’une des forces de cette série, c’est indéniable, et on est souvent en alerte maximale tant la moindre vexation peut faire naître une rancœur mortelle.

L’écriture est d’une fluidité extraordinaire, le contexte retranscrit ce qu’il faut, les personnages sont toujours attachants, et l’auteure a un véritable don pour mettre en avant, le moment venu, même les protagonistes secondaires qui nous séduisent d’emblée. On dirait que Kate Quinn exauce nos vœux les plus chers, qu’elle anticipe nos trépignements derrière le livre en réussissant à nous surprendre dans la mise en œuvre de son scénario.

Ce tome 2 est à la fois semblable et différent, dans le sens où nous retrouvons la même ambiance passionnelle faite de désir et de trahison retranscrite, cette fois, par des voix bien différentes de celles du premier opus. Outre cela, l’auteure nous offre un récit qui délaisse le monde des gladiateurs pour s’intéresser à celui des légions, l’épique prenant une allure différente qui correspond mieux à la personnalité de Vercingétorix dit Vix, le fils de Thea et Arius, qui avait déjà un tempérament volcanique et désinvolte. On le voit évoluer sur une période de douze ans, le sale garnement qui n’a pas encore grandi, et qui est dangereusement inconscient, devenant un homme, un vrai.

Comme à son habitude, Kate Quinn alterne les points de vue, et nous suivons donc Vix grâce à un « je » très frais et direct, tandis que les autres protagonistes, dont Sabine, voient leurs pensées exposées à la troisième personne. Les chapitres sont tantôt courts, tantôt plus longs, tout dépend de l’information délivrée, le trait n’est pas forcé, l’auteure se contente de donner/révéler avec parcimonie.

L’histoire d’amour qui se dessine ici est surprenante car peu conventionnelle mais en accord avec l’état d’esprit des deux amants, Sabine et Vix. Encore une fois, ceux que l’amour a réunis sont séparés, mais contrairement à Thea et Arius, ce sont leurs choix, leurs envies contradictoires, qui les éloignent l’un de l’autre, le destin les réunissant sans cesse, permettant au lecteur d’appréhender toutes les facettes du lien qu’ils partagent.

L’histoire d’amour n’étant pas au cœur de l’intrigue, un point très appréciable, on a encore droit à des intrigues politiques qui visent à assurer la succession de l’empereur Trajan, un monarque charismatique et expansif. Mariages arrangés et faux-semblants sont de la partie, et ce qu’il y a de plus réussi, à mon sens, c’est le fait que les « méchants » ne soient pas manichéens (notamment l’impératrice belle-mère nocive), qu’ils se révèlent par touches. Il y a sans cesse des revirements, les protagonistes avançant sur un fil instable pouvant céder d’un moment à l’autre. Leurs destins semblent tracés, mais on avance pas à pas sans anticiper vraiment la fin.

Il y a toujours un personnage qui me touche plus particulièrement, et ici succède à Marcus, le patriarche intègre faiseur d’empereurs, le jeune Titus, érudit au grand cœur, un héros sans prétention que sa simplicité va propulser haut dans les sphères du pouvoir.

Tandis que nos deux héros mènent des vies tumultueuses, assumant des choix qu’ils regrettent amèrement, d’autres dans leur sillage font leur bonhomme de chemin plus paisiblement, mais quoi qu’il en soit, ils se retrouvent tous unis sur la fin, après les années de guerres, de voyages, de déceptions, pour assister à l’achèvement d’une époque, laissant le lecteur dans l’expectative à cause d’une anticipation qui annonce une suite trépidante.

PS 1 : Le tome 1 est sorti en poche chez Pocket au prix de 8,40€.

PS 2 : Pour ceux qui se demandent si on revoit Arius et Thea, on en entend seulement parler, mais ce qu’on apprend nous réchauffe le cœur.

PS 3 : Concernant la suite, elle ne semble pas encore écrite. Ô désespoir…

Ecrit Julie